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Dieu de vérité, dont toutes les créatures qui composent l'univers sont comme le voile et l'ombre où il se cache; ombre qu'il ne laisse pénétrer qu'à ses enfants, c'est-à-dire, ans Chrétiens qui, ayant renoncé à leurs sens et à l'amour des choses extérieures, reçoivent de Dieu une vie divine et intérieure. Ceux-là voient en lui par la foi sa qualité de Père, de qui seul nous attendons notre héritage. C'est le témoignage que nous lui rendons, lorsque nous faisons la profession cléricale entre les mains de l'évêque, et que, par un véritable dépouillement, au moins d'esprit et de cœur, nous renonçons entièrement aux prétentions du siècle. L'évêque est celui qui nous représente sur la terre la paternité divine, de laquelle nous attendons l'héritage que nous avons choisi en recevant la eléricature. L'Apôtre nous apprend qu'il y a dans le monde plusieurs paternités : Ex guo omnis palernitas in ccelo et in terra nominatur. (Ephes. m, 15.)
La première est la paternité temporelle, qui exprime la fécondité de Dieu dans la communication de son être, en quoi l'homme ressemble aux animaux et aux plantes; leur génération, comme celle de l'homme, étant une expression de la fécondité éternelle de Dieu engendrant son image de toute éternité dans la personne de son Fils.
La seconde, d un ordre bien supérieur, est ceMe qui convient à Dieu seul, et en vertu de laquelle il communique à son Eglise, non un être naturel et commun, mais un état de sainteté et de grâce, un être divin. C est pourquoi la sainte Vierge, parlant de ce que Dieu vient d'opérer en elle dit : Le Seigneur a fait en moi de grandes choses, lui gui est le Tout-Puissant , et dont le nom est saint (Luc. i, 4-9) ; comme si elle eût dit : celui qui a fait paraître sa toute-puissance dans la création du monde, de la terre et des cieux, vient de faire une merveille bien plus grande et plus étendue, en me faisant engendrer son Fils ; ce Fils qui est saint comme lui; car il m'a rendue féconde par la communication de l'être divin et de sa propre fécondité. Cette communication est de deux sortes : la première s'est faite dans le sein même de Dieu, d'une manière toute spirituelle et invisible, par la génération éternelle du Verbe, l'image substantielle de la sainteté du Père, et, comme lui, la sainteté même; Sancturn Domino vocabitur. ( Luc. h, 23. ) La seconde s'est faite dans la génération temporelle du Fils de Dieu en Marie. Son sein virginal est comme le temple où la plénitude de la sainteté, la Divinité même est venue habiter corporellement. Dans cette génération, elle demeure couverte et enveloppée sous un extérieur terni, avili, pour ainsi dire, par une chair qui est la ressemblance du péché; ce qui fait dire à l'Eglise étonnée d'un tel abaissement : Non horruisti Virginis uterum.
La troisième génération est celle où Jésus-Christ, resplendissant de gloire au jour de sa résurrection, paraît aux yeux des ïnges et de* nommes, la forme e.t l'image
parfaite de son Père. Ego hodie gcnui te. (l'sal. ii, 7.) En ce grand jour, ce n'est pins une mère qui l'engendre semblable à elle dans l'infirmité de la chair : c'est Dieu qui l'engendre dans sa gloire, et dans une ressemblance parfaite avec lui-même, lui communiquant une fécondité merveilleuse, en vertu de laquelle il engendre l'Eglise dans une sainteté parfaite. Opération toute divine, qui nous est représentée dans la personne et dans l'onction de l'évêque. Il est l'image de Jésus-Christ ressuscité dans la sainteté de son Père ; et fécond comme lui, et habitant dans son Eglise, c'est-à-dire dans ses pontifes, pour engendrer des hommes saints. C'est pour cela que l'Eglise, inspirée et conduite par l'esprit de Jésus-Christ, veut que les clercs qui aspirent à une vie nouvelle, sainte et divine, fassent leur profession entre les mains de l'évêque, que nous pouvons regarder comme le symbole vivant de Jésus-Christ ressuscité.
V. Dispositions et vertus principales des prêtres, et surtout des prêtres de la société de Saint-Sulpice. — L'esprit des prêtres est bien différent de celui des simples fidèles. C'est celui de toute l'Eglise ensemble, qui se trouve renfermé dans leur personne; mais surtout dans la personne d'un prêtre appelé de Dieu à former des clercs et des prêtres. Il est le serviteur de toute l'Eglise, et en celte qualité il se charge de tous ses intérêts, les prend sur lui, et se sacrifie pour elle en se dévouante porter toute la haine de Dieu contre les homme-*, à l'exemple de Notre- Seigneur. En recevant le sacerdoce, il s'est engagé à faire pénitence pour toute l'Eglise. Aussi doit-il être toujours gémissant devant Dieu, comme un criminel qui pleure, qui gémit, qui s'afflige pour tous. Et il faut voir à quelle extrémité va cette pénitence, quand on veut remplir l'office de prêtre dans toute son étendue. Dès qu'on est revêtu de la dignité du sacerdoce, eût-on été jusqu'alors par le plus singulier privilège et le plus grand miracle de la grâce, préservé de toulo souillure du péché, on se trouve dès lors chargé de fous les crimes du monde. Car il n'en est point des prêtres de la loi nouvelle, comme de ceux de la loi ancienne. Ceux-ci étaient obligés d'offrir des sacrifices pour leurs péchés, avant d'en offrir pour ceux du peuple : Prius pro suis delictis, deinde pro populi. (Hebr. vu, 27.) Pour les premiers, ils sont prêtres en Notre-Seigneur, etenNotre- Seigneur ressuscité, quin'avait plus rien de l'apparence du péché. C'est pourquoi Jésus- Christ leur donne le divin esprit delà résurrection, en vertu duquel ils sont entièrement éloignés du péché, et mis dans un état de grâce qui Tes élève, beaucoup audessus de la chair.
Que si le prêtre, avant que d'être engagé dans les saints ordres, avait offensé Dieu, il doit avoir satisfait à Itoul péché personnel, premièrement, pour être disposée embrasser la pénitence générale de l'Eglise; secondement, pour avoir un libre accès auprès de de Dieo, le prier en faveur des peuples, et
EXTRAITS DES MEMOIRES MSS