‹ uvres complètes de M. OlierChapitre 32 sur 394 · IN IV, X · texte numérisé non relu

IN IV, X

(150) Egiquosamo argnoet castigo.(Apoc.ui,t9.)

INTItODUCTION A LA VIE CHKKTIKNNE.

Cil AP. X.

c'est ce qui les fait reconnaître pour domestiques et familiers de Dieu.

Enliti les prêtres et les pasteurs doivent avoir un degré éminent de patience, puisqu'ils sont en Jésus-Christ et avec Jesus- Chrisl, et prêtres et victimes pour les péchés lu monde. Jésus-Christ prêire a voulu. être la victime de son sacrifice, il s'est fait lliostie pour tout le peuple : et comme les prêtres sont comme ses sacrements et ses ligures,, dans lesquels il vit pour continuer son sacerdoce, et qu'il les revêt de ses mœurs et de ses dispositions intérieures, aussi bien que de son pouvoir et de sa personne, il veut aussi qu'ils soient établis intérieurement dans l'esprit et dans les dispositions d'hostie, pour souffrir, pour endurer, pour faire pénitence, en un mot, pour s'immoler à la gloire de Dieu, pour le salut du peuple.

Les prêtres ne doivent pas seulement, à l'imitation de Notre-Seigneur, être victimes pour le péché, par les persécutions, par les pénitences , par les peines intérieures et extérieures, mais encore ils doivent être victimes d'holocauste (151). C'est là leur véritable vocation. Car ils ne doivent pas seulement souffrir comme lui toutes sortes de peines, et pour leurs péchés, et pour les péchés du peuple dont ils sont chargés, mais encore ils doivent avec lui être intérieurement tout consommés en amour.

L'esprit d'amour donne force et puissance pour porter les afflictions et les peines, pour grandes qu'elles soient, et comme il est infini, il nous la donne autant qu'il est nécessaire pour souffrir celles qui nous peuvent arriver dans notre vocation.

Tous les tourments du monde ne sont rien à un cœur généreux rempli de la vertu d'un Dieu, qui peut porter sur lui mille et mille peines plus violentes que toutes celles dont le mondeetle démon nous pourraient affliger. C'est en cet esprit que saint Paul disait : Je puis tout en celui qui me conforte (152). 11 ne voyait rien que de petit à faire et à soulfrir, à cause de Dieu qui habitait en lui (153).

C'esten ce même esprit, éternel, immense, et lout-puissant, qu'il appelait ses souffrances légères et d'un moment, à cause de Jésus-Christ qui les souffrait et les portait en lui, et qui lui faisant voir et sentir quelque chose de son éternité par sa présence, lui faisait considérer tout le temps de cette vie comme un moment. Et c'est ainsi que Notre-Seigneur nous faisant sentir intérieulement sa puissance et sa forcu capable de porter mille mondes, nous fait appeler son fardeau léger (154).

Ce n'est pas pourtant qu'il ne retire quelquefois de nous sa force sensible, afin de nous faire sentir le poids de la tribulation,

dans la faiblesse de notre chair, et dans l'infirmité où elle est réduite par sa privation ; mais c'est pour opérer deux grands effets dans nos âmes, qu'il nous fait porter ce délaissement.

Le premier est de mépris de nous et des faiblesses delà chair: le second d'estime de Dieu et de sa force. Car, dans cet état, nous nous trouvons obligés par la nécessité de recourir à Dieu, et demeurer en lui pour être fortifiés et soutenus, et pour opérer et souffrir à sa gloire tout ce qu'il veut.

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