EXERCICE POUR LA VISITE DU TRES-SAINT SA- CREMENT
Avertissement. — Les Chrétiens étant consacrés à Dieu par le baptême, pour être ses hosties de louange, ont obligation de vaquer incessamment à son honneur et à son amour ; et parce que le Fils de Dieu a prévu qu'ils seraient infidèles à leurs devoirs, souvent distraits de leurs obligations, et très-rarement appliqués au service et au souvenir de Dieu, il se tient assidu sur l'autel, comme une hostie de louange perpétuelle, et comme un aimable supplément de ses membres, il rend à Dieu les devoirs de chacun. Voilà un aimable Seigneur, un frère bien amoureux et un chef bien adorable! Il rend à Dieu ce que nous devons; et pendant que nous n'y pensons pas, pendant que nous dormons, et pendant même que nous lui sommes trèsopposés, il veille et aime Dieu pour nous.
Mais ce saint supplément n'est pas en ce lieu-là pour être un fondement de paresse pour nous et une occasion de péché; il n'y est que pour aider à notre infirmité et pour réparer les fautes de notre négligence. Il veut donc qu'on le visite de temps en temps, afin que nous entrions en part du bien qu'il nous fait, et que nous trouvions en lui de quoi suppléer à nos fautes, nous joignant à lui pour rendre à Dieu ce que nous lui devons.
11 se faut souvenir de l'obligation que nous
(234) jOportet $emper orare et non deficere, (Luc. \vm, 1.)
avons d'adorer Dieu et de le louer incessamment pour les biens que nous avons revus de lui au baptême, avant lequel notre âme était imbue de blasphème et d'idolâtrie, d'horreur, d'aversion et de haine de Dieu, par la possession maligne du démon, qui la tenait en ses inclinations et en ses dispositions horribles. Si nous ne faisons bon usage de noire vie et de la grâce du saint baptême, qui nous a délivrés de cette possession pour nous élever à Dieu, pour nous convertir à lui, et pour nous appliquer à sa louange et à son amour; et si pour cet effet, nous ne prenons pas de soin de nous unira Jésus-Christ et de nous consommer en son amour et en ses louanges, nous avons beaucoup à craindre. Où est-ce que nous en trouverons le moyen? ce sera dans le très-saint Sacrement institué pour le supplément de nos obligations.
Des grandeurs et des avantages da très-saint Sacrement qui nous obligent à le visiter.
Les saints, parlant dulrès-adorable Sacrement de l'autel, disent que c'e>t une dilatation du saint mystère de l'Incarnation. C'est un Dieu avec nous, un Dieu descendu parmi nous, auquel il faut accourir, comme ont fait les pasteurs, les rois et tous ceux qui ont eu la foi en lui. Alors, dit .e prophète Isaïe, vous verrez aller aux pieds du Fils de Dieu paraissant dans le monde, des troupes innombrables de peuples, vous les verrez venir de pays étrangers : J>'t7tt tuide longe ventent et (iliœ tuœ de lalere surgcnt. Tune videbis, et afflues , et mirabitur et dilatabitur cor luum, quando conversa fucrit ad te multitude» maris, fortitudo gentium venerit libi ; inundalio camelorum operiel le, dromedarii Madian et Epha. (Isa. lx, k, 5, 6.) Ce sera là un grand sujet de joie et de jubilation, de voir la foule des monarques, la force des nations et les richesses de tout le monde anéanties aux pieds de Jésus-Christ.
C'est ce que l'on a vu dans la naissance de la foi, et avant même que Jésus-Christ lût mortel ressuscité pour le monde: et maintenant tout est désert dans l'Eglise, et personne ne paraît aux pieds du Fils de Dieu. Pendant qu'il vivait sur la terre, il travaillait et méritait seul pour nous : maintenant qu'il est sur les autels, il ne veut pas être seul, il veut passer en nous, et animer ses membres de son esprit et de sa vie pour être en nous, rendant à Dieu tous nos devoirs, et nous faisant être à son Père ce qu'il lui était lui-même : Ascendo ad Patrem meum et Patrem vestrum; Deum meum et Deum vestrum (Joan. xx, 17) ; ce qu'il est à i-on Père, il dit que nous le sommes; et ce qu'il est à Dieu, il dit que nous le sommes aussi. En un mot, il vient être en nous une seule et même chose avec nous.
C'est ce que le saint mystère du très-auguste Sacrement opère par-dessus celui de l'Incarnation. Il ajoute la multiplication de .-a sainte présence et la dilatation de sa vie qu'il répand en nous-mêmes, nous ajoutant à lui et nous asso sut à son corps pour nous
rendre participants de son esprit cl de sa substance.
Notre-Seigneur vivant sur la terre était cotnpréhenseur et voyageur tout ensemble. Il était compréhetiseur dans une portion de lui-même, et comme Fils il jouissait de la gloire de Dieu; et dans l'autre portion il en était privé, et vivait comme serviteur fidèle* de son Père.
Maintenant qu'il est consommé pleinement en tout lui-même dans la gloire de Dieu, il veut encore garder la même conduite et continuer sa manière de vie dans le monde. C'est pourquoi il s'associe des âmes ici-bas, et il se les unit en sorte qu'elles ne sont qu'une même chose avec lui. Il se les lie au très-saint Sacrement, et là il est en elles compréhenseur et voyageur tout ensemble.
Comme chef, il est compréhenseur ; mais comme lié aux âmes, il est voyageur. Comme compréhenseur, il contribue à l'élévation, à la sanctification et à la consommation des âmes. Et comme voyageur, les âmes lui donnent le moyen de mériteret d'augmenter toujours sa propre gloire et celle de son Père. Heureuse l'âme qui se voit appelée à n'être qu'une chose avecJésus-Christ,etàrendre en lui à Dieu tout ce que Jésus-Christ rend à Dieu on soi-même.
Heureuse l'âme qui en la pointe de son esprit entre dans le ciel pour y honorer Dieu, et qui pour le glorifier se perd en toute l'étendue de Jésus-Christ!
Heureuse l'âme qui sert à Jésus-Christ pour dilater sa sainte religion, et qui lui donne le moyen de mériter encore une nouvelle gloire pour lui et pour son Père 1
Heureuse l'âme qui s'unit à l'étendue de la lumière de Jésus-Chrisl, et qui voit par lui tout ce que Dieu est.
Heureuse l'âme qui entre dans l'amour et dans la consommation de Jésus-Christ, et qui se revêt ainsi de sa sainteté mêmel
Heureuse l'âme qui entre en la religion de Jésus-Christ vers Dieu, et qui rend avec lui tous les respects, tous les honneurs et tous les devoirs que Dieu attend et que l'on peut lui rendre!
C'est un bien incompréhensible et trèsadmirable que le très-saint Sacrement; il nous met un Dieu devant les yeux, et le tient présent à l'Eglise pour y recevoir tout l'honneur et toute la gloire qu'il peut attendre de sa créature. Il y est renfermé en toute l'étendue de ses perfections, et il prétend que l'Eglise y vienne rendre hommage à toutes ses grandeurs et à tous ses titres d'honneur. Il nous met encore devant les yeux l'humanité sainte de Jésus-Christ, qui rend à Dieu tous les respects et tout l'honneur qu'un Dieu peut recevoir hors de lui-même : en sorte qu'il n'y a qualité sainte ni perfection divine qui ne reçoive ses louanges par Jésus-Christ.
Enfin il fait passer en nous cette humanité, pour nous mettre en participation de sa vie, et afin de rendre à Dieu en nous ce que nous lui devons pour tout ce qu'il est en lui-même et envers nous. Ainsi chaque Chrétien peut
f.tre participant de la religion deJésusChrist envers Dieu; e'est pourquoi ce divin sacrement est un sacrement de communion, qui exprime que Jésus-Christ veut être vivant dans les âmes, et les animer de sa religion, et que par là il \eut remplir le monde du culte et de l'amour qui est dû à Dieu, et qui ne peut lui êtrerenduqueparluietenluiseul.
Premièrement, ce saint et adorable sacrement nous met Dieu devant les yeux et renferme la plénitude de son essence sous les .symboles du pain. Tout le monde servait autrefois à l'homme par l'ordre de Dieu, pour lui tenir présente la divinité qui se rendait sensible sous les symboles des créatures. Dieu n'a plus maintenant que ce signe sensible et continuel, qu'il nous tient assidûment devant les yeux pour y être adoré. Et comme tout le peuple juif avait, au lieu de ce monde visible, l'arche d'alliance, où un chacun allait se prosterner pour y adorer Dieu sous un signe sensible, de même le ieuple chrétien, qui est le vrai Israël, a dans .'Eglise cette véritable arche d'alliance et ce signe visible pour y adorer Dieu. Ce doit donc être là le lieu "de notre religion et le véritable endroit où nous devons lui aller rendre tous nos devoirs.
Secondement, ce divin sacrement nous procure l'avantage de nous tenir présente l'humanité de Notre-Seigneur, qui rend à Dieu tous les honneurs et tous les respects qui sont dus à sa majesté; et comme il lui rend aussi pour tous les hommes ce qu'ils lui doivent en leur particulier, chacun y trouve le moyen d'offrir à Dieu par Jésus- Christ ce qu'il ne peut lui rendre par luimême.
Jésus-Christ jouissant clairement de la vue ■ le son Père, et voyant pleinement toutes ses perfections et toutes ses grandeurs, lui rend en ce sacré mystère ce qui est dû à sa divinité. Dieu se rend à soi-même dans l'humanité de son Fils toute la révérence, tout le respect et tout l'amour qui lui sont dus, de même que dans son Fils il s'est réconcilié le monde : Deus erat in Chrisio mundum réconcilions sibi. {Il Cor. v, 19.1 Que' mystère adorable et de Dieu adoré et de Dieu adorant en son Filsl Quelle joie de voir ce tabernacle, où nous savons que Dieu reçoit tant d'honneur, tant de gloire et tant d'amour en la personne de son Fils, qui lui rend pour soi et pour l'Eglise ce qu'elle n'ose et ne peut entreprendre de lui rendre par elle-même 1
N'est-ce pas trop d'honneur à l'Eglise de savoir ce que Jésus-Christ fait en ce lieu pour la gloire de Dieu? n'est-ce pas trop que d'être présent à ce divin mystère et de consentir à tout ce que Jésus-Christ y fait et pour lui et pour nous9
La lumière entière de Dieu est en Jésus- Christ, pendant que nous sommes aveugles à sa beauté et à sa grandeur. La sainteté est en Jésus-Christ, laquelle nous manque, et ainsi nous sommes indignes de nous offrir à Dieu. L'amour et la religion sont pleinement en lui, dont nous sommes tous dépourvus; mais ce qui doit être notre joie est de savoir
que Dieu ait au moins en Jésus-Christ un adorateur tel qu'il le veut: et nous devons venir à lui pour le féliciter et pour nous réjouir des louanges, de l'amour et de l'honneur qu'il rend à son Père, comme aussi de la complaisance, de la consolation et de la joie que Dieu le Père prend en son Fils, qui lui est un paradis en la terre.
Si nous sommes bannis du paradis terrestre, nous avons le paradis céleste qui nous est donné en sa place ; et si nous sommes pèlerins comme nos premiers pères, nous ne saluons pas de si loin notre terre promise, cette terre des vivants, qui est Dieu même en son Fils, d'où découlent le lait et le miel, et qui rassasie d'un torrent de voluptésceux qui viennent à lui.
Troisièmement, ce divin Sacrement nous est d'une utilité merveilleuse et d'une vertu admirable; car, passant en nous, il nous met en participation de Jésus-Christ, rendant à Dieu toutes sortes de devoirs, et il fait que nous vivons au fond de nous de la même vie dont il vit dans le ciel et sur la terre.
Nous qui sommes aveugles nous entrons dans le bénéfice de la lumière de Jésus- Christ; nous qui sommes pécheurs, nous sommes participants de sa divinité sainte; nous qui sommes indévots, tièdes et languissants, nous entions dans l'amour, dans la vigeur et dans le zèle de Jésus-Christ envers Dieu; en un mot, le très-saint Sacrement est un mystère admirable qui nous devrait tenir toujours liés aux pieds de Jésus-Christ reposant sur nos autels.
Les moyens de bien user de ces trois avantages.
Pour bien user de ces admirables avantages, quand on vient visiter le très-saint Sacrement comme on y est obligé, le premier moyen, après avoir adoré Dieu d'abord et après s'être anéanti devant lui, est de confesser ■
1° Que l'on est aveugle à sa grandeur et à sa majesté ;
2° Que l'on est trop impur pour se présenter devant lui;
3° Que l'on est incapable de lui rendre aucun devoir qui soit digne de lui, et qui lui puisse être agréable.
Le second moyen est :
1* D'adorer la lumière, la sainteté, l'amour et la religion de Jésus-Christ envers Dieu dans ce divin Sacrement;
2" De l'offrira Dieu son Père pour supplément de nos misères;
3" De se réjouir de ce que Dieu est co.inu, aimé et honoré dignement par son Fils, en qui il prend toutes ses complaisances.
Le troisième moyen est :
1° D'invoquer beaucoup sur soi l'esprit do Notre-Seigneur, afin qu'il nous vivifie, qu'il nous imbibe, et qu'il nous remplisse de sa lumière, de sa pureté, de sa religion et de son amour, comme aussi de tous les devoirs que nous sommes obligés de rendre à Dieu pour chacune de ses perfections;
2" De se tenir en liais et en silence, pour
laisser opérer en nous le Saint-Esprit, et pour lui donner le temps de répandre sur nous les grâces et les dons que nous lui demandons pour être faits dignes de lui ;
3 De s'unira Notre-Seigneur, pour rendre avec lui tout ce qu'il rend à Dieu son Père, entrant le plus intimement qu'on pourra en son intérieur, en sn religion, en son amour et en tous les saints devoirs que son âme rende Dieu pour nous, pour toute son Eglise et pour lui-même comme Fils unique du Père.
Exemple de cet exercice devant le saint Sacrement.
La majesté de Dieu réside au très-saint Sacrement comme en son trône, pour y être adorée en toutes ses grandeurs. Il y en a de deux sortes : les unes intérieures, qu'il possède en lui-même de toute éternité sans rapport aux créatures, comme sont sa sainteté, son immensité, sa simplicité, sa lumière, sa puissance, son amour, etc.; les autres qui nous regardent, et qui ne sont en lui que depuis qu'il opère envers nous, comme sont celles de créateur, de rédempteur, de sanctificateur, de juge, de roi, et autres semblables.
11 veut être honoré sous tous ces titres, et il prétend que la créature se présente souvent à lui pour l'adorer, pour le louer, pour le remercier, pour le prier et pour s'affliger en sa présence. Mais il veut que ce soit toujours en l'union et en la vertu de Jésus-Christ, qui repose pour cet effet au très-saint Sacrement de l'autel, et qui s'y tient toujours présent pour recevoir le monde, pour l'élever à Dieu et pour le remplir de lui et des sentiments que chaque particulier doit avoir en son cœur. Jésus-Christ seul connaît ce qui est dans la créature et le dessein de Dieu sur elle; et Jésus-Christ seul, qui donne la mesure des grâces et des biens de l'esprit, sait ce que chacun doit rendre à Dieu. A ce dessein, il se rend présent à tous par le saint Sacrement, pour les tenir en leur devoir et pour satisfaire à leurs obligations.
Lors donc qu'on visitera le très-saint Sacrement, on pourra choisir quelqu'une de ces perfections en particulier; par exemple, celle de créateur, à laquelle, peut-être, on n'aura jamais rendu aucun devoir ni aucune reconnaissance.
Premier point. — La première chose qu'il faut faire, après s'être confondu en la présence de ce grand Tout, qui a fait toutes choses de rien, est de confesser : 1' que nous sommes aveugles, et que nous ne pouvons pénétrer cette grandeur et cette qualité de créateur, telle qu'elle est en elle-même et que la foi nous l'enseigne ; 2° il faut que nous confessions notre indignité pour paraître en celte divine présence; 3° il faut «vouer notre impuissance et incapacité de lui rendre aucun devoir digne de lui, ensuite de quoi on peut dire le Confiteor et le Vcni Creator.
Deuxième point. — La seconde chose est : 1" d'adorer la parfaite lumière de Jésus-
Christ, qui comprend la profondeur de l'abîme de Dieu comme créateur, en sa puissance, en son amour et en sa sagesse. 11 faut faire un acte de foi de tout ce que Jésus-Christ voit en Dieu, étendant notre foi à tout ce qu'est Dieu créateur, et à tout ce que Jésus-Christ en voit dans le très-saint Sacrement. 11 faut encore adorer la sainteté de cette victime d'amour et de louange, et respecter ensuite tous les devoirs et toutes les protestations que Jésus-Christ rend à Dieu créateur pour lui-même et pour toutes ses créatures. 2° Il faut offrir à Dieu tous ces devoirs de Jésus-Christ; 3" s'en réjouir avec Dieu, et puisque notre impureté efr notre incapacité nous empêchent de le glorifier par nous-mêmes, il faut se consoler et se réjouir de ce que Jésus-Christ y satisfait, si pleinement et de ce que Dieu y prend tant de consolation et tant de joie.
Troisième point. — La troisième- chose est : 1" d'invoquer sur nous pendant un temps notable l'esprit de Jésus-Christ par lequel il adore Dieu comme créateur de tout le monde; 2° de demeurer en paix et en silence, attendant l'opération du Saint-Esprit en nous; 3° de s'unir à Notre-Seigneur pour rendre à Dieu nos devoirs avec lui, qui se proteste en ce saint Sacrement la créature de Dieu son Père.
Et quoique les devoirs de Notre-Seigneur ne soient pas connus, la foi pourtant nous, les enseigne dans les Ecritures. Par exemple, il proteste à Dieu son Père, 1° une souveraine dépendance, le reconnaissant comme l'Etre souverain duquel émane tout ce qu'il possède, et devant lequel il n'est rien, comme il le dit par ces paroles : Substantia mea tanquam nihilum ante te. (Psal. xxxvm, 6,) li témoigne aussi sa joie d'être originaire de lui et de se voir en dépendance d'un Etre si pur et si saint. Il faut que l'âme s'unisse à cette protestation si sainte de Jésus-Christ; il faut qu'elle témoigne à Dieu une grande joie de dépendre de lui, et qu'elle aimerait mieux n'être point que de recevoir son être d'une autre source que de lui. 2° Notre-Seigneur proteste à Dieu son Père, comme créateur, une parfaite obéissance pour lui et pour toute créature, laquelle en effet obéit à Dieu en tout : Omnia serviunt tiùi ( Psal. cxvm, 91.) L'âme se doit unira cette protestation de Jésus-Christ et entier dans le renouvellement de son obéissance. Non mea voluntas, sed tua fiât ; non sicut ego volo, sed. sicul tu; non quod ego volo, sed quod tu. Meus cibus est ut faciam voluntatem ejus qui misit me. [Luc. xxii, 42; Mat th. xxvi, 39; Marc, xiv, 36; Joan. iv, 34.) Jésus-Christ, comme créature, proteste une parfaite adhérence à Dieu et une coopération fidèle à sa vertu : Pater meus usque modo operatur et ego operor. ( Joan. v, 17.) L'âme doit entrer encore en union de la protestation que Jésus-Christ fait pour lui et pour toute créature d'adhérer fidèlement à l'Esprit. Quicunque enim Spiritu Dei aguntur, ii sunl jilii Dei. ( Rom. vin, 5.) Ceux qui adhèrent à l'esprit intérieur, et qui s'abandonnent à sa
vertu, ils sont enfants de Dieu : In ipso vivimus, vtmovemur, etsumus. (Act. xvn, 28.)
Actes sur l'image du Irès-saint Sacrement.
J'adore, Père éternel, les respects et les devoirs que votre Fils vous rend dans l'intérieur de son âme au très-saint Sacrement.
Je vous supplie de les recevoir de lui pour moi, puisqu'il vous les présente à mon intention et en ma place.
Je vous les offre de tout mon cœur, comme les plus grands sujets de complaisance et de joie que vous prenez au ciel et en la terre.
Je vous prie, Fils de Dieu, d'établir en mon Ame ces mêmes devoirs d'amour et de religion envers votre Père; car je ne puis espérer aucun vrai sentiment de crainte et de respect qu'en participation de votre intérieur, qui porte en soi la plénitude de la perfection chrétienne.
En votre sainte vertu. Esprit divin, je me prépare à suivie tous les devoirs qui me sont expliqués en cette image; la Foi m'apprend que je suis obligé de les rendre à Dieu en Jésus-Clirist, l'unique religieux de son Eglise.
Acte d'anéantissement. — Mon Dieu je confesse en votre Fils qucjenesuisqu'un pauvre néant, et que tout l'être vient de vous; rien n'habite en nous qu'en dépendance de vousmême. Je reconnais, mon Dieu, que si vous me repreniez votre être, je serais le même néant d'où vous m'avez tiré.
Acte de pénitence. — Je déteste en votre Fils et par votre Fils même tous les péchés de ma vie passée. Je condamne en sa vertu toute mon adhérence à la chair ; j'abhorre tonte l'envie et tout le dessein qui pourrait être, en moi d'y adhérer jamais et de vous offenser.
Acte, d'adoration. — Je vous adore, 6 mon Dieu, en toutes vos grandeurs.