Acte de louange. — Je vous loue en toutes vos perfections
Acte de remer ciment. — Je vous remercie, ô mon Dieu, de toutes vos perfections, et des soins particuliers que vousavez toujours pris de mon âme.
Devoirs inconnus. — J'entre, ô mon Dieu, dans tous les devoirs inconnus que vous rend votro Fils, dont nous ne sommes pas capables, et que lui seul vous rend dans le secret éminent de son cœur, et dans le sanctuaire de son âme.
Prières. — Je vous prie d'avoir pitié de moi, et de posséder tellement mon cœur, mon esprit, et toutes mes puissances, qu'elles n'agissent que pour vous seul, et par rapporta votre seule gloire.
Vœux. — Je me voue à votre Fils pour être votre asclave à jamais, ne voulant rien tenir de tout ce que je suis et de tout ce qui m'appartient, que comme étant à vous, protestant aussi de ne prendre aucun droit d'en user que par dépendance de vos ordres.
Sacrifice. — Je me voue encore à vous, ô mon Dieu, en qualité d'hostiequi se présente
î votre majesté pour être sacrifiée en son
honneur et anéantie à sa gloire.
Offrande. — Je m'offre à vous et me consacre dès ce moment à vos autels, afin d'être immolé dans le temps préparé par votre providence, renonçant dès cette heure à toute la vanité du siècle et à toute application à son être profane.
Immolation. — Je vous livre mon corps pour être immolé à la souffrance, et mon esprit pour être immolé aux peines intérieures, pour l'accomplissement entier des desseins de votre amour et de votre justice sur moi.
Consommation. — Je vous donne mon cœur pour être consommé dans votre amour, et pour en faire un holocauste qui me fasse passer dans votre être divin.
Communion. — Que je sois, ô mon Dieul si rempli de votre Fils, et que je communie si pleinement à son amour et à sa religion, qu'étant en mon intérieur transformé en lui-même par la vertu de son Esprit, je ne sois jamais un moment sans vous rendre quelque partie de mes devoirs; qu'au moins en général je sois uni dans la foi et par affection à l'Esprit saint de votre Fils, en qui je vous rends par désir ce qu'il vous rend, puisque je ne puis mériter la grâce d'être en application continuelle envers vous.
Oraison à Notre-Seigneur Jésus -Clcrtit XV* très-saint Sacrement de l'autel.
Divin Jésus, sauveur des hommes, roi des anges, et seigneur du monde, et pardessus tout cela Fils unique de Dieu, qui êtes le choisi entre mille, et qui êtes élevé par cette dignité au-dessus de toute créature; je m'estime infiniment heureux d'avoir reçu l'être, pour contempler en vous cette grandeur, et pour en remercier votre Père à toute éternité. Seigneur Jésus, qui vous mettez en tant de lieux, afin de multiplier vos louanges et vos remercîments envers Dieu, que je puisse être en vous multiplié partout, et être présent en esprit à tout le monde, pour adorer et pour glorifier les richesses et l'amour de votre Père en vous; et qu'après le royaume de la foi je puisse être présent en tous vos anges et en tous vos saints, qui sont vos véritables tabernacles et vos temples vivants, pour y être avec eux une hostie de louange et de remerciaient, consommée pour jamais en votre saint amour
En passant devant le très-saint Sacrement, ou devant quelqu'une de ses images.
Je vous offre, mon Dieu, tous les devoirs de votre Fils; je me donne à lui pour entrer en ses mêmes devoirs envers vous ; je vous proteste mon entière servitude et ma parfaite obéissance.
OCCUPATION' INTÉRIEURE SUR LES GRANDEURS DE NOTRE-SEIGNEUR JÉSUS-CURIST , KN RÉ- CITANT SA COURONNE.
Les Pères de l'Eglise, particulièrement les Pères grecs, et entre les Latins, saint Augustin, nous invitent continuellement à
l'union d'esprit et à la communion spirituelle à Jésus-Christ Notre-Seigneur: c'est pourquoi ils nous avertissent souvent de ce que dit saint Paul, que Notre-Seigneur nous doit être toutes choses, lpse est pax-nostra. (Ephes. h, ik.) Factus est nobis sapientia a Deo, et justifia, et sanctificatio, et redemptio. {I Cor. i, 30.) Omnia et in omnibus Christus. (Col. m, 11.)
Saint Grégoire de Nysse, lumière et flambeau de l'Eglise grecque, dans un petit traité de la profession des Chrétiens, et dans uu autre de la perfection chrétienne, remarque que notre union avec Notre-Seigneur Jésus- Christ doit être si grande, que nous devons même communier à toutes ses perfections et qualités divines. C'est une chose assez difucile à comprendre, si l'on ne conçoit que nous devons participer aux vertus éminentes qu'il pratiquait, selon toutes ses qualités les plus sublimes.
Ainsi, quand nous récitons quelque dizain de la Couronne, en y honorant un des titres magnifiques de Jésus-Christ, nous devons entrer en esprit dans son intérieur, pour participer aux vertus principales qu'il pratiquait sous ce même titre. Or il y avait trois sortes de vertus principales en Jésus- Christ, qui composaient tout son intérieur; la première regardait la majesté et la souveraineté de Dieu le Père, et on la nomme sa religion. La deuxième regardait le prochain et tous les exercices intérieurs qu'il pratiquait pour l'avantage de l'homme, et pour ménager son salut et sa gloire; et on l'appelle sonamour envers l'Eglise. La troisième le regardait lui-môme ; c'était son anéantissement, sa douleur, sa contrition et son horreur contre le péché universel, dont il était revêtu aux yeux de Dieu son Père. Il était dans un désir continuel de le détruire; il vivait dans un amourlrès-ardent de la croix, et il désirait de porter toute sorte d'humiliation pour détruire l'orgueil en nous, toute sorte de pauvreté pour détruire l'avarice, toute sorte de douleurs et de souffrances pour anéantir la volupté et les délices, et pour mériter ainsi dans tous les hommes la destruction universelle du péché : et c'est ce que saint Paul appelle la médecine et la purgation de nos péchés : Purgationem peccatorum faciens. (Hebr. i, 3.)
Il n'y a point de croix au commencement du chapelet de Notre-Seigneur, premièrement, pour la même raison pour laquelle au saint jour de l'Adoration des rois on ne dit point le Venile, exsultemus Domino, au commencement de l'Office; car, comme l'Eglise cède aux saints mystères de Jésus-Christ (desquels elle est tout occupée en ce jour) la puissance d'inviter le monde à l'adoration de ce divin Sauveur , elle supprime ce psaume, Yenite, etc., qui n'est que pour inviter à cette même adoration. De même, parce que la sainte couronne de Jésus-Christ est instituée pour honorer non-seulement ses titres d'honneur et ses vertus, mais aussi les sacrés mystères de sa vie, dont un des principaux est celui de sa mort et de sa
passion; et que l'on est obligé pendant toute cette prière d'adorer ce divin Sauveur souffrant et mourant, ce serait inutilement qu'on y mettrait la croix. Secondement, il n'y a point de croix à cette couronne, quoiqu'il y en ait une à celle de la sainte Vierge, pour honorer sa foi, et pour s'y lier intimement, à cause qu'il n'y a point eu de foi en Notre- Seigneur Jésus-Christ, à l'honneur duquel cette couronne est instituée.
t° Sur le premier gros grain, — On récitera Y Ave Maria, et en le restant on se tiendra uni intérieurement à ia foi de la sainte Vierge, adorant les saints et profonds mystères de son Fils, qu'elle ne pouvait comprendre avec toute l'étendue de sa foi.
Snr les trois petits grains suivants. — On récitera trois Pater pour adorer la demeure des trois personnes divines en l'âme de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Ad eum veniemus et mansionem apud eum faciemus (Joan. xiv, 23); si la sainte Trinité demeure dans les fidèles, comme dans le temple qu'elle s'est consacré par le baptême, combien plus demeure-t-elle en Notre-Seigneur Jésus- Christ? Au premier des trois Pater, on adorera non-seulement la résidence du Père, mais encore ses opérations en Jésus-Christ son Fils; on y adorera non-seulement les opérations libres de son amour envers lui, mais encore ses opérations nécessaires et éternelles, comme sa génération divine, par laquelle il se dégorge en lui avec profusion et avec impétuosité, selon ces paroles de l'Ecriture : Puteus aquarum riventium auœ fluuntimpetu de Libano. (Cant. IV, 15.) L'humanité de Jésus-Christ anéanti est comme un puits profond, dans lequel se jettent avec impétuosité les opérations immenses du Père, qui se dégorgent en l'âme de son Fils, quœ fluunt impelu de Libano.
Au second Pater, on adorera les opérations amoureuses du Verbe, comme époux de la sainte humanité de Jésus, à laquelle il s'est lié d'un nœud indissoluble d'amour qu'on ne peut comprendre, et qui n'a pas même été interrompu par la dissolution de la movl.Quod semelassumpsit,nunquam dimisit.
Au troisième Pater, on adorera les opérations religieuses du Saint-Esprit envers Dieu le Père dans le cœur de Jésus, qui est le parfait sanctuaire de notre religion, qui comprend toute l'étendue de la religion chrétienne, et qui est la source unique et totale de l'Eglise universelle.
Sur le premier dizain. — En récitant Y Ave Maria sur le gros grain, on se renouvellera dans l'union de la sainte Vierge, pour honorer Notre-Seigneur Jésus-Christ en qualité de souverain pontife, qui rend pour son Eglise et en son nom à Dieu le Père tous les devoirs religieux qu'il pourrait recevoir de toutes les créatures ensemble. Et pendant que l'on récitera les dix Pater sur les petits grains, il sera bon de se tenir uni à la religion avec laquelle Jésus-Christ faisait cette prière à Dieu son Père.
Sur le second dizain. — El", récitant YAve Maria, il faut se renouveler en ia très-
sainte Vierge, pour honorer Notre-Seigneur Jésus-Christ en qualité de médiateur et pour respecter tout l'amour qu'il portait à son Eglise. Et pendant les dix Pater, après avoir rendu à Dieu les premiers devoirs de respect et d'adoration, il sera bon de se tenir uni continuellement à l'amour et à la charité que Jésus-Christ avait pour son Eglise en récitant cette même prière.
Sur le troisième dizain. — En disant \'Ave Maria, on se renouvellera encore en In trèssainte Vierge, pour honorer Jésus-Christ Notre-Seigneur en qualité d'hostie pour les péchés du monde, et pour respecter l'aversion, la haine et l'horreur qu'il en avait et qui le tenait en tristesse continuelle, jusqu'à ce que l'heure fût arrivée de sacrifier sa vie à Dieu et de mourir pour mettre fin au péché. Tristis est anima me a usquead mortem, et quomodo coarctor usque dum perficiatur. (Matth. xxvi, 38; Luc. xn, 50.) lieu mihi quia incolalus meus prolongatus est. {Psal. cxix, 50.)
Pendant les Pater de cette dizaine, il sera bon de se tenir uni à Notre-Seigneur Jésus- Christ pour participera sa pénitence et pour entrer dans cette haine et cette horreur du péché, dont il était rempli, et pour entrer aussi dans son amour envers Dieu, et dans le désir de lui satisfaire pour les péchés de ses membres, qui composent le corps de l'Eglise.
Avis. — l'Quoique l'on ait ici exposé quelques titres d'honneur de Jésus-Christ, et quelques-unes de ses vertus capitales, néanmoins on est en liberté d'en choisir d'autres, parce que tout est adorable en Jésus-Christ. 2° Nous pouvons nous appliquer particulièrement aux vertus qui nous semblent le plus nécessaires selon nos infirmités et nos besoins. 3° On peut aussi s'occuper des mystères dont on se sent le plus ordinairement touché, et auxquels l'esprit nous porte avec plus d'amour et d'inclination , se souvenant toujours de se tenir unis à la foi de la trèssainte Vierge, qui, au-dessus de toute raison eS de tout sentiment, adorait ces profonds mystères qu'elle ne pouvait comprendre.
OCCUPATION SUR LES GRANDEURS DE LA TRES- SAINTE VIERGE EN RÉCITANT LE CHAPELET.
Sur la croix. — Après avoir fait le signe de la croix, on récitera le Credo, pendant lequel on se donnera à l'esprit de la foi, pour se renouveler dans le respect et dans l'amour de ses maximes, et de tous les mystères qui sont compris en ce symbole, honorant en la très-sainte Vierge l'éminence de la foi qu'elle a eue plus grande que le reste des créatures, et lui en demandant la participation et l'esprit pour toute la sainte Eglise.
Sur le premier gros grain. — En disant le Pater, on adorera l'unité de Dieu, principe de toutes les grandeurs de la très-sainte Vierge et de la perfection de ses états.
Sur les trois petits grains.— En disant les
Ave Maria, on honorera les trois états de la vie voyagère de la très-sainte Vierge.
Au premier Ave Maria, il faut honorer l'état de son enfance, qu'elle passa dans le temple, où, vivant comme une hostie du Dieu, elle adorait incessamment Jésus-Christ sous la figure de toutes les victimes, et se préparait dès ce temps-là au sacrifice de son Fils, qu'elle avait présent à l'esprit pendant qu'elle étaitappliquée au service des prêtres qui offraient à Dieu les sacrifices.
Au second Ave Maria, on honorera l'état de sonsaintmari ige, durant lequel elle a vécu dans une sainteté parfaite, elle a conçu, nourri et élevé Jésus-Christ son Fils, et participé à ses divines grâces; elle a été présente à sa personne et a conversé avec lui. Au troisième Ave Maria, il faut honorer l'état de son saint veuvage, pendant lequel elle a servi, elle a été présente et a participé aux saints mystères de Jésus- Christ ; et après elle a aidé les apôtres à fonder et à maintenir l'Eglise, qu'elle n'a point laissée que lorsqu'elle l'a vue affermie en la foi de Jésus-Christ son Fils.
Sur le premier dizain. — En récitant le Pater sur le gros grain, il faut respecter profondément Dieu le Père en toutes ses perfections et en toutes ses grandeurs divines, qui, étant immenses, ne peuvent être vues et adorées que dans la foi.
Sur les dix Ave Maria, on honorera la sainte Vierge en qualité d'épouse du Père éternel, qui a engendré en elle et avec elle Notre-Seigneur Jésus-Christ.
Il faut honorer en elle tontes les perfections divines et adorables que Dieu le Père a fait passer en sa sainte personne, la mettant en communion parfaite de sa fécondité, de sa sagesse, de sa sainteté et de la plénitude de sa vie divine.
A la fin du dizain, on dira un Gloria Patri, pour louer Dieu le Père d'avoir choisi la sainte Vierge pour son épouse, et de lui avoir communiqué tant de perfections, dont on demandera quelque part pour l'Eglise de
Sur le second dizain. — En récitant le Pater sur le gros grain, il faut honorer le Fils de Dieu fait homme en la très-sainte Vierge, et adorer toutes les grandeurs du Verbe anéanties dans la chair au divin mystère de l'Incarnation (235).
Pendant les dix Ave Maria, il faut respecter la sainte Vierge comme Mère du Fils de Dieu, et honorer en elle la vie du Verbe incarné, avec tout l'intérieur et tout l'extérieur des vertus qu'il «st venufonder en son Eglise par l'Incarnation, comme sont sa patience, sa pauvreté, sa chasteté, sa douceur, son humilité et les autres vertus chrétiennes que Dieu n'a pu avoir en soi que par ce saint mystère.
A la fin du dizain, on dira le Gloria Patri, pour remercier Dieu le Fils d'avoir choisi la sainte Vierge pour sa Mère, et de l'avoir rendue le modèle parfait de la vie chrétienne,
(235) Semelipsum exinanivit. ( Phitip, u, 7.)