‹ Œuvres complètes de M. Tronson, supérieur du Séminaire de Saint-SulpiceChapitre 10 sur 303 · MANUEL DU SEMINARISTE. — 111. DES ACTIONS EN GENERAL · texte numérisé non relu

MANUEL DU SEMINARISTE. — 111. DES ACTIONS EN GENERAL

plena. {Apoc. m, 2.) Pcccavt, dit Judas, aussi bien que David ; cependant h\ même parole dans ces deux pécheurs n'a pas le môme effet : l'un se convertit et l'autre s'endurcit. D'où vient cela? à l'un le cœur parle , à l'autre la bouche est ouverte, mais le cœur ne dit mot. Judas a de belles pensées, il pense qu'il

tcntioncm exmat et affectum; il est très-importaiw de le régler.

Enfin la charité même de notre prochain nous y oblige, car nous le devons édifier; nous sommes obligés de lui donner bon exemple ; or nous ne le saurions faire que par l'extérieur. Un extérieur réglé

est un pécheur, qu'il a commis une injustice, qu'il édifie admirablement ; un extérieur déréglé ne peut

a trahi Notre-Seigneur ; il le reconnaît pour être juste; il dit peccavi, la plus belle parole qui puisse sortir de la bouche d'un pécheur; il rend ce qu'il a pris, action généreuse. Enfin que ne souffre-t-il point ? et cependant tout lui est inutile; pourquoi ? la disposition du cœur lui manque. Eo& qui adorant, in spiritu et veritate oportet adorare {Joan. iv, 24), id est, in intima templo cordis, dit la Glose : autrement c'est un sacrifice de mensonge, que Dieu défend : Ne offeratis sacrificium frustra {Isa. ii, 13), id est, dit Cajetan, sacrificium falsilatis et mendacii; holocausta mcdullata vult Deus.

Concluons donc : avec la disposition du cœur et la bonne intention, tout sert, et les actions les plus basses deviennent saintes ; sans cela, les pensées les plus belles, les paroles les plus relevées, les actions les plus généreuses, les souffrances les plus rudes ne servent de rien ; c'est-à-dire en un mot, tout est inutile. Voilà les deux motifs qui nous font connaître l'importance de bien faire nos actions , c'està-dire avec de bonnes intentions et de saintes dispositions.

Voyons maintenant la manière de les bien faire. Comme nous avons dit qu'il y a deux choses à considérer dans nos actions, l'extérieur et l'intérieur, aussi est-il nécessaire de régler l'un et l'autre, si nous voulons les rendre parfaites, et qu'il ne s'y rencontre aucun défaut. L'intérieur est à la vérité ce qu'il y a de principal ; c'en est l'àme et la vie ; de sorte que sans cela , quelque belle apparence et quelque éclat qu'elles aient au dehors, elles sont mortes, elles sont infructueuses, et sans aucun mérite devant Dieu, comme nous avons dit. Cependant il est nécessaire absolument de régler aussi l'extérieur pour les bien faire.

Quoique l'extérieur ne soit que le corps de l'actioii, il sert pourtant à l'action, tout de même que le corps sert à l'âme. Or l'âme fait ses fonctions et plus facilement et plus parfaitement dans des organes bien disposés : si le corps est malade, si le tempérament se dérègle, si les humeurs s'amassent, si les membres sont hors de leur place, l'âme est elle-même languissante et sans force ; elle ne peut les manier comme elle veut. Ainsi en est-il de nos actions; il est impossible que l'extérieur soit déréglé, et que l'intérieur n'en souffre, selon le dire d'un grand évêque de Paris (Guillelm.) : Vbi exterior disciplina deest, interior perfectio observari non potest. Ajoutez, avec saint Bonaventure , que ce soin de régler l'extérieur nous est encore utile, en ce qu'il nous rend plus attentifs et plus fervents à bien faire nos œuvres : OrdtJialionis exlcrioris reliqio at-

donner que du scandale : il faut donc le régler, et comment? Le voici en trois mots : par la fidélité, par la ponctualité, et par la modestie. Ce sont les trois vertus, entre beaucoup d'autres, qui doivent plus particulièrement régler tout l'extérieur de nos actions. La fidélité, pour ne rien omettre de celles que nous devons faire ; la ponctualité, pour le temps et la manière dont nous les devons faire ; la modeslie, pour la retenue et la composition du corps, avec laquelle nous les devons faire. Fidélité, parce que c'est tromper un maître, que de ne faire qu'une partie de ce que l'on doit. Ponctualité, parce que, comme remarque le Sage [Eccle. m, 1), Omnia tempus habent, « chaque chose a son temps, t Et le juste, dit le Prophète, est un arbre qui porte du fruit, mais qui ne le porte que dans son temps : Fruclum dabit in tempère suc. {Psal. i, 5.) Modestie, selon la règle qu'en donne saint Vincent Ferrier : Hocautem generaliter habeas, quod omnem actum cum quadam modestia facias : ne faites jamais aucune action qu'elle ne soit accompagnée de modestie ; voilà pour ce qui regarde l'exlérieur.

Pour l'intérieur, il y a trois intentions ou dispositions nécessaires pour bien faire ses actions . Ic^ faire pour Dieu , les faire en la présence de Dieu , les faire en vue de Jésus-Christ.

1° Les faire pour Dieu ; car comme il est le principe de toute créature, il en est aussi la fin dernière ; tout vient de lui , et tout doit retourner à lui. C'est ne rien faire , dit saint Bernard , que de faire quelque chose, et ne la pas faire pour lui : Quodcunque facit homo, quod propter hoc non agit, scilicet ut Dco serviatur, in eo quod agit, otiatur. Et Dieu ne récompensera jamais que ce que l'on fait pour son amour. Voilà la première intention nécessaire pour bien faire nos œuvres. Or je remarque qu'il y a trois sortes de personnes qui y manquent : ceux qui ont de mauvaises intentions ; ceux qui n'en ont que d'indifférentes; ceux qui n'en ont aucune.

Ceux qui ont de mauvaises intentions : la superbe, la vanité, le désir de paraître. Oh! qu'il y a peu d'âmes qui s'en délivrent 1 Quam rariim est fidelem animam inveniri, ut nikil ob gloriœ cupiditatem, nihil ob rumusculos hominum fiât!

Ceux qui n'ont que des intentions indifférentes. Ils agissent , mais par des fins naturelles ou bonnes moralement ; ils mangent , mais seulement pour vivre ; ils jouent, mais seulement pour se récréer ; ils suivent la vertu , mais seulement parce qu'elle est belle ; s'arrêtant ainsi dans la créature, ils ne séièvent point [jusqu'à la dernière fin.

Ceux qui n'ont aucune intention ; défaut ccasidé

rablo, et qui nous ravit la plupart de nos œuvres. Or il me semble «ju'il vient ordinairement de trois principes : de ce qu'on agit par coutume ; de ce qu'on agit avec empressement et précipitation ; de ce qu'on agit avec paresse et négligence.

Par coutume , parce que ceux qui agissent de la sorte, pour l'ordinaire n'y pensent pas. Il y a longtemps que l'on fait la même action , on continue de la faire, et pourquoi? On a cette coutume, mais à quelle intention? On n'y pense pas, à peine même est-on attentif à ce que l'on fait , à moins qu'on n'y apporte une vigilance particulière.

Par négligence et paresse. On ne veut pas prendre la peine de former aucune intention ; on y pense, mais on ne le veut pas ; souvent même on n'y vent pas penser, pour ne se pas contraindre.

Par précipitation ou empressement; on voudrait bien, si l'on y pensait, avoir quelque intention ; mais on se presse, on se précipite, on n'en a pas le temps. Or, pour remédier à ces défauts, on doit prendre le temps, et apporter la diligence nécessaire, pour bien oflVir à Dieu ses actions, et non-seulement les oflrir, mais les offrir toutes jusqu'à la moindre; et les offrir non pas seulement une fois en notre vie , non pas seulement une fois cbaque jour en général, mais encore chacune en particulier ; et les offrir non pas seulement au commencement de l'action, mais dans la suite et à la fm de l'action.

1° Il faut prendre le temps avant que d'agir, pour offrir à Dieu ce que l'on doit faire , imitant ce solitaire qui, dans toutes ses actions, s'arrêtait un moment avant que de les commencer , pour protester à Dieu qu'il les faisait pour son service et pour sa gloire, les lui présentant à celle intention, et renonçant à toutes les autres. Interrogé pourquoi il s'arrêtait ainsi: C'est, dit-il, que de là dépend tout ce que je fais. Et c'est pour cela, à ce que je pense, que les premiers Chrétiens avaient coutume de faire le signe de la croix au commencement de chaque action. (Tertil., De cor. milit., cap. 3.)

ii" Les offrir toutes jusqu'à la moindre, suivant l'avis du Sage {Eccli. xxxiii, 23) , in omnibus operibus tuis prœcellens esta. En effet, nous ne saurions sans quelque espèce de fraude et de larcin en retenir la moindre : ISon est devotionis dédisse prope tolum, sed fraudis est retinuissc vcl minimum. Et, comme dit saint Jérôme , c'est une marque d'une âme qui n'est pas toute à Jésus-Christ : Ul eamdem in cunctis veneramur solertiam Creatoris , ita mens Clnisto dcdita , œque et in majoribus et in ininoribus inlenlu est. Jdeo Apostolus ( / Cor. x, 51) : n Sive manduatlis, sive bibitis, sive quid aliud agitis, omnia ad Dci gloriam (acite. t

3" Les offrir et au commencement, et au progrès, et à la fin de; l'action, parce (|ue ce sont trois tenq)s anx(|ucls l'cnnomi nous atla([ue : liona nostra tribus mudis aniiquus liostis insequitur, etc. 1° Au couiniencement : Aliquando intentionempolluit : « bacti sunl hostcsejus in capiie (Tlircn. i, 5), » etc. 2" Au pro-

grès : Aliquando inlentionem boni opcris vitiare nor. prœvalet, sed in ipsa aclione se quasi in itinere opponit... Aliquando in ipsa activne malum inlermiscet, ut gloria quœ quœsita non fuerat, oblala delectet : t In via hacqua ambulabam, absconderunt laqncum milii [Psal, cxli, 4), i etc. 5° A la fin : Aliquando in fine aciionis illaqueat eo vehemenlius, quo securior videtur opérons... « Calcaneum meum ob.'iervabunt {Psal. Lv, 7), j etc.

Or, comme en ceci souvent on se trompe soimême, parce qu'on ne renonce pas toujours à ses mauvaises intentions, lorsqu'on dit qu on y renonce et qu'on n'agit pas purement pour Dieu , toutes les fois qu'on se l'imagine, je crois vous devoir donner quelques marques, qui pourront servir à vous le faire connaître.

La première, si étant interrogé pourquoi je fais cela, il me semble que je puis répondre avec vérité : c'est pour Dieu.

La seconde, lorsque l'œuvre étant faite, je ne me mets point en peine quel jugement en font les hommes, et je me trouve dans la disposition de cette généreuse Suzanne, de laquelle saint Ambroise dit : Non curabat hominum judicium, quœ habebat a Deo teslimonium.

La troisième, lorsque je suis indifférent pour l'événement et le succès de mon action, et que je ne me trouble point, quand elle n'a pas réussi devant les hommes : le Fils de Dieu a eu très-peu de succès pendant sa vie.

La quatrième, quand j'agis avec autant de joie et que je prends autant de soin de bien faire mes actions en particulier, que si je les faisais en public. La cinquième, quand au lieu d'entrer en jalousie, je suis bien aise que les autres fassent la même chose que moi, disant avec Moïse, à qui on voulait donner quelque jalousie de ce qu'Eldad et Médad prophétisaient : Quis tribuat ut omnis populus proplietet, et liabeat spiritiim Dei? {Num. xi, 29.) Voilà les marques d'un esprit désintéressé et d'une âme qui ne cherche que la gloire de Dieu. Examinons nos actions à ce poids, et voyons, par ces cinq marques, si nous avons en vérité cette première intention. Ce que nous faisons, le faisons-nous pour Dieu?

2" Il faut faire nos actions en présence de Dieu, car cette divine présence est un admirable moyen, et pour empêcher le mal qui pourrait se glisser dans nos œuvres, et pour perfectionner le bien qui s'y rencontre. Le Prophète rendant raison pourquoi le peuple juif était tombé dans de si grands désordres, dit que c'était à cause qu'ils ne marchaient pas en la présence de Dieu : Non est Deus in conspectu ejus, inqtùnatœ sunt viœ illiusin omui tempore [Psal. x, 5); et Dieu même, voulant le ramener de son égarement, tâche, par sou prophète Ezéchiel (xxii, 12), de le rappeler en sa présence: Mei oblita es ; parce que, dit saint Jérôme sur ces paroles, mcmoria Dei excludit omnia flagitia. La pré-

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spnce de Dion est tout à fait Incompatible arec le crime, et il faut qu'une ftme soit bien noire pour penser que Dieu est présent et roffenser, Certe qunnilo pi^xamus si cofjitarnum Deum videre, et esse prcvseiUctu, mm/jvnvi quod et displiecret faceremm (S. Amcuos., De ftde resurrect.) Quomodo possum hoc (acere, cum sim in fonspectu Domini Dei mei? Nons«nilement cette présence éloigne les péchés qui pourraient se mêler parmi nos actions, mais elle en écarte môme la froideur, la négligence, la paresse, la tiédeur et Ix-aucoup d'autres faiblesses qui sou- Tcnt les accom\\ignent. Comment se présenter à ce feu sans en être échauffé? Enfm cette présence perfectionne et consomme nos œuvres. C'est le moyen que Dioii donna de sa propre bouche à Abraham : Ambuia coram me, et esto perfectns. [Gen. xvii, \.) Pour être bientôt parfait, il ne faut que marcher, c'est-à-dire agir en la présence de D'ieu.

Or nous pouvons nous mettre en la présence de Dieu en cinq manières. Premièrement, nous représentant Dieu dans le ciel qui nous regarde et qui voit tout ce que nous faisons, conformément à ce que dit le Psalmiste (Psnl. xiii,2) : Domintts de cœlo propejtt super fitios hominum. Secondement, le considérant comme un esprit immense, qui est partout, qui est au-dessus de nous, à droite et à gauche, et qui nous environne de tous côtés, qui nous pénètre, qui est dans notre cœur et dans le plus intime de notre substance. Troisièmement, le considérant sous chaque créature comme sous un sacrement ou sous un voile, à travers duquel il nous regarde : En ipse stat post parietcm nostium, respiciens per fenestras, prospiciens per cancellos. (Cant. II, 9.) Quatrièmement, par la foi, c'est-à-dire, par une certaine conviction de sa présence, sans en avoir aucune idée. Cinquièmement, par le cœur : dans une pente et une tendance de notre cœur vers lui, dans un sentiment continuel de lui plaire et dans une volonté ferme, constante et arrêtée de ne faire en tout que ce qu'il veut, comme une épouse qui aime son époux.

Enfin, la dernière chose pour faire nos actions avec la perfection chrétienne que Dieu désire, est de les faire en vue de Jésus-Christ, et c'est ici un admirable secret du christianisme. Si nous n'avions qu'à faire des actions saintes, il suffirait de les faire pour Dieu et en la présence de Dieu ; mais il faut faire des actions chrétiennes , car nous devons agir selon l'état où Dieu nous a élevés. Nous sommes Chrétiens, nous devons donc agir chrétiennement ; or, pour agir chrétiennement, je dis qu'il faut agir en vue de Jésus- Christ. Oculi sapientis in capite ejus {Eccle. ii, li) ; Quia, dit saint Ambroise, «7/« vere sapit, cujus animus in Christo est. — Sicul omne quod non est ex ftde, Paulus peccatum dicil ita non plane possiimus affirmare, quœcunque non respiciunt Christum, seu verba, seu opéra, seu cogitationes, illa umnia ad id omnino spectare quod Christo contrarium est. (Grec. Nyssen., De perfect. Christiana.) Il faut agir en vue de Jésus-Christ, il OEl'vres co.nxlks i)e .M. Tuonso.x. 1.

. 1)ES ACTIONS EN CKNERAE. oi

fauJ que nos actions aient quelque rapport et relation à JésMS-Christ.

Or cela doit se faire en trois manières exprimées par ces mots que nous disons tous les jours à l'aulel, et qui doivent se rencontrer dans nos actions si nous voulons qu'elles servent à sa gloire : Per Christum, cutn Christo et in Christo ; il faut qu'elles soient faites par Jésus-Christ, avec Jésus-Christ et en Jésus-Christ ; per Christum, c'est-à-dire par dépendance de Jésus-Christ ; cum Christo, par imitation de Jésus-Christ ; in Christo, par union de Jésus-Christ. Per Christum; par dépendance de Jésus-Christ. Comme il n'a rien fait que par dépendance de sou Père et par les mouvements de son esprit, en sorte qu'il n'agissait point par un autre principe, mais comme il dit lui-même : Pater in me maneus ipse facit opéra : c'était son Père qui agissait en lui. ainsi nous ne devons agir que par la vertu que nous recevons de Jésus-Christ ; nous ne devons avoir de mouvements que ceux que nous imprime son esprit, comme les membres n'en ont point que par les esprits qu'ils reçoivent du chef; en un mot, nom ne devons faire que ce qu'il veut faire en nous, et pour cela : Anle quamlibet aclionem dicas : 0 Christe, Jesn Christe, qui secundum divinitatem es inlra me, digneris istud facereper me, sicut placitum est. (Blos., Instit., cap. 9.)

Cum Christo ; imitation. Nolre-Seigncur a fait les mêmes actions que nous faisons, ri a -pratiqué les mêmes vertus, il s'est soumis aux mêmes exercices, et nous les devons faire comme lui et avec lui : c'est notre modèle et nous le devons copier. C'est pourquoi le christianisme est très-bien déiini par saint Grégoire de Nysse : Imitatio Christi secundum tnensuram seu »io* dum Incaritatiouis. Or cela nous oblige à trois choses, à pratiquer les mêmes vertus de Jcsus-('hrist, à nous remplir des mêmes dispositions, et à prendre les mêmes intentions.

In Christo. Unir nos actions à celles de Jésus- Christ, en sorte que dans chacune nous ayons ce désir de l'unir à quelqu'une semblable qu'il aura faite en sa vie : nos oraisons à ses oraisons , nos jeûnes à ses jeûnes, nos communions à ses communions, nos intentions aux siennes ; car par là nos actions sont extrêmement relevées ; et Dieu le Père, qui ne peut avoir complaisance que pour son Fils ou pour ce qui porte son image, et qui ne peut avoir pour lui qu'une complaisance souveraine, aura un agrément tout particulier pour nos actions, quoique basses en elles-mêmes, lorsqu'il les verra comme unies, jointes et identifiées à celles de son Fils. Sic agit Ecclesia, dum dicit : Domine, in unione illius intentionis, qua jpsc... Un homme quiagitdela sorte, est un Jacob revêtu de la robe d'Esaù. Il est impossible qu'il ne soit une bonne odeur à son père et qu'il n'en reçoive la bénédiction : Stalim ut sensit vestimentorum illius [ragrantiam, bcnedixit... Consuescat omnia opéra sua conjungcre operibus Christi per orationem, sive desidorium ; sic ctiim ipsa qp^'ra.

55 ŒlVRIiS CONNUES

qute ex se vilia, obscura, atque imperfecta $uiit, nobilissima, claris.sima, Deoque gralissima ermit. Juefj'abilem uanique dignitatem ex mentis Cliristi, (itiibus unieniur, accipient : sicut aqiiœ gittta in vas aliud vino plénum iynmissa, tota a vino absorbetur, et exitnii vint saporem coloremque rccipit ; bona opéra illiits qui istud pie observât, exccdunl incomparubiliter bona opéra ejns, qui non observât. (BL0S.,|/n5(jr. tpirit., cap. 90.)

Voilà en peu de mots et Fiinportance et la manière de ? ien faire ses œuvres. L'importance, parce que avec cela les actions les plus basses sont très-relevées, parce que sans cela les plus relevées sont trèsbasses. La manière, qui consiste à régler l'extérieur, par la fidélité, la ponctualité, la modestie. L'intérieur, faisant toutes nos actions pour Dieu, en la présence de Dieu et en vue de Jésus-Christ.

Maintenant pour conclure : Yidete vosmetipsos, ne perdatis quœ operati estis, sed ut mercedem plénum accipialis. {Il Joan. vni.) Et comment? hœc dicit Dominus (Agg. i, 5) : Ponite corda vestra super viasvestras; appliquons notre cœur à nos actions, afin de les animer de quelques-unes des intentions, que nous vous avons montrées être nécessaires. Et afin de nous y rendre fidèles, et ne nous point laisser aller aisément au relâchement, voici un moyen général, mais 'à mon avis très-efQcace, que je vous donne, et qui est le même queNotre-Seigneur donne dans l'Évangile {Luc. xii, 56) : Et vos similes hominibus exspectantibus dominum suum quando revertatur a nuptiis; c'est à chaque moment dépenser que vous pouvez mourir, et ainsi à chacune des actions que vous faites, interrogez-vous vous-mêmes, et demandez-vous : Si cette action était la dernière de ma vie, et qu'il fallût immédiatement après en rendre le dernier compte, comment la ferais-je ? certainement avec toute la ferveur, toute l'attention, toutes les dispositions possibles. Que chacun donc de nous s'applique soi-même cet avis de saint Bernard, prescrivant à une personne la manière dont clic se devait comporter en ses œuvres : /« omni opère suo dicut : Si modo moriturns esses, faceres istud ? Hoc fac, et cives.

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