DES CEREMONIES DE LA GIUND'UESSE. — LIV
Notre-Seignour en son divin sacrifice re- qu'il exprime diversement toutes les cho-
jirésente à Dieu son Père tout ce qu'il y a. eu .ses; ce qui est nécessaire à l'Eglise» laquelle
d'agréable à ses yeux, soitdevant, soit après ne pénètre .pas tout d'un coup au dedans des
«avenue; et selon qu'il présente diverses mystères, à cause du voile qu'elle a sur les
choses , il prend aussi divers vi>ages et di- yeux. Le peuple juif en portait un qui était
vers sentiments. Par exemple en l'introït, la ligure de celui-ci , et qui nous m'onlra't
où il parle par les prophètes, et dans les qu'un jour nous aurions un bandeau sur les
.sentiments qu'il leurdonnail pour sa venue, yeux , qui est celui de notre foi, au travers
où il exprime aussi parfois ceux de Dieu son duquel nous n'aurions pas le pouvoir depe-
Père pendant ce te ii * . il use d'autres ter- nélrer, etde voir clairement l'intérieur des
mes, et fait paraître d'autres dispositions mystères qui se passent devant nous; et
qu'à la fin de la .Messe en la postcommunion, que pour cela nous aurions besoin de ligu-
où les sentiments sont tousde gratitude pour res et de cérémonies, pour nous montrerait
les mystères passés , ou pour les grâces ac- dehors ce qui se passe au dedans, et pour
cordées aux saints. Tout au contraire, les nous faire voir dans des images ce que nous
premières paroles qui sont tirées de l'an- ne pouvons voir dans la vérité , jusqu'à ce
cienne loi et les oraisons, sont des senti- que le voile du temple de notre cœur soit
ments de soupirs et d'attente pour Jésus- cassé, pour nous donner l'ouverture des
Christ et pour son Eglise, qui est son ac- mystères du ciel; ce qui sera quand le corps
plissement pour la plénitude de la gloire et aura été crucifié en terre, et que parla
de la louange de Dieu. mort il aura été séparé de l'esprit, pour lui
On voit même parfois notre Sauveur dans laisser la liberté d'entrer où la chair dans
le prêtre prier tantôt bas, tantôt haut; tantôt son impureté n'a point d'accès si elle n'e&l
chanter par noies , tantôt chanter d'un seul renouvelée.
ton ; tantôt chanter avec des orgues, et tan- Les figures, les images et les cérémonies,
tôt sans les orgues , pour exprimer la diver- nous servent pour les choses passées, et
site des louanges qu'il offre à Dieu son Père même pour les présentes, qui sont rendues
flans le ciel. Il offre là tout d'un coup etdans absentes et éloignées par leur obscurité; ne
un moment tousses devoirs et ceux de sen même que les figures autrefois servaient au
Eglise dans toute leur étendue : il offre tou- peuple juif pour les choses à venir par lin -
tes les prières qui ont jamais été offertes vention d'un Dieu amoureux, et soulagea;,!
sur la terre dans l'Ancie.i et. dans le Nouveau son peuple autant qu'il s'en rendait oigne
Testament par les prophèes, les patriar- par sa soumission et sa fidélité. Et comme
ches, les apôtres, les disciples et 'eur suite, les figures en l'ancienne loi , et môme les
Il offre aussi ses prièies particulières qu'il paraboles en la bouche de Notre-Seigneur,
a fanes à Dieu dans le fond de son cœur ; il aveuglaient les uns et éclairaient les autres ;
offre en même temps toutes les louanges des de même les cérémonies dans l'Eglise de
bienheureux et des anges du ciel. D'où vient Dieu, sont entre les mains de l'esprit pour
que voulant exposer tout cela à son Eglise, exciter les uns au respect et à I amour de
et lui mettre devant les yeux ce qui se passe Dieu ; et les autres, comme les libertins et
dans ce mystère, et la multitude des grands les hérétiques, en deviennent plus impics
biens qu'il présente àsonPèreen unité d'es- et plus irréligieux par le mépris qu'ils eu
prit dans le sacrifice ; de là vient, dis-je , font.