‹ uvres complètes de M. OlierChapitre 4 sur 394 · OL1K · texte numérisé non relu

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des saints. Sans cela, disait-il, il sera devant Dieu tout autre que ce qu'il paraît dans ses écrits et devant les hommes.

Une autre qualité qu'il en exigeait encore, c'était de dépendre entièrement d'un directeur sage et éclairé par rapport à ce qu'il mettait au jour, et d'être prêt à jeter au feu ce qu'il ne lui conseillerait ou permettrait pas de laisser paraître. Il regardait l'attache à ses propres productions, comme un piège du démon, qui anéantissait par là tout le fruit qu'on en devait tirer pour soimême, en travaillant pour les autres ; piège contre lequel il sut si bien se mettre en garde, que tout ce qui sortait de sa plume, il le remettait entre les mains de son directeur, avecla simplicité d'un enfant qui donne ses essais à corriger à son maître. Il lui donnait toute liberté de les déchirer ou de les mettre en cendres, comme la chose du monde la plus vile; tant il en faisait peu de cas, et tant il était mort à lui-même I A l'entendre parler des livres qu'il avait permis de rendre publies, on eût dit qu'ils n'étaient bons à rien. 11 les méprisait tellement, qu'un jour il avait pris la résolution de les brûler. Ce qui l'engagea à faire ce sacrifice (si toutefois c'en était un pour lui), ce fut la peine qu'il ressentait à laisser subsister après sa mort quelque chose de ce qu'il avait composé. Dieu permit que son dessein fût découvert et ses mesures rompues au moment où il allait en venir à l'exécution. 11 était occupé à rassembler tous ses manuscrits pour les jeter au feu, lorsque M. de Bretonvilliers entra dans sa chambre, et devina son dessein. Il eut assez d'empire sur son esprit, pour l'en détourner; et c'est aux représentations qu'il lui fit alors, que nous sommes redevables des livres spirituels qui portent son nom.

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