‹ uvres complètes de M. OlierChapitre 90 sur 394 · CTES QCAND ON VA AUX CHAMPS, OU A LA PU0MKNADE · texte numérisé non relu

CTES QCAND ON VA AUX CHAMPS, OU A LA PU0MKNADE

En découvrant les béantes Je la campagne en général.

Mon Dieu, je vous adore en toutes vos créatures, je vous adore, véritable et unique soutien de tout le monde ;, sans vous rien ne serait , et rien ne subsiste qu'en vous.

Je vous aime, ô mon Dieu, et je loue votre majesté, paraissant sous l'extérieur de toutes les créatures.

Tout ce que je vois, ô mon Dieu , ne sert qu'à exprimer votre beauté secrète et inconnue aux yeux des hommes.

Vous êtes au fond de tout , et paraissez, sous chaque chose, en quelqu'une de vos perfections.

Vous paraissez sous des corps sensibles aux yeux de tous les hommes , lesquels ne peuvent vous voir en vous-même, qui êtes un esprit invisible , et qui ne pouvez être aperçu de nous. Vous vous rendez sensible sous'touies choses, pour être aimé, loué et admiré de toutes sortes de créatures. Je vous adore par la foi, tel que vous êtes en vous, et je vous adore tel que vous me paraissez par le secours de mes sens , au dehors de vous-même.

Mon Dieu , vous êtes bien plus b'eîn et plus parfait en vous que tout ce que je vois répandu dans le monde. Jl n'y a que ligure eu tout ce que je vois, il n'y a de vérité que dans vous-même, tout me sert de peinture pour adorer l'original, qui est vous, ô mon grand tout ; tout ceci ne me sert que comme d'un corps sensible pour adorer l'esprit caché qui réside au dedans de ces créatures et quia semé en elles ces couleurs pour peindre ce qu'il est en lui-même.

Mon Dieu, quoique vous vous soyez c;iché sous ces créatures, pour m'avertir de tout ce que vous êtes, et pour m'obliger d'adorer vos beautés, vous aurez encore eu beaucoup d'autres desseins que je ne connais pas.

Je vous adore dans les desseins secrets de votre sagesse éternelle, en la création de l'univers.

Surtout, o mon Dieu, je vous dois remercier d'avoir fait tout ce beau monde, pour me faire du bien.

Vous avez mis dans ['Eglise des sacrements sous lesquels vous opérez dans nos âmes ; vous avez mis dans le monde des créatures sous lesquelles vous opérez en nos corps. Autant que je vois de créatures , ou dans le ciel ou dans la terre, autant j'admire de vaisseaux de voire fécondité, de votre libéralité envers nous.

Dieu, être très-parfait, vous n'êtes pas un être oisif, et une «-ub^lancc inutile; vous faites voir par tous ces êtres qui se répan-

dent en nous, et qui versent sur nous leur influence, quelle est votre fécondité. Tout ce qu'ils expriment, ô mon Dieu, n'est rien auprès de cette unique et simple fécondité qui réside en vous , par laquelle vous engendrez votre Verbe et répandez en lui l'infinité de votre essence.

Ohl que tout l'être de toutes ces créatures en leur distinction et multiplicité dit peu de choses de vous! Oh! que tout périsse devant mes yeux, puisqu'il me donne si peu à voir de ce que vous ête»!

En un moment j'aurais vu ce que vous êtes , et je vous concevrais en votre vérité dans l'unité de votre essence; mais ici, mon tout, en mille années je ne concevrai rien de ce que vous êtes, et j'aurai mille idées inutiles qui se confondront en mon esprit. En attendant, mon Dieu, faites que je vous voie par la foi, et que je vous regarde par sa lumière mille fois plus sublime, plus pure, plus certaine, et qui dit plus elle seule que tout le monde ensemble.

Je vous adore, ô uion Dieu, en toutes vos beautés et perfections, telles que vous les possédez en vous-même.

J'adore votre splendeur et votre majesté, plus belle mille fois que celle du soleil.

J'adore votre fécondité , mille fois plus admirable que celle qui parait dans le» astres.

J'adore votre vie, infiniment plus agréable que celle qui [tarait dans les fleurs.

J'adore votre activité, infiniment plus agissante que celle qui parait dans le feu.

J'adore votre stabilité , infiniment plus arrêtée et plus solide que celle de la terre.

J'adore votre subtilité, infiniment plus délicate que celle qui parait dans 1 air.

J'adore votre douceur et votre calme , mille fois plus paisible que celui de nos fleuves.

J'adore votre étendue, mille fois plus vaste et immense que celle de l'Océan et des mers qui enferment le monde.

J'adore voire hauteur, un million de fois plus sublime que les montagnes que je vois.

J'adore votre vitesse, qui passe celle des cicux.

Mon Dieu , dans vos ouvrages, rien nest comparable à vous.

Quand on voit le soleil.

Mon Dieu, je vous adore en ce bel astre , OÙ vous habitez comme en votre tabernacle : In sole posuit tabernaculum suum.

(Psal. xvin, 6.J

J'y adore et j'y conçois une idée légère de ce que vous êtes en vous-même.

Vous êtes un en vous-même, vous êtes très-simple en votre vie et en votre substance; et toutefois, mon Dieu, vous donnez la vie à une multitude innombrable de créatures toutes distinctes et différentes, qui ne subsistent et qui ne vivent que par vous.

N'avez-vous pas, mon Dieu, exprimé celto merveille? n'avez-vous pas montré dans le

soleil, qui e>t unique et simple en sa substance, que les vies (le imites les créatures étaient dépendantes d'un seul ?

S'il court par tout le monde, c'est pour annoncer partout cette vérité, que vous êtes le l'ère de lonle la créature et la source de vie de tout ce qui subsiste.

Et lorsqu'il ^a donner aux créatures l'achèvement et la perfection de la vie qu'elles reçoivent de vous , vous nous montrez que vous avez en unité et en perfection éminrivte en vous seul la vie qui se voit répandue dans les créatures. Vous vous êtes mis en lui, comme dans un trône, d'où vous vivifiez tous les morts et toutes les créatures qui languissent dans le tombeau de la terre, où elles n'avaient que la semence de la vie-, que vous leur fournissez par cet astre.

O mon Dieu, mon bien et ma vie, tout rrépencl de vous; et si pour un moment vous cessez de donner l'être et la vie aux créatures, on verra tout périr.

Vous nous enseignez celte vérité dans ce bel astre, qui souffrant quelque éclipse et trouvant quelque empêchement de verser ses influences sur la terre, laisse tout en langueur.

Nous, ô mon Dieu, qui usez des rayons «lu soleil, pour porter dans la terre la vie et la vigueur à toute chose, vous faites expérimenter par la privation de leur influence que c'est par eux que vous opérez dans le monde.

Nous voulez, ô mon bien, qu'en même temps que l'on voit les créatures se réjouira son lever, se tourner vers lui et s'ouvrir à lui pour en recevoir la vie; vous voulez, dis-je, que nous vous adorions en lui, et ijtie nous arrêtions notre regard sur vous, protestant avec religion qu'il ne vous sert que de couverture et de conduite pour porter votre vie dans le monde (241), pnisqu'en effet, il n'y a rien en nous qui ne vienne rie vous.

Aussi est-ce vous, ô mon Dieu, que toutes les créatures regardent, elles vous rendent hommage, comme à leur Souverain, et vous reconnaissent en cet astre comme le roi et le principe de leur vie.

En lui toutes les créatures vous sont esclaves, toutes sont en hommage envers vous : là, vous recevez les adorations et les respects insensibles de l'œuvre de vos mains.

Mais, ô grand tout, ce sont des devoirs bien bas et bien indignes de votre souveraine majesté. Jésus-Christ est venu vous rendre les devoirs de toutes les créatures ; il faut que ce soit lui qui les anime, qui par elles vous adore comme l'auteur et la source de tout . et qui vous remercie de, toutes vos profusions.

0 Seigneur, ô amour de notre cœur, qui êtes vous-même un soleil, faites pour nous ce que vous faites pour vos créatures insen-

sibles; remerciez votre Père pour nous, puisque vous ne souffrez pas qu'il demeure sans honneur et sans reconnaissance pour tout le bien qu'il fait : vous le ferez tout d'un coup, et pour elles et pour nous, qui sommes obligés à Dieu de tout le bien qu'il nous a fait par elles.

Nous sommes accablés de bienfaits; il nous donne, et dans la grâce, et dans la nature, tout ce qui peut se concevoir et plus que l'on ne peut comprendre. 0 mon Seigneur, qui seul comprenez tout , faites-mous ceite charité et cette miséricorde de le vouloir remercier de tout.

Ce n'est pas, mon Seigneur, que nous voulions nous rendre paresseux à rendre nos devoirs pour ces profusions, ni que nous voulions demeurer ingrats et muets, parce que vous remerciez votre Père pour nous :non, mon Seigneur, car nous voulons nous perdre et nous abîmer en votre esprit, et entrer ainsi en vos louanges et en vos remereîments envers Dieu.

Nous voulons , autant qu'il est possible, entrer en votre religion envers lui. Mais parce que nous ne connaissons quasi rien des biens qu'il nous fait, et que nous n'avons rien en nous qui puisse lui plaire et lui agréer, il faut nous adresser à vous et rechercher en vous de quoi lui satisfaire.

Soyez donc, ô mon Seigneur, notre supplément unique; et vous qui valez seul plus que toutes choses, soyez seul offert et présenté à-Dieu pour nous.

Autre occupation sur le soleil.

Je vous salue, image de Jésus-Christ mon maître, vous èles cette émanation première de mon Dieu , en sa lumière et en sa splendeur.

Dieu dans l'éternité engendre son Verbe, comme une lumière qui procède de la lumière, un Dieu qui émane d'un Dieu. Dieu en la première production du monde forme la lumière, et l'attache au soleil qui reinpl t tout le monde de clarté; ainsi dans la formation du monde nouveau Jésus -Christ éclaire tous les hommes. Illuminât om-nem hominem venientem in hune tnundum. (Joun. i.9.) Qui dixit de tenebris lucemsplcndescere, ipse illuxit in cordibus nos tris. [II Cor. iv, 6.)

Jésus-Christ, mon soleil, vous remplissez de votre vertu vos sacrements , qui sont comme des planètes et des astres qui soutiennent le monde.

Faites, ô beau soleil de justice, que jamais votre lumière ne défaille sur nous, que jamais votre Eglise ne- sente votre éclipse, qu'à jamais votre clarté et vos saintes influences se répandent sur nous.

Sans vous tout périrait, ô mon Seigneur Jésus, puisque Dieu vit en vous pour éclairer le monde, et pour le vivifier.

Dieu éclaire le monde en vous et par

(241} Levavi orulos meos in montes, n:.de avxiùum

nuxiltum meum a Domino. (PseL cxx, t.)

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