LETTRE LXXXI
// reprend une personne de condition d'avoir jugé trop légèrement d'un prêtre.
Je n'ai pas donné votre lettre à M. N***, à cause qu'il m'y a paru quelque chose qui demandait plus de réserve sur le jugement d'un prêtre et d'un grand serviteur de Dieu, que les personnes de votre âge et de votre condition peuvent admirer, et non pas condamner. 11 faut se moins abandonner au zèle de ses amis et se tenir toujours en réserve dans le fond de la grâce et de l'esprit de Jésus-Christ. On doit conserver son jugement pour se condamner soi-même, et s'abstenir de juger ceux qui sont plus que nous. Une faut pas entrer dans le siège de Jésus-Chris', ii qui seul Dieu a donné le jugement du
monde. Vous savez combien de fois vous m'avez ouï dire de quelle importance était la mort à son propre jugement et à sa propre volonté. Vous savez que ces deux puissances doivent être anéanties en elles-mêmes, pour être vivifiées et animées par l'esprit de lu foi et de la charité, afin que tout soit divin en nous , et que rien ne mette obstacle à Jésus-Christ en notre intérieur. Je suis si aise quand je trouve dans vos lettres des occasions d'exercer la charité envers votre âme! et je crois que vous en êtes aussi contente. Aimez l'humiliation , qui vous attire la lumière et l'instruction pour les devoirs chrétiens. Je prie Notre-Seigneur que l'effet et ^impression de ce billet demeure éternellement dans votre cœur. Adieu à jamais.