‹ uvres complètes de M. OlierChapitre 99 sur 394 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Des ornements du prêtre.

Du surplis. — Quand le prêtre se revêt du surplis, il peut dire celte oraison : Indueme, Domine, novum hominem, qui secundum deum creatus est injustitia et sanetitate veritalis : Revêtez-moi, mon Dieu, de l'habit intérieur de votre résurrection et de votre nouvelle vie, par laquelle le nouvel homme et le Chrétien est intérieurement rempli des sentiments et des dispositions de justice rapportant tout à Dieu, et lui déférant tout honneur, sans réserver à soi-même que le mépris et l'oubli ; comme aussi il est mis dans une vraie séparation des créatures, étant anéanti en ses premières affections, et entièrement porté à Dieu, et appliqué à lui seul.

De l'amie t. — A l'amict, on dit : Impone, Domine, capiti meo galeam salutis, ad expugnandos diaboiicos incursus : Mon Dieu, revêlez-moi en terre, montant à votre autel qui est l'image du paradis, de la force et vigueur de la foi, et de l'espérance du salut, pour me rendre fort contre le démon, comme les bienheureux le sont par la lumière de gloire, afin que je puisse repousser vivement toutes ses attaques : Cui resistite fortes in (ide. (1 Petr. v, 2.) La foi est une arme toute-puissante contre les malins, elle a sa résidence dans l'esprit comme en la partie la plus importante, et qui étant gagnée, entraîne avec soi toute la créature; L'Ame

éclairée

o par ta i ,i luinièr

foi et bien établie en sa force et en sa lumière, est toute-puissante comme le bienheureux qui jouit du salut; et étant bien épurée dans la seule jouissance de la foi, elle est déjà en possession d'une lumière de gloire commencée , comme l'expérience le fait voir en plusieurs, qui voient comme sans ténèbres et sans obscurité les plus belles vérités de la foi.

De l'aube. — On parle en cet esprit, se révélant de l'aube. Dealba me, Domine, et mund'i cor meum, ut in sanguine Ai/ni deatbatus, gaudiis merear perfrui sempiternis : Purifiez mon cœur, et le sanctifiez dans la charité, de même que mon esprit dans la loi, afin qu'étant blanchi dans le sang de l'Agneau, et renouvelé en Jésus-Christ, je commence à jouir en esprit à l'autel de la joie des hieni eux, attendant la parfaite béatitude, dans laquelle j'offrirai le sacrifice avec, vous dans la gloire et dans la parfaite félicité.

De la ceinture. — En prenant la ceinture, on dit : Prœcinge me. Domine, cingulo puritatis, et exstingue in lumbis miis humorem libidinis, ut maneat in me virlus continent ice cl castitatis. Le don que demande l'Eglise par celte prière, est aussi un don du paradis; elle prétend avoir droit de l'obtenir, puisqu'il y va de faire dans la terre l'action la plus haute qui se célèbre dans le ciel. C'est la don de continence qu'elle demande à ce sujet, n'étant pas contente d'avoir demandé les dons divins de la foi et de la charité, qui occupent et remplissent l'entendement et la volonté. Elle souhaite pour le reste de l'Âme, pour la partie inférieure , une puissance souveraine qui contienne en modestie et retenue ses sens mutins et libertins qui pourraient s'échapper pendant les saints mystères : ce qui est un don parfait du paradis, où la grâce et la vie divine est maîtresse absolue sur toutes les puissances supérieures et inférieures de l'âme.

Il faut que le prêtre, pendant les saints mystères, soit tout à fait divinisé, comme étant dans le ciel : il faut qu'il n'use purement de ses sens que pour la nécessité îles saints mystères, sans que jamais il paraisse qu'il les laisse égarer par curiosité sur les créatures, et se soustraire à l'empire de l'âme et au pouvoir de l'esprit; il doit être absorbé dans les choses divines, et entièrement séparé et élevé au-dessus de ce monde sensible, dans l'éternel et l'insensible.

Ainsi le prêtre dit en prenant le manipule -.Merear, Domine, portare muniputum jletus etdoloris, ut cum exsultatione recipiam mercedem laboris : Que je puisse, Seigneur, porter cette marque de uouleur et de larmes avec telle tidébté et tel courage, qu'un jour mes pleurs soient essuyées: Abstergct iteus omnem lacrymam ( Apoc. vu, 17 ) ; que je puisse posséder la joie que vous promettez pour récompense uu travail; et que dès à présent que je monte en esprit dans le ciel, en m'approciiant de votre autel, j'entre en la joie ue l'esprit, et en le béatitude commencée dès la vie présente, qui est l'état de résurrection et de nouvelle vie, et qui est

l'étai des mètres, qui doivent être conformes à Jésus-Cnrist ressuscité, et Tait -prêtre en ce jour de. la résurrection, selon l'ordre de Melchisédech.

De i étale. — En mettant l'étole, on fait cette prière : Rcdde mihi, Domine, stolam immorlalitatis , quam perdidi in prœvaricatione primi parenlis ; et quamvis indignus accedo ud tuum sacrum mysterium, merear tamen gaudium sempilemum : Mon Dieu, rendezmoi le droit à l'immortalité que j'ai perdu par le péché du premier homme ; et quoique je m'approche indignement de vos autels, faites que par miséricorde je mérite d'entrer dans la joie de vos élus que vous donnez ici en la terre à ceux qui se laissent consommer à votre esprit, et anéantir en euxmêmes. C'est ce que demande l'étal des prêtres, qui doivent être des victimes consommées, pour offrir ce sacrifie de l'éternité, étant obligés d'être eux-mêmes en l'état de la victime qu'ils présentent, h cause que leur religion le demande : et la communion qu'ils ont à l'hostie consommée les doit mettre dans la disposition où elle est intérieurement, et surtout le curé, qui est obligé de porter toujours l'étole en l'administration des sacrements, pour marquer qu'étant tout consommé en Notre-Seigneur , et revâlu de lui, il agit en la puissance de Jésus-Christ ressuscité, auquel le Père éternel a donné, en récompense de sa mort, la grâce de vivifier son Eglise. Pour une mort cent mille vies.

L'étole est étendue depuis la tête jusqu'aux pieds, pour témoigner la gloire dont Jésus-Christ est pleinement revêtu dans 1" ciel. Elle est un diminutif de la chape, qui représente plus pleinement la grande gloire de Jésus-Christ ressuscité. Et parce que la chape serait trop incommode, on se sert de l'étole, laquelle représente non-seulement la gloire de Jésus-Christ ressuscité, mais surtout sa puissance, qui lui a été donnée au moment de sa sainte résurrection.

Si quelquefois l'on met l'étole avec la chape, c'est pour exprimer la puissance avec laquelle le prêtre doit faire quelques fonctions extraordinaires, comme quanti il doit porter le très-saint Sacrement, qui est une fonction excellente du prêtre , qui porte entre ses bras celui que le Père contient en lui-même.

De la chasuble. — Enfin en prenant la chasuble, on dit: Domine, qui dixisti : jugum meum suave est et onus meum levé ; fac ut istud portare sic valcam, quod consequar tuam gratiam: Faites, mon Dieu, «pie je porte tellement votre joug, que je puisse parvenir à votre grâce. Le mot-de grâce signifie gloire, car, premièrement, celui qui approché de l'autel est en grâce; il ne iiemanue dune pas seulement la grâce, puisqu'il l'a déjà, mais de plus, la gloire est une grâce, selon saint Paul : In laudem gloriœ suœ ( Lphes. i, 6), la gloire est une grâce (pue Dieu a préparée de toute éternité. Elle est grâce, en tant que c'est un bienfait extrême, (pie nous ne pouvons mériter par nous-mêmes. Et c'est cette

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