OCCUPATION DANS LUSAGE DU FEC
Je vous adore, mon Dieu, qui êtes, qui vivez et qui opérez en toutes choses.
Je vous adore, le tout universel, qui êtes en vous éminemment tout ce qui paraît en la terre et au ciel.
Je vous adore, feu immense, feu vivant, feu consumant. Je vous adore en votre infinité, en votre ardeur et en votre activité.
Tout ce que nous voyons ici-bas de vous sur la terre, tout ce qui nous exprime le feu de votre essence, tout cela n'est rien, ô mon Dieu, auprès de ce que vous êtes.
Le feu qui est au centre de la terre, et le feu qui environne les cieux; ces feux, qui sont effroyables en «rdeur, prodigieux en grandeur/ne sont tous que des fantômes et des ombres en votre présence.
O Dieu, que vous êtes grand, que vous êtes adorable 1 que touto créature au ciel, en la terre et aux enfers, fléchisse les genoux devant vous.
Je vous adore, ô mon amour, qui faites veir sous cet élément quelle est votre charité. Vous nous voyer ici défaillants et en langueur; le froid" nous ruine, il nous interdit l'usage de la vie, et aussitôt vous paraissez pour nous soulager.
Vous montrez, ô mon Dieu, votre charité et votre face aimable sous cet élément, sitôt que nos besoins vous y appellent.
Avant que nous eussions besoin de ce soulagement, vous étiez caché dans ce bois sous une autre forme. Aussitôt, ô mon Dieu, qu'on vous a demandé, vous avez paru comme feu, vous avez découvert le rideau où vous étiez caché, vous avez fait sentir la vertu de votre être, vous avez pris sur vous cette forme extérieure pour vous montrera nous, pournousfaire sentir votre opération, et pournous obligera vous aimer et à vous bénir de tant de biens que vous nous faites ; vous nous faites sentir le soin que vous avez de nous.
O le doux moyen dont vous usez par votre providence pour maintenir les choses que vous avez créées 1 Le feu intérieur qui est caché en nous et qui compose notre substance avec les autres éléments; ce feu, disje, ô mon Dieu, se trouve parfois affaibli par la rigueur et par la violence du froid qui nous assiège : ô mon Dieu, c'est à vous à le conserver et à trouver en votre sagesse les moyens de le maintenir.
Vous avez trouvé ce feu extérieur qui tempère ici l'air froid qui nous afflige, pendant qu'ailleurs il ne laisse nas de régner.
Le froid ne laisse pas de s étendre partout pour purifier tout, pendant qu'en ce lieu il n'a point de force.
Durant ce temps, ô mon Dieu, je vous ai grande obligation de ce que vous opérez avec tant d'amour et de sagesse sur moi ; car dans la campagne où je ne pourrais subsister maintenant, vous purifiez par le froid
l'air et la terre pour mon usage
et ici où je suis, et où l'extrême froid- me pourrait empêcher de vous servir, m'interdisant l'usage de mon corps et de mon esprit, c'est où vous chassez le froid par votre sainte présence
Vous vous faites sentir dans votre opération puissante et vigoureuse, pour nous aider et nous secourir.