LETTRE LXXVI
Il parle du mystère et de la fête de la Vtsisitation.
Etant absent et retiré dans notre petit désert, où la charité de Jésus-Christ me rend votre âme présente, il m'est venu en pensée que, comme vous serez obligée de vaquer ce matin aux affaires séculières, et qu'ainsi vous feriez peut-être avec précipitation votre sainte communion, vous pourrez, par respect pour le saint époux, vous abstenir de son sacrement, mais non pas de l'union à lui, en qui et par qui il faut toujours vivre et agir saintement en toutes choses. Voici la fête et le mystère adorable de Jésus en Marie qui s'approche; car c'est dimanche le jour de la Visitation, et je suis d'avis que vous et moi nous nous y préparions par un jeûne. Ce matin j'ai été averti intérieurement que c'était en ce jour solennel que nous devions honorer cette vie intérieure de Jésus en Marie, et ses opérations merveilleuses en elle et par elle eu l'Eglise, dont les prémices ont été si augustes et si éclatantes en saint Jean. Ma Fille, cette fête demande de moi un renouvellement de cœur; car c'est pour cela que les saints et les mystères nous sont présentés. Tenons-nous donc unis à l'esprit de l'Eglise, toujours féconde en Jésus-Christ, pour nous renouveler en charité et en tous les dons de Dieu. Tout vôtre, tout en Jésus et en Marie.