CHAPITRE PREMIER. les cérémonies servent à expliquer au peu
, . , ,. .... pie ce qui se passe dans le secret du sacre- Ce que représente te prêtre, le diacre et le mgljt ^ , étant caché dans ]a ,0J doj|
sous-diacre, en ce sacrifice. èlre révé|é seasiblement au peuple, afin
Pour entendre les cérémonies de la très- qu'il le respecte par la vue des grandes cho-
sainle Messe, il faut concevoir le fond du ses qu'on lui montre, etqui l'obligent à une
mystère, et comprendre ce que contient ce extrême révérence de cequi se passe devant
très-auguste et ineffable sacrifice, parce que lui.
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OEUVRES COMPLETES ftr. M. OL1F.K.
Le irès-saint cl très-vénérable sacrifice do
ki Messe est l'acte qui comprend tout acte de religion, et tout ce qui peut Être offert à Dieu pour son honneur et pour sa révérence.
Ce sacrifice comprend tous les devoirs qui ont jamais été offerts à Dieu, soit par les hommes ou par les anges, soit dans l'Ancien, soit dans le Nouveau Testament. C'est l'abrégé des mérites et des louanges de Jésus-Christ et de ses membres ; c'est l'abrégé des sentiments d'amour, d'honneur, de respect, et de tous les devoirs de la religion.
C'est tout ce qu'il y a et qu'il y aura de saint; car c'est l'offrande que fait Noire- Seigneur de lai-même, et des mouvements adorables et religieux de son esprit, qu'il a répandus par avance dans l'ancienne loi, et auparavant dans les anges; qu'il a continué de répandre après sa venue dans les cœurs de ses apôtres et de ses disciples, et qu'il continuera de répandre dans le cœur des saints jusqu'à la tin du monde, qui ne subsiste que pour servir aux membres de Jésus- Christ, dans lesquels le Saint-Esprit opère l'honneur et la louange île Dieu le Père de Notre-Seigneur Jésus-Christ, jusqu'à ce que ce corps mystique soit formé, et que cet homme pariait soit accompli dans la mesure et l'achèvement ue tous ses membres.
Ce sacrifice, qui est comme l'achèvement du sacrifice de la croix, est eucharistique, et sert à l'Eglise d'action de grâces pour les bienlails mérités par Jésus-Christ.
11 est impétratoire de ses grâces; et comme sacrement, il est aussi applicatif de tous ses biens une fois mérités en la croix, et obtenus à l'Eglise par l'offrande que Jésus-Christ a faite de lui-même et de tous ses mérites.
Le Fils de Dieu en ce sacrifice offre au Père éternel tout ce qu'il a jamais fait et souffert à sa gloire : il otfre ce qu'il a fait par lui et par auL-ui, et ce qu'il a souffert en lui et en autrui ; en sorte que tout ce que l'on voit exprimé dans les cérémonies sert, comme nous avons dit, pour expliquer au peuple, et lui metire devant les yeux ce qui se passe dans le secret de l'offrande de Jésus-Christ , offrant avec soi celte hostie admirable de l'Eglise, revêtue de ses mérites et de ses louanges ; soit dans l'un et l'autre Testament, soit dans les anges et dans les hommes : en un mot, il s'offre lui-même au Père éternel en toute son étendue, pour obtenir miséricorde à son Eglise, et achever son corps pour le glorifier.
Notre-Seigneur a eu deux corps de religion, qui pourtant'n'étaient qu'un eu esprit, d'où il a tiré et doit tirer tous ses membres.
Le premier est le corps de la religion des Juifs, qui s'appelle la Synagogue, et l'autre est le corps ue la religion des Chrétiens, qui se nomme l'Eglise. Et Jésus-Christ, qui comme chef est au-dessus des deux, s'offre incessamment à Dieu dans la société de tous les saints de l'une et de l'autre compagnie. Ce sont ces deux corps, à savoir, de l'Ancien et du Nouveau Testament, avec lesquels Notre-Seigneur marche devant son Père, et
se présente à lui dans son temple du paradis. C'est la vérité que noire sacrifice représente, où le prêtre accompagné du diacre et du sons-diacre, vient paraître devant l'autel qui signifie le sein du Père, dans lequel Jésus-Christ présente son sacrifice.
Le prêtre monte à l'autel au milieu du diacre et du sous-diacre, comme Notre-Seigneur montera dans la gloire au milieu des bienheureux, tant de l'un que de l'autre Testament.
Le diacre et le sous-diacre servent à exprimer en leurs fonctions et ministères, l'étal, la disposition, la conduite et le rapport du Vieux et du Nouveau Testament envers Jésus-Christ, de qui ils sont l'étendue et la dilatation, de môme que le diacre et le sou-diacre sont celle du |>rèlre, qui doit contenir en soi tonte la piéié et la religion de l'un et de l'autre Testament expliqués par les divers ministères, et par les fonctions différentes du diacre et du sous-diacre.
C'est la principale et plus naïve représentation qui paraisse dans l'exercice des fonctions de ces trois personnes, à laquelle nous nous attacherons particulièrement, quoiqu'on en puisse donner d'autres qui contiennent quelque chose de différent, telle qu'est celle qui s'ensuit, laquelle nous proposons, pour en donner seulement une vue a--sez confuse, sans que nous prétendions la poursuivre dans la suite de ce traité.
On peut donc convenir que le piètre accompagné du diacre et du sous-diacre* représente Notre-Seigneur entier en ses diverses qualités et fonctions. Tous les trois ne représentent qu'un Jésus-Christ. Le prêtre est l'image de Notre-Seigneur ressuscité et glorieux, offrant au Père éternel son sacrifice daus le ciel. D'où vient que son élévation de trois marches au-dessus de la terre, montre que Notre-Seigneur s'est élevé au-dessus des trois hiérarchies des anges pour entrer dans le sein de Dieu, et lui offrir le sacrifice de louange, comme il était autrefois représenté par le grand prêtre entrant dans le Saint des saints, environné de parfums et perdu dans les encens, qui figuraient ce même sacrifice. C'est pour cela même que le prêtre entrant à l'autel, y offre de l'encens qui signifie les louanges de Jésus-Christ et de ses saints. Cet encens se donne presque toujours par trois coups; et chaque fois pour honorer les trois personnes de la trèssainle Trinité. Ce qui se l'ait parfois en rond, pour montrer que ces louanges seront éternelles, et que ce sacrifice sera offert à jamais. iMêuie ces cercles représentent la mutuelle correspondance et l'accord des saints et des anges qui se répondent, qui chaulent comme à 1 envi l'un de l'autre, et qui font un accord éternel par un saint circuit de leurs louanges : Sanctus, Sanctui, Sanclus.
(Juoiquc le prêtre représente ainsi Noire- Seigneur Jésus-Christ dans l'état de sa gloire, il ne laisse pas de porter sa croix sur ses habits, et la marque de la passion en ses ornements; pour l'aire voir, premièrement, que ce saint sacrifice a élé mérité à l'Eglise