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éternel sur vous, comme saint Jean la tenait sur Jésus-Christ et sur les Juifs, et même vous vous présentez pour la recevoir, alin de chercher l'esprit de pénitence eu Jésus- Christ et en son Eglise, qui est pleine de ses mérites et de sa grâce.
Et c'est là une des raisons pour lesque.les trois jours avant la cérémonie des Cendres on fait mention de Jésus-Christ mort en croix, afin que l'Eglise puise en lui la grâce de la pénitence qu'elle nous donne sous les cendres , et afin de nous faire par là reconnaître quelles sont les obligations que nous avons à Jésus-Christ. Car c'est lui qui est notre semence de vie , et s'il ne fût point mort pour nous, nous serions tous réduits en cendre, et il ne resterait de nous que ce qui reste de Sodome etdeGomorrhe: Nisi Dominus reliquisset nobis semen , sicut Sodoma facti essemus, et sicut Gomorrha similes fuissemus. (Rom.ix, 29.] Et comme dit saint Jude (y 7) : Sicut Sodoma et Gomorrha, et finitimœ civilates factœ sunt excmplum, ignis œterni pœnam sustinentes. La pénitence , dont nous devons recevoir la grâce par la cendre, nous imprime ce sentiment et cette disposition dans le cœur, de nous faire reconnaître que nous méritons non-seulement la mort par nos péchés , mais le feu éternel, dont les cendres de Gomorrhe sont les marques et les vestiges.
5° Comme le dimanche avant les Cendres on lit dans l'Evangile la mort de Jésus- Christ pour nous apprendre qu'il a prévenu notre mort par la sienne, qu'il a soulîert en lui ce que nous devions souffrir, et que comme chef il a porté la mort pour ses membres, il veut que dans ce jour des Cendres nous portions sur notre tête l'image de ses infirmités, de ses souffrances et sa mort , afin que nous nous ressouvenions de faire mourir en nous la partie supérieure de nous-mêmes, qui est notre esprit propre et notre propre volonté, qui, étant morts, porteront ensuite la mort dans ce qui dépend d'eux, c'est-à-dire dans la oortion inférieure de notre âme.
C'est ce saint exercice de mortification et de pénitence qui doit faire votre grande occupation durant ce temps, sanctifiant votre jeûne par la mortification de votre chair, par le retranchement de vos satisfactions et de vos joies ; par l'abstinence de vos propres désirs; en un mot, par un sacrifice perpétuel de vous-même , qui réduise en cendre, par le feu de l'amour et par le zèle contre le péché, tous les appétits de votre chair, et tous les mouvements déréalés de votre cœur.
Ce doit être là l'occupation continuelle des Chrétiens, comme les saints ont remarqué en expliquant la loi des holocaustes : Hœc est lex holncausti. Cremabitur in allari tota nocte usque mane. Ignis ex eodem altari erit. (Levit. vi, 9. ) Nous devons être des holocaustes perpétuels dans cette vie de nuit et de foi, et ce sacrifice doit durer jusqu'au matin , et au jour de la gloire , où nous nous trouverons tous un avec Dieu dans une
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parfaite consommation. C'est Jla grâce que vous demanderez très-instamment à Notre- Seigneur, vous donnant le plus souvent que vous pourrez à son divin Esprit, afin qu'en sa vertu vous soyez fidèle à mourir à tout , pour ne vivre plus qu'à Jésus, à la gloire de son Père. Adieu.
LETTRE CCXXXI.
// donne encore quelques explications de la cérémonie des Cendres.
Je suis bien aise de voir, par les demandes que vous me faites, que vous avez tou- 'ours une affection pour les cérémonies de
Eglise, et que vous continuez à vouloir vous on instruire, et à vous remplir de leur esprit et de leur grâce. Celle des Cendres, que vous me proposez, est pour faire ressouvenir l'homme de la mort à laquelle il a été condamné pour son crime : et l'Eglise la pratique au commencement du Carême, afin d'obliger ses enfants à se soumettre à cet arrêt que Dieu a porté contre eux en la personne d'Adam , et à travailler durant ce temps à mourir à' tout, pour se préparera la grâce d'une nouvelle vie.
Le prêtre qui les impose , revêtu d'une chape de deuil, représente l'Esprit de Dieu sur le pécheur, qui regrette d'avoir formé l'homme : Pœnitet me fecisse hominem.
( Gen. vi, 7. ) Et cet habit exprime aussi sa colère sur nous. C'est pourquoi le prêtre qui tient la place de Dieu, comme saint Jean en son habit austère la tenait autrefois sur les Juifs, en imposant ces cendres sur la tête, prononce l'arrêt de mort contre le pécheur : et ce que Dieu a dit une fois au premier homme, Morte morieris ( Gen. u, 17) , il le répète maintenant à chacun en ces termes : Pulvis es, et in puherem reverteris ( Gen. m, 19), pour imprimer ainsi sur la tête de tous ce jugement de mort.
Le pécheur qui se présente au pied de J'autel , et qui se met à genoux pour les recevoir, exprime sa disposition intérieure de soumission au jugement de Dieu , et d'acceptation de son arrêt de mort. Il témoigne par là qu'il adore ses ordres et les révère. Et il est bon, durant tout le Carême, de se renouveler en cette disposition , d'adorer et d'accepter ce divin jugement , et de se purifier et séparer de toutes choses, en la manière qu'on le voudrait être pour se présenter devant Dieu à l'heure de la mort, parce que peut-être on ne sera pas pour lors en état de le faire.
L'Eglise prétend aussi, par les cendres, nous engager à la mortification de nos sens, et de tout nous-mêmes. L'eau bénite dont elles sont arrosées nous exprime l'esprit de pénitence de Jésus-Christ, des larmes duquel elles sont toutes baignées et détrempées. L'encens qui les parfume en se consumant dans le feu marque l'application aux bonnes œuvres , -et le sentiment de notre cœur que la charité doit réduire en cendres. Et les cendres tirées des rameaux d'olive , par le moyen du feu, marquent que notre intérieur ne sera consommé que par le feu
même de Jésus-Christ, qui est cette hostie pacifique , qui , par sa paix , nous a réconciliés a Dieu. En un mot , tout cela marque qu'il faut nous résoudre , en la vertu du Fils de Dieu et de sa divine charité , à réduire en cendre et à mettre à mort toute la vieille créature.
Les cendres nous expriment encore l'état intérieur de notre âme, et ce qui se passe en elle , qui est le sujet des larmes et des gémissements de l'Eglise. Car Jésus-Christ est mort en nous, et ces cendres sont l'image de l'état ou nous l'avons réduit. Elles nous apprennent que par le feu de nos péchés, et par l'ardeur de nos convoitises , nous l'avons fait mourir, mais d'une mort mille fois plus cruelle que celle qu'il a soufTerte sur le Calvaire. Car il est mort sur le Calvaire pour prendre une nouvelle vie , et pour nous la mériter par sa mort et par sa résurrection ; et c'est cette nouvelle vie, acquise par ses mérites et par son sang, que nous avons cruellement étouffée dans notre cœur. La vie du premier homme n'était que l'effet d'une parole et d'un souffle : mais celle de Jésus-Christ en nous est l'effet de trentetrois ans de vie ; c'est l'effet de mille larmes, de mille souffrances et de mille morts; c'est l'effet de toute sa vie , de sa mort et de sa résurrection. La vie du premier homme était à la vérité une participation de la vie de Dieu : mais la vie de Jésus-Christ en nous le rend présent à notre âme avec son esprit, non-seulement par une légère participation de vie, mais même par sa demeure et son inhabitation en nous. Jésus-Christ est mort une fois à cause qu'il était sous une chair en ressemblance de péché, et qu'il avait voulu se revêtir de nos iniquités ; mais maintenant qu'il n'a plus rien de l'extérieur du péché, qu'il est revêtu de la clarté de son Père , et qu'il est dans l'état de son être immortel , dans lequel il ne peut plus mourir, quel outrase que de le mettre à mort 1 C'est pourtant ce que fait le pécheur: c'est jusqu'à ce point que va son insolence ; et c'est aussi le sujet pour lequel l'Eglise fait de si hauts gémissements, et un si grand appareil de pénitence, dans l'intérêt qu'elle a de recouvrer son Epoux et de le rappeler à la vie. C'est pourquoi elle fait les mêmes cérémonies sur les cendres que sur les corps morts , les arrosant d'eau bénite, et les parfumant d'encens ; ce qui nous exprime encore la pénitence consommée de Jésus-Christ, ou son état de mort , et l'espérance de sa résurrection.
Enfin dans ces temps où l'Eglise expose Jésus-Christ mort dans les Chrétiens, qui sont comme des tombeaux vivants , elle les applique, par la vue de ce spectacle, à soupirer après sa résurrection en eux, et après la communion à sa vie divine. Et pour cela elle se sert de la cendre ; parce que comme la première chose que l'on fait en la consécration d'un temple est d'y semer de la cendre , ainsi , dans le désir de renouveler le Chrétien comme temple de Jésus - Christ et de son divin Esprit , et de le mettre en état
qu'il y naDite en sa nouvelle vie , elle lui met la cendre sur la tête comme une première préparation à sa totale rénovation, à laquelle il doit travailler durant ce temps.
Il faut donc, en nous approchant aujourd'hui des autels, que la cendre qu'on y répand sur notre tête excite en nous le zèle de noire rénovation. 11 faut que nous y reconnaissions l'obligation de nous sanctifier en nous approchant du Saint des saints, et qu'enfin, suivant l'esprit et la grâce de ce mystère, nous prenions résolution dépasser tout ce saint temps, 1° dans des sentiments d'humiliation, de contrition de nos péchés, et d'acceptation de tout ce qu'il plaira à Notre-Seigneur de nous faire souffrir pour Jes expier; 2° de douleur, de regret, et de confusion d'avoir si souvent donné la mort à Jésus-Christ dans notre âme; 3° de désir de le faire revivre en nous, et de travaillera cela par les exercices des bonnes œuvres, et surtout de la pénitence et de la mortification.
LETTRE CCXXX1I.
Il donne à un directeur de séminaire les véritables marques pour discerner les vertus chrétiennes, et l'exhorte à en instruire les ecclésiastiques qui sont sous sa conduite.
L'emploi où la Providence de Dieu vous a établi m'oblige de vous donner un avis important pour le bien des ecclésiastiques qui sont sous votre conduite. Comme vous les devez former à la solide piété , il faut surtout les bien instruire des véritables voies pour s'établir dans les vertus chrétiennes, et les empêcher de prendre le change, en se laissant aller à de vaines apparences, par lesquelles le démon ne manquerait jamais de les séduire. Je vous ai déjà donné sur cela plusieurs instructions : en voici encore une que je crois de la dernière conséquence. C'est de faire en sorte qu'ils ne se contentent point ni du seul extérieur des vertus, qui n'est souvent qu'hypocrisie, ni des vertus mêmes qui ne sont que morales, parce que souvent elles ne sont qu'un ornement dont le démon se sert pour surprendre les simples. Car il a cette adresse pour leur faire mépriser la véritable dévotion, et décréditer dans leur esprit ceux qui la suivent, de leur persuader que Jésus-Christ n'a pas des suppôts plus parfaits en son Eglise qu'il y en a dans les sectes des philosophes, et que les serviteurs de Dieu ne sont pas plus vertueux que tant de païens et tant d'hérétiques qu'il a établis dans la perfection extérieure de ces mêmes vertus par ses impressions malignes. C'est pour cela qu'il fait quelquefois entreprendre à ceux qui sont à lui de grandes actions par superbe, par complaisance, par amour-propre, ou par d'autres voies semblables, auxquelles toutes les autres difficultés cèdent facilement. C'est pour cela aussi que pour leur faire faire extérieurement quelque bien, il leur ôte tous les obstacles qu'il a accoutumé de fournir aux bons Chrétiens, et qu'il allume même en eux le feu de la convoitise, pour leur faire produire de temps en temps des actes extérieurs de vertu, jusqu'à les rendre in-
faut faire la moindre
pour Dieu et pour
toutes choses impos-
LETTRES SPIRITUELLES. 10i!>
sensibles aux difficultés et aux résistances communes de la nature. Et c'est ce qu'il fait même en de très -mauvais Chrétiens, et adonnés à toutes sortes de plaisirs et de délicatesses, qui étant au-dessus de toutes les résistances humaines, et souffrant tout pour les intérêts de la vanité ou de la volupté, quand il leur violence du monde le ciel, ils trouvent sibles.
Il y a donc beaucoup à examiner les vertus et les actes héroïques qui s'y pratiquent tous les jours, et il faut bien mettre en garde les sujets du séminaire contre ces folles vertus, les instruisant à fond, et des moyens pour s'établir dans les vertus chrétiennes, et des marques pourdiscerner si l'on travaille chrétiennement et cléricalement afin d'y être établi. Or voici trois marques assurées par lesquelles ils pourront faire ce discernement. La première est de considérer quel est le motif de leurs actions; la seconde, d'en examiner le principe; la
troisième, d'en regarder les suites et les effets.
il faut donc qu'ils examinent premièrement, et qu'ils tâchent à reconnaître quelle est la lumière en laquelle ils agissent, ils travaillent, ils entreprennent l'acquisition des vertus, et si c'est la foi ou la sagesse humaine. Il faut qu'ils considèrent s'ils ont devant les yeux la volonté de Dieu, qui veut leur sanctification : Hœc est voluntas Dei sanctificalio vestra [IThess.\y,Z)\ s'ils recherchent la complaisance de leur Père céleste, et le désir de lui plaire : Quœ placita sunt ei facio semper (Joan, vin, 29); s'ils ont en vue la conformée à Jésus-Christ, ia pratique de ses conseils, la fidélité aux instincts et aux mouvements de son divin Esprit, qui sollicite l'âme, et qui la porte suavement et puissamment à Dieu. Tout cela est excellent, et, si ce sont là leurs dispositions, les suites en seront assurément trèsheureuses, les productions en seront trèssolides, et ces vertus ainsi obtenues, étant comme des éclats de la lumière de Dieu dans les clercs pour éclairer l'Eglise, feront que les hommes en glorifieront Dieu, et qu'ils en seront eux-mêmes édifiés : Si oculus tu us fuerit simplex, totum corpus lucidum erit. {Matlh. vi, 22.)
Mais si au contraire ils ne voient en eux que des motifs humains, s'ils désirent la vertu seulement pour être excellents eu eux-mêmes, et plutôt pour se satisfaire que pour se rendre agréables à Dieu, s'ils ne la recherchent que par une vaine complaisance, ou parce que, étant belle en ellemême, ils en seront estimés parmi les hommes, il est certain qu'ils ne feront qu'une masse de vices et un ouvrage de ténèbres, selon cette parole de Notre-Seigneur dans l'Evangile : Si oculus tuus fuerit nequam totum corpus tuum tenebrosum erit. (Ibid., 23.)
La seule et simple loi est la mère du pur amour et des vertus qui en dépendent. Ce n'est pas qu'on ne puisse être tenté et agité souvent par des impressions malignes, ou
par des motifs purement naturels, au milieu d'un travail très-chrétien et très-pur, mais on n'agit pas pour cela avec dépendance de ces motifs, ni avec adhérence volontaire à ces impressions. Car on sait bien dire en ces rencontres, comme saint Bernard : Propter te non cœpi, nec propter te desinam. Je n'ai pas commencé pour toi, superbe maudite et complaisance malheureuse, et je ne unirai pas aussi pour toi; ou bien, comme disaient les premiers Chrétiens en ces occasions : Abrenuntio tibi; Satana : conjungor tibi, Chris te. Je renonce à toi, Satan, et à tes suggestions, et je m'unis à vous, ô mon Jésus, pour opérer en vous à la gloire de Dieu.
La seconde chose, qui leur servira à reconnaître et à discerner s'ils travaillent en Chrétiens, ou seulement en philosophes, à l'acquisition des vertus, est de voir s'ils travaillent en eux-mêmes; c'est-à-dire appuyés sur eux, et par confiance en leur propre vertu; ce qui serait une chose purement humaine : ou si c'est en la force de Jésus- Christ, et en la confiance en sa vertu, sans laquelle on ne peut avoir aucune vertu chrétienne. Plus on mêle de soi, moins on avance dans les œuvres de la grâce. C'est pourquoi il faut être soigneux d'y être toujours en renoncement à nous-mêmes, suivant cette règle de Notre Seigneur (Matth. XVI, 24) : Qui vult venire post me, abneget semetipsum. Car ce nous -mêmes est une source d'imperfection, et une abondance de tous maux. D'où vient que plus il y a de nous-mêmes, plus nous fortifions le mal, et mettons obstacle au bien et à la pure vertu, laquelle n est jamais qu'en aliénation de notre chair, et en condamnation de nos inclinations déréglées; car son génie et sa nature est de nous séparer toujours de nous-tuêmes pour nous établir en Jésus.
C'est pour cela qu'il faut les porter à vivre intérieurement en abnégation perpétuelle d'eux-mêmes, afin que, renonçant continuellement à toute leur propre vertu, ils invoquent sans cesse le Saint-Esprit, suivant lavis de l'Apôtre (Rom. vm, 15), qui les veut en tout temps gémissants en leur cœur, et appelant toujours à haute voix le secours de leur Père : Abba Pater. O Père, ô Père, secourez votre enfant qui ne peut rien en soi, mais qui peut tout en vous et en la vertu de votre aimable Fils. Ainsi vous les exhorterez souvent a demander et à embrasser ce divin Esprit, que Dieu ne refuse pas à ses enfants lorsqu'ils l'invoquent en confiance. Le droit le plus essentiel des enfants est d'avoir accès à leur Père, il faut donc qu'ils s'y adressent, qu'ils lui demandent son Saint-Esprit, dans l'union duquel ils doivent agir et opérer en toutes choses.
La troisième voie pour discerner les vertus chrétiennes e^t d'en examiner les suites. Les personnes établies seulement dans les vertus humaines et naturelles s'appuient sur elles-mêmes, comme sur un fond qui leur
est propre; et de là vient qu'elles se mirent ensuite en elles-mêmes, qu'elles s'y complaisent et s'en estiment, qu'elles se comparent avec les autres, qu'elles les méprisent, qu'elles sont jalouses de leurs louanges et de leurs biens, qu'elles désirent d'être connues, et qu'elles recherchent l'estime, la louange et l'applaudissement, sans quoi elles vivent toujours en tristesse, en rétrécissement de cœur, en abattement, en chagrin, en dépit et en désespoir. Mais ceux qui sont établis dans les vertus chrétiennes, comme ils sont fondés en Notre-Seigneur et en son divin Esprit, qui est le principe de toute vertu, et dont les effets sont purs et insensibles, ils n'ont point lieu de se complaire en eux, de se réfléchir sur eux ni de se satisfaire en rien de propre qui soit en leur fond. Car le Saint-Esprit, extrêmement jaloux de sa gloire et du bien de sa créature, fait sentir à leurs âmes l'indigence extrême qu'elles ont de sa vertu, afin de les tenir toujours dans sa dépendance, et dans l'obligation de recevoir de lui en toutes choses, et afin de les engager par là à avoir continuellement les yeux sur lui, sans avoir jamais lieu de se regarder, et de se fonder et s'établir sur elles-mêmes, qui est le dernier mal de l'homme, etc.