‹ uvres complètes de M. OlierChapitre 87 sur 394 · ÀOTRE OCCUPATION POUR LE SAINT TEMPS DES MALADIES · texte numérisé non relu

ÀOTRE OCCUPATION POUR LE SAINT TEMPS DES MALADIES

Je livre donc mon âmeà votre Saint-Esprit, afin qu'il se répande en moi et me remplisse de lui.

O mon tout, que je puisse être perdu en vous, que mon âme se noie en votre Esprit, et qu'étant revêtue de vous, elle entre dans les sentiments et dispositions intérieures, dans lesquels vous avez souffert pour la gloire de Dieu.

O mon Seigneur Jésus-Christ, je ne veux pas savoir quels étaient les pensées, les sentiments, les internions et les dispositions de votre Esprit quand vous souffriez sur la terre; c'est assez, ô mon tout, que vous permettiez au plus indigne de tous vos serviteurs de les adorer en silence et de les révérer en son cœur.

C'est assez d'adorer ce qui se passe dans le sanctuaire de votre âme sans y vouloir pénétrer. Voire pureté et ma misère, votre majesté et mon néant, votre sainteté et mes crimes m'en retiennent, ô mon bien.

0 mon Dieu et mon tout, j'adore et je révère de tout mon cœur toutes vos saintes

LA JOUKNEL CHRETIENNE. — PART, h

dispositions ; je les désire à vos fidèles, puisque vous désirez de les leur bailler.

EspritsaintdeJésus, qui êtes venu opérer en lui les dispositions de son âme, qui êtes venu par lui dans nos âmes pour continuer a souffrir en elles, je vous conjure de leur donner les mêmes sentiments et dispositions de Jésus-Christ, vous qui voulez rendre l'Eglise une même chose avec lui. Les âmes, ô mon Dieu, qui d'elles-mêmes soin incapables de s'élever à vous dans leurs souffrances, trouvent en votre Esprit l'union parfaite avec vous dans le temps du trouble et de l'agitation de leur corps; lésâmes, qui maintenant sont temples du Saint-Esprit, lequel demeure en elles, sont remplies de mille vertus et de mille grâces qui leur sont inconnues.

Vous êtes, ô mon Jésus, le chef de toute votre Eglise et de tous les hommes; vous avez en vous seul ce que vous partagez à vos âmes, vous avez ia plénitude, vous êtes la source et nous n'avons que les ruisseaux.

Nous adorons et nous reconnaissons en vous tout le bien qui nous arrive, nous savous l'usage qu'en votre Esprit vous avez fait de notre vie, nous savons aussi le saint usage que vous avez fait de nos souffrances, etde toutes celles que vous avez prévu que le corps de votre sainte Eglise devait porter.

Vous avez opéré et souffert dans les dispositions les plus saintes et les plus pures qui puissent être.

Vous avez autrefois accepté intérieurement, durant votre vie, ce que je souffre à présent dans le fort de mes peines.

Vous avez enduré avec paix, avec joie, avec plaisir; vous avez aimé ces souffrances dans toute l'étendue de votre amour, et vous voudriez bien, ô mon Seigneur, que votre Esprit en moi portât ces mêmes peines dans vos mêmes sentiments et dispositions.

Vous voudriez bien, ô mon Dieu, que mon âme se trouvât disposée à recevoir les impressions du Saint-Esprit, telles qu'autreiois cette belle âme de votre Fils les recevait en ses souffrances.

Votre Esprit divin est bien le môme qui était en Notre-Seigneur;il a la même sainteté et la même puissance qu'il avait en lui ; mais nos âmes, ô mon Dieu, se trouvent bien éloignées de la soumission qu'il avait à votre divin Esprit.

O mon bien, ô mon tout, vous nous voyez abandonnés à votre grâce pour recevoir en nous les impressions de votre Esprit ; nous sommes entre vos mains pour endurer en la manière qu'il vous plaira, pour souffrir dans les intentions que vous vouJrez.

Mon Jésus, je sais bien que vous avez souffert dans toutes les intentions possibles d'honorer votre Père, je m'y unis dans ma bassesse, et je donne mon âme à votre Esprit pour y entrer.

Je ne puis ignorer, ô mon bien, que vous avez souffert pour mes péchés ; que vous avez voulu faire porter à votre corps les peines dues à mes offenses.

Mon tout, je m'abandonne à votre esprit

pour porter en sa patience, en son humilité, en sa confusion, en sa douleur, en un mot, en sa pénitence, les maux qu'il vous plaît que j'endure.

Je ne puis souffrir, ô Sauveur, 6 saint médiateur de mon âme en ma propre vertu ; mais, 6 mon bien, votre Esprit qui ,esl toujours aux Chrétiens, qui est toujours présent aux âmes qui sont en grâce, votre esprit est notre refuge.

Je ne puis souffrir en ma patience, en ma contrition ni en ma pénitence, car je n'en puis trouver en moi ; mais votre Esprit est celui dans lequel on trouve toutes choses; on y trouve le bien de toute votre Eglise : souffrez donc ô mon bien, que je les cherche en vous.

Je me mets donc en vous intérieurement et je plonge mon âme en votre Esprit.

J'unis le plus intime de mon esprit au vôtre, pour n'être qu'un avec vous : Qui adhœr et Domino unus spiritusest. (I Cor, vi, 17).

En cette union, 6 mon Sauveur, je me sens tout fortifié en mon intérieur.

En cette force, ô mon Sauveur, et en cette vigueur secrète, je ne cesse pas pour cela de souffrir: mais c'est ce que je veux, et je ne vous demande que de la vertu et de la patience pour endurer.

Votre Esprit peut donner de la force a toute l'Eglise, il en a donné à tous les martyrs qui nous ont précédés; ils sentaient bien leurs peines, mais ils avaient en vous la force de les porter.

Je suis ainsi à vous, ô mon Seigneur, je m'abandonne à votre Esprit pour supporter en votre grâce tout ce que je ne puis endurer en moi-même.

Mon Dieu, mon bien, toutes ces âmes des martyrs, ces âmes pures et innocentes ont souffert tant de feux, tant de tourments intolérables; et moi, ô mon Dieu, ne souffrirai-je pas en vous l'ardeur de cette lièvre?

Ils ont bien enduré qu'on les ait écorchés, qu'on leur ait arraché les entrailles ; et moi, mon Dieu, pour mes péchés n'endurerai-je pas cette colique, ne souffrirai-je pas ces ulcères qui affligent mon corps ?

O mon bien, il est juste, faites tout ce qu'il vous plaira; une chose sais-je bien, que s'il y a justice en mes souffrances, il y a encore plus de votre miséricorde.

Est-il pas vrai, mon Dieu, que vous destinez à l'enfer les âmes qui vous ont offensé; et qui, après avoir trouvé la rémission de leurs crimes dans le sang de Jésus-Christ, se moquent encore de vous et vous méprisent par leurs péchés?

Serait-il pas juste que, pour de si grands péchés, une âme comme ia mienne fût damnée à jamais?

Serait-il pas juste qu'à tout jamais je fusse dans les flammes et dans les tortures de ces âmes damnées, que la rage des démons et votre justice qui les anime, accablent de différents tourments ?

Mon Dieu, si après cela je ne péris pas, si à présent je ne suis pas en ce.t

qui m'en de? Oui i

étiit si misérable, qui m'en a exempté que votre miséricorde ? Qui m'a retiré de la mort et de la damnation que la mort de Jésus et sa condamnation aux tourments de la croix?

Donc, ô miséricorde, au milieu de mes maux qui ne sont que des fantômes au prix de ce qui m'est dû, je vous bénis, je vous loue, je vous adore à tout jamais.

Hélas, mon Dieu 1 je n'ai garde de me plaindre de ma douleur, je n'ai qu'à m'aflliger de mon péché et à adorer votre saint amour qui me traite avec tant de douceur.

Soyez toujours en moi, ô mon Seigneur Jésus, pour me faire connaître mon péché, et ce que j'ai mérité d'endurer à jamais dans l'enfer.

Faites-moi la miséricorde qu'en yous je rende a Dieu des actions de grâces perpétuelles du bien qu'il me fait à présent de me faire porter cet avertissement de la peine que je devais souffrir par justice en enfer.

Heureuse pénitence qui se fait en Jésus- Christ.

Si ces souffrances si légères, et si ces maux si faibles sont acceptés de Dieu, je De puis qu'en reconnaître mon Seigneur Jésus, qui les endure en moi, et qui les sanctifie par sa sainteté même.

Mes souffrances légères, portées par un corps si impur, animées par une âme si lâche et si noircie de péché, ne peuvent être reçues de Dieu ; un seul Jésus en moi, uni à mon esprit et les portant en son amour, les rend agréables à Dieu le Père.

A vous donc, Père éternel, honneur et gloire de m'avoir regardé pour me faire porter une si douce pénitence.

Et à vous, ô monJésus, louange et amour éternel, d'avoir rendu ces petits maux agréables à Dieu par la vertu intérieure de votre sainte présence.

Je n'ai point, ô mon Dieu, d'autre assurance de ce que je dis, que la foi et la confiance que j'ai en votre amour. Vous avez souffert pour tous, et vous êtes en tous pour faire en eux leur pénitence.

Vous l'avez faite une fois pour tous en général; vous la voulez encore faite en tous en leur particulier, et communiquer ainsi à un chacun, par vous-même, le bien que vous leur avez acquis.

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