V. — Sentiments de religion
I. Je n'ai jamais rien vu dans la vie et dans la mort de mon Sauveur, que je n'aie désiré d'imiter de point en point, et que je ne me sois résolu de pratiquer sous l'obéissance due à mon directeur. Entre autres choses, je désirerais l'imiter dans un point : ce serait de passer la nuit en prières, après avoir passé le jour au travail. Je voudrais le faire devant le saint Sacrement, et si mon père spirituel ne voulait pas me permettre cette pratique, le grand objet de mes vœux pour tous les jours de ma vie, je le conjure au moins que ce soit pour quelques-uns. Oh 1 que j'aurais de plaisir de veiller toutes les nuits comme une lampe ardente devant lui, faisant ainsi la fonction de saint Jean-Baptiste, que Notre-Seigneur appelle une lampe ardente et luisante. Que ne m'est -il permis de porter la clochette etd'imiter encore par I à l'emploi du saint précurseur qui allait devant Notre- Si'igneur, pour préparer ses voies et le faire honorer de ses sujets ?
Je me souviens d'une chose qui m'est arrivée plusieurs fois, avec beaucoup de consolation intérieure. Lorsque j'arrivais à Paris, de la province ou de la campagne, et qu'allant saluer Notre-Seigneur à Notre-Dame , je trouvais les portes fermées , je prenais plaisir à regarder dans l'église au travers des fentes de la porte, et égl voyant les lampes allumées : Hélas ! disaisje, que vous êtes heureuses de vous consumer entièrement à la gloire de Dieu, et de brûler perpétuellement pour l'honorer 1 C'est l'office des prêtres de se consumer ainsi, puisqu'ils doivent être tout à la fois comme Notre- Seigneur, sacrilkateurs et hosties. S'il est dit à tous les Chrétiens, Faites de vos corps une hostie vivante (Rom. xu, 1), combien plus