‹ uvres complètes de M. OlierChapitre 5 sur 394 · DE LA RELIGION DE JESLS CHRIST · texte numérisé non relu

DE LA RELIGION DE JESLS CHRIST

Notre-Seigneur Jé^us-Christ est venu en ce monde pour y apporter le respect et l'amour de son Père, ei pour y établir son royaume et sa religion. 11 ne lui a demandé .'«litre chose pendant sa vie; et c'est ce qu'il ii fondé pendant l'espace de irente-trois ans qu'il a vécu sur la terre, et ce qu'il a désiré incessamment de procurer dans l'esprit et dans le cœur des fidèles, qu'il prévoyait avoir été ordonnés pour être ceux en qui il devait répandre sa même religion, afin d'honorer son l'ère en eux, comme il faisait en lui-même.

Il a demandé cette grAce pour les liomnies, et la leur a méritée durant sa vie : et c'est ce qu'il a fait aussi en sa mort, où, en même temps qu'il l'a demandée pour eux, il adonné témoignage du respect et de l'amour qu'il portait à son Père, qui sont les deux choses que comprend la religion. Il connaît son Père si pur et si saint, qu'il ne voit rien qui mérite île vivre et de subsister devant lui: ce qu'il proteste parla mort qu'il endure pour témoigner et faire paraître cette vérité.

11 meurt encore par amour aussi bien que par révérence: car il se soumet à la mort, et l'accepte très-volontiers et avec joie, parce qu'il y voit le plaisir et la satisfaction de son Père (1); et voyant qu'il n'était point satisfait pour les péchés qu'on commettait contre lui, il meurt pour le contenter entièrement et pour ne laisser rien à satisfaire (2).

Il donne par là exemple aux Chrétiens qui font profession de sa même religion, de son même respect et de son même amour, qu'ils ne doivent rien épargner pour en témoigner les vrais sentiments, qui les doivent porter dans l'occasion jusqu'au point du sacrifice; étant plus sûr de rendre son sacrifice réel, que de se contenter d'une sirnple disposition, qui souvent est trompeuse.

Noire-Seigneur a continué, après sa mort, de procurer aux hommes cette religion envers Dieu par toutes les inventions de son amour; et il leur a donné son même esprit, qui est celui de Dieu vivant en lui, pour établir en eux les mêmes sentiments de son âme, afin aue, dilatant ainsi sa sainte reli-

(I) Ot'latus est quia ipse vohtil. {ha. lui, ".) (2l l'ropvhito sibi yauilio mstiuuii aucem. (Ilcbr.

gion, ii lit de lui et de tous les Chrétiens un seul religieux de Dieu.

Régnant au ciel, il vit dans le cœur et dans la plume île ses évangélistes, pour établir partout le mépris de la créature et le respect de Dieu seul. Il est vivant dans le cœur et dans la bouche de ses apôtres et de ses disciples, pour annoncer partout le royaumede Dieu, pour procurer l'adoration que mérite son saint nom, et pour lui donner des sujets parfaitement soumis, et des adoratpurs qui le respectent en esprit et en vérité (3).

C'est encore proprement la fonction de l'esprit de Dieu dans les prêtres, qui continue en eux ce qu'il faisait en Jé^us-Christ. Il y procure, par exemples, par paroles, par écrit, et par toutes les voies possibles, la sainte religion de Dieu, qui seul mérite d'être adoré et respecté dans le mépris de toutes choses. Tout n'est que vanité et que figure hors de lui ; car tout l'être créé n'est qu'une écorce légère de l'être qui est caché en lui, qui se fait vnir, en quelque façon, sous la couleur de tout ce qui parait. Toute la ligure passera (il quand Dieu voudra cesser de paraître sous des figures, et quand il fera voir à découvert tout ce qu'il est. Quand les yeux de l'esprit seront ouverts et affermis par la lumière de la gloire, alors le monde ne sera plus pour nous une chose agréable, non plus que l'ombre lorsque le corps paraît, ou que le portrait, auquel on ne fait plus d'attention quand la personne se présente. Le masque ne paraît plus agréable quand le visage est découvert. Ainsi tout paraîtra ligure, masque et néant, quand Dieu se rendra visible à l'âme en tout ce qu'il est.

Dieu donc soit adoré en lui, et tout périsse devant lui en notre esprit, puisque tout n'est rien en sa présence. Prévenons par esprit de religion l'anéantissement et le sacrifice universel de tout cet être, qui doit périr pour Dieu en témoignage de sa grandeur et de sa sainteté. (Jue notre foi soit la lumière et le llamlieau de notre religion, pour faire le sacrifice devant Dieu de tout l'être présent. Car si Jésus-Christ même veut être sacrifié par le grand respect qu'il lui porte et par l'estime qu'il fait de lui et de sa sainteté,

(3) Vert adorulores adaiabunl Valtcm in tpirilu

et verilale, nain et Pater taies quwrit. {Joau. îv, 2ô.i

(i) l'rœtcrii eniw figura hujus mundi. (7Coi.vii.3I.)

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