EXTRAITS DES MEMOIRES MSS. — XII J1AXIMES SUR LE SACERDOCE
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prêtre à plus forte raison , est obligé de vivre sépare de la terre, et d'habiter dans l'élément de la foi, où, volant, s'élevant, et planant en toute liberté, il se laisse conduire sans retardement ni obstacle, partout où l'esprit de Dieu l'emporte : Vbi oral impetus spiritus illuc gradiebantur. (Ezech. i, 12.)
11" On fera profession au séminaire de ne point contester. Rien de plus opposé au sacrifice et à l'anéantissement de son propre esprit, (pie l'amour des disputes et l'esprit de contention. Celui qui conteste ne sait ce (ine c'est de céder. A force de s'opiniâtrer dans son sentiment, il irrite son adversaire. Celui-ci, tout aussi jaloux de l'emporter, ne garde pas plus de mesure (pie lui, et cherche dans sa vigueur naturelle tout ce qui peut le rendre victorieux. En tout cela, rien qui parte de l'esprit de foi ; rien qui ressente l'anéantissement de soi-même. Dieu n'y voit au contraire qu'élévation, que récherche de la gloire et de l'estime des hommes, qu'orgueil et vanité. S'opiniâtrer dans la dispute, et prétendre à quelque prix que ce soit l'emporter sur lesautres, c'est continuer l'œuvre de Lucifer, contestant pour avoir à côté de Dieu un trône qui ('élevât audessus de toutes les créatures.
On peut bien proposer ses difficultés pour éclaircir ses doutes et s'établir dans la vérité; mais, quand on voit ses doutes satisfaits, il faut alors avouer ingénument et en toute simplicité qu'on est suffisamment éclairci, sans contester davantage. Cet aveu de la science d'autrui, et de sa propre ignorance, est digne de la candeur des humbles, et il ne leur coûte rien ; mais rien ne coûte plus à un orgueilleux ; c'est son supplice. L'étude cultivée de la sorte n'engendre ni aigreur, ni confusion, ni rivalité odieuse. C'est, au contraire, une voie certaine et efficace pour trouver tout à la fois, avec la vérité, la paix et la charité; vertus qui doivent accompagner partout les clercs, les religieux et les prêtres. Qui s'exercerait à l'élude dans cet esprit, éviterait les écueds si ordinaires aux étudiants, et surtout, l'orgueil, qui en perd un si grand nombre. Car on les voit sortir des écoles tout pleins d'eux-mêmes et plus dissipés que jamais, plus attachés à leur sens, plus jaloux d'être connus, estimés et applaudis des hommes; au lieu qu'avec cet esprit de simplicité, ils en sortiraient savants, mais dociles, humbles, modérés, remplis de vertus, et merveilleusement disposés à recevoir la parfaite lumière de la foi. On remarquerait de plus en eux une grande clarté d'esprit, et une intelligence admirable, fruit du renoncement à son esprit propre, et de la défiance de sa raison.
C'est pour établir dans ces dispositions les sujets qui aspirent au sacerdoce, qu'on leur fait passer un temps d'épreuve au séminaire. t\ est juste que dans l'Eglise de Dieu il y ait des écoles où l'on éprouve avec soin le génie et les mœurs de ceux que l'on désire consacrer à son service, et de qui il veut lui-même se servir dans sa maison. Comme nous ne marchons ici -bas que par
la foi, et que les conseils de Dieu sur ceux qu'il appelle, à lui nous sont cachés, on ne peut s'assurer des desseins qu'il a sur les âmes, que par les moeurs et l'esprit des sujets qu'il s'agit de lui présenter; ce q.ui demande du temps et de l'expérience. Ceux que Dieu veut approcher plus particulièrement de sa personne, il a coutume de mettre en eux des dons et des grâces qui répondent aux desseins de sa providence. Samuel, choisi de Dieu pour être appliqué à son service et gouverner son peuple, donna de bonne heure des marques de sa vocation. Il en avait été ainsi de Moïse et d'Aaron. Notre-Seigneur même, comme dit saint Paul, appelé de Dieu sou Père, et proposé pour modèle à toute l'Eglise, donne dès son enfance des marques de sa grâce et de sa sagesse. L'Evangile observe qu'il croissait tous les jours devant Dieu et devant les hommes, manifestant ainsi sa vocation, et donnant lieu dédire intérieurement, comme on l'avait dit de son saint précurseur : One pensez-vous que sera cet enfant? car la main de Dieu était sensiblement avec lui : Qui.* putas puer istc crit ? elenim manu.i Domini crat cum Mo. (Luc. i, 06.) Ainsi Noire-Seigneur voulut-il paraître au milieu des docteurs à l'âge de douze ans, pour leur découvrir la sagesse qui était en lui. Klle se montra dès lors, et il la manifesta plus amplement qu'il n'avait encore l'ait. Sa parfaite soumission, son zèle pour la gloire de son Père, sa pauvreté, sa solitude et ses autres dons faisaient assez connaître l'esprit qui résidait dans sa personne, et les grands desseins de Dieu sur lui. C'est ainsi que ceux qui sont destinés au service du sanctuaire et au ministère du salut des âmes, font voir dans leur jeunesse des qualités, une conduite et des inclinations qui annoncent les desseins de Dieu sur eux.
IV. L'usage a toujours été dans l'Eglise, comme on le voit par les écrits de saint Denis, de saint lîasile et de plusieurs autres, de séparer des séculiers ceux qui voulaient faire profession de la cléricature. Elle veut qu'ils renoncent à leurs pères selon la chair, pour ne vivre plus qu'entre les bras et sous l'autorité de Jésus-Christ, leur unique Père selon l'esprit, par qui ils sont passés de la vie grossière et animale, à une vie spirituelle, intérieure et divine. Dans cette haute et sainte profession qu'on fait à la face de l'Eglise, entre les mains de la personne sacrée de l'évêque, qui nous représente celle de Dieu le l'ère en Jésus- Christ ressuscité, on dit tout haut : Dominus pars hœreditatis meœ : Mon Seigneur est tout mon héritage; il est mon père, mon vrai père, et je prétends au vrai, au saint héritage qu'il prépare à ses entants. Les pères séculiers et temporels sont les images de Dieu, quant à la vie extérieure et corporelle dont il est le principe. Mais, comme nous prétendons mourir a cette vie naturelle et grossière, ainsi nous prétendons mourir à l'héritage grossier et corruptible de ce monde, pour entrer en |>o.-sessiou du