ETES DE M. OLIER. I
celte parole est-elle écrite pour les prêtres qui dirent tous les jours • Ceci est mon corps. (Matth. xxvi, 26 .)
Ordinairement, quanu il y a deux voies pour aller dans un lieu où m'appelle quelque affaire, je passe par les rues où il se trouve plus d'églises, pour être toujours plus proche du saint Sacrement. Je suis heureux quand je vois un lieu où repose mon Maître. Je ressens des joies nonpareilles. Je dis en mon cœur : Vous êtes là, mon Dieu et mon tout ! soyez adoré par vos anges et loué à jamais.
II. Je désire d'avoir mille sujets à ma disposition pour les envoyer partout répandre l'amour de Jésus-Christ et l'honneur dû au très-saint Sacrement ! et quand je pense que la cure qui m'est otferte pourra me servir à en donner le zèle, non-seulement à Paris, mais dans toute la France, je suis ravi de joie. Car mon plus grand désir est de faire glorifier mon Maître, surtout dans ce mystère où il a été et est encore si méprisé. Je disais il y a longtemps, en pensant à cette cure : Oh ! si jamais j'étais là, je ferais bien honorer le sacrement de son amour ; je m'abandonnerais tout entier à son service.
III. Une des raisons qui me détermina à l'établissement du séminaire, fut ce qui m'arriva lorsque je faisais oraison devant le saint Sacrement. Il me fut dit intérieurement qu'il fallait former des prêtres auxquels on inspirerait la dévotion au mystère de l'autel, et le zèle de la porter dans tous les cœurs. Je me figurais avoir devant les yeux un homme qui serait toujours en prières devant Notre-Seigneur, pendant que les prêtres qu'on aurait formés et instruits , iraient de tous côtés prêcher et publier cel'e dévotion. Je considérais en même temps cet homme à genoux aux pieds de Jésus-Christ reposant sur l'autel, et les autres grimpant sur les montagnes et pénétrant jusque dans les villages les plus abandonnés, pour y faire connaître et adorer le très-auguste Sacrement. Le P. de Condren me disait qu'i. fallait avoir une grande dévotion à cet an?f> de l'Apocalypse, qui, vers les derniers temps de l'Eglise, répandra sur la terre le feu du ciel, qu'il dit avoir pris sur l'autel dans son encensoir. 11 croyait que ce serait un homme angélique qui donnerait à l'Eglise l'amour du saint Sacrement, et me témoignait souhaiter beaucoup que je travaillasse à répandre cette dévotion.
IV. Ces jours passés (13i9), dans notre église de Saint-Su Ipice, Notre-Seigneur et adorable Maître a bien voulu soutl'iir l'attentat effroyable de douze voleurs qui ont porté leurs mains sacrilèges sur le saint ciboire, et, par un mépris horrible de sa personne, ont jeté par terre son sacré corps. C'est ce qui a donné lieu à douze habitants de la paroisse de s'unir en esprit aux douze apôtres pour réparer ce crime abominable , par tout ce que leur inspirera la religion dont leur
(13-49) 11 s'jgit de la'prof.-naiion des saintes hosties qui eut lieu en IG4S, ''ans l'i pice.
lise de Saint-Sul-