CHAPITRE IX
Que l'obéissance ne nous porte pas seulement à nous abstenir des choses mauvaises et indifférentes quon nous ordonne d'éviter, mais de celles même que nous crotjons bonnes, et qui nous semblent les plus suintes
Il n'y a rien en quoi nous ayons plus à craindre l'attache à notre propre jugement, et rien par conséquent en quoi nor.s ayons plus d'obligation de le soumettre à celui de nos supérieurs, que dans les choses spirituelles, et même en celles qui nous paraissent les plus saintes. On s'égare d'autant plus dangereusement en cette matière, et on y fait des fautes d'autant plus considérables, que les choses sont plus importantes et plus relevées. Nous sommes donc aussi plus obligés de nous y laisser conduire, et il n'y a rien en quoi nous devions avoir une plus entière et plus parfaite obéissance, si nous ne voulons nous exposer à nous perdre.
Les anciens Pères ont si bien senti l'importance de cet avis, que Cassien ne craint pas de dire, qu'il n'y a rien qui perde plus sûrement une âme, que l'attache à son propre jugement et à sa propre conduite, dans les choses les plus saintes (34). Il rapporte à ce sujet, dans sa seconde conférence, plusieurs exemples de personnes très-spirituelles, adonnées à l'oraison depuis longtemps, et accoutumées aux pratiques des plus rudes mortifications, et qui, pour s'être fiées à leur propre jugement et avoir voulu se gouverner elles-mêmes, se sont laissé misérablement séduire par le démon. Il y er. eut une à qui le malin esprit, caché sous la figure d'un ange de lumière, persuada de sacrifier son propre fils, lui mettant dans l'esprit qu'elle ferait une action aussi agréable à Dieu qu'avait fait autrefois Abraham, en sacrifiant Isaac. Ce pauvre misérable se laissa tellement emportera l'illusion, qu'il allait commettre ce cruel parricide, si le jeune homme, voyant que son père aiguisait son couteau et préparait des cordes pour le lier, n'eût prévenu le coup par une prompte fuite. Le même auteur rapporte que le démon en trompa un autre, en lui persuadant de ne plus prendre de nourriture de la main des hommes, et de se confier uniquement eu Dieu, qui lui en donnerait immédiatement par lui-même ; ce que le malheureux crut si fermement que des barbares le rencontrant au milieu de la solitude, et lui voulant donner à manger, il aima mieux se laisser mourir de faim, que de prendre ce qu'on lui présentait. Le démon persuada à un autre de se précipiter luimême, lui faisant accroire qu'il serait martyr, et qu'il s'envolerait droit au ciel. C'était un solitaire
(35) Nec suscipict Christus nummum obedienti.ne, nisielinleger invcniatiir, elsine ali(|ua lalsitalc; uam si discutiiuus, si dijudicamus, l'racliis est nunnnus, non siiseipicl rurn Christus. Si qiiis oitcdiat, sed simulatoric, autad ofulum, niuriiiurol aiMcm in absfondilo, faisus est nuinmus cjus, idumbum habel.
non argentum, et iniquitas sedel super lalentiim |)l(ind)i. (S. Rkun., serin. 2, De S. Andréa, n. i.)
(3i) Nullo alio vilio lam ijra'cipitcni diabolus pcr- Irahit et perducit ad niortem, (piaiu cum aliqucm, ncgieclis consiliis senioruip, su() judicio persuaseril dciinitionique confiUcre. (Cassjan . collai. 2. c. 11.)
TRAITE DE L'OBEISSANCE. — PAR
qui, ilquùs c-Hiquaiile ans, iiionail une vio si auslôro qu'il olail un sujet d'admiralion pour une nuiltilude (le fervents solitaires, qui vivaient alors dans les déserts; il était si lecueilli et pratiquait une telle abstinenee, que, dans les jours même les ])lus solennels, quand les autres solitaires prenaient quelque réeréation et mangeaient quelque chose d'extraordinaire, il ne voulait point sortir de sa cellule, ni rompre son abstinence; il se contentait de pain et d'eau pour sa nourriture ordinaire, encore n'en prenait-il qu'en très-petite quantité. La pratique de ces Etrandes austérités le rendit si orgueiileux et si attaché à son propre sens, que le démon, trouvant par là entrée dans son cœur, lui persuada aisément qu'il n'avait plus rien à craindre en cette vie, que sa sainteté était à l'épreuve de toutes sortes de périls, et que, quand même il se précipiterait dans un abîme, il n'en recevrait aucun dommage, parce que ics anges le recevraient entre leurs mains. Cette tentation fit une telle impression sur ce pauvre misérable, et il fut tellement aveuglé par la bonne opinion de lui-même, qu'il se jeta dans un puits Irès-profond, d'où étant retiré à demi mort, il périt trois jours après dans un effroyable endurcissement ; car plusieurs solitaires étant accourus promptement au bruit de sa chute, et l'ayant retiré avec beaucoup de peine, ils ne purent jamais le convaincre de sa faute. Ses blessures, qui montraient clairement à tous les autres l'illusion dont il était la victime, ne furent pas capables de lui dessiller les yeux, en sorte (lu'il mourut opininiâtre, et sans vouloir donner le moindre signe de pénitence.
Voilà jusqu'où va le danger de se conduire soimême et de se fier à son propre jugement. C'est pourquoi saint Bernard reconimaiulail avec les plus vives instances à ceux qui n'étaient pas encore exercés dans les voies de Dieu, de ne pas suivre les pensées de leur propre esprit, de ne pas abonder dans leur sens : Obsecro vos, novellœ plantationes Dei, vos qui nondum exercitatos liabelis senstis ad discretiotiem boni et mali, nolile scqui cordis vestri judicium, nolite abundare in sensu vestro. Car, ajoute ce saint docteur, le démon, qui est un chasseur très-habile, cache avec le plus grand soin les pièges qu'il vous tend ; il a recours aux ruses les plus difficiles à déjouer; et si vous ne suivez pas les conseils de ceux qui sont plus exercés que vous, vous tomberez certainement dans ses lacets : Vobis qui desideratis ad fonlem vivum, subliliores occultât laqueos, et callidiora fraudis suœ argumenta conquirit : unde, obsecro vos, acquiescite eorum consiliis, quimelius norunt venatoris illius versutias. » (Serm. 3, in psal. xc : Qui habitat, n. 1.)
Ceux qui refusent de se rendre aux instances d'un docteur aussi exoérimenté, souvent n'ont pas
(35) Unam sane, atque idem inobedientia? genus est, vel propter operationis instantiam, vfl propter olii desiderium, senioris violare mandatuui : tam dispendiosum est pro sonino, (luam uro v!!,Mlunlia
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besoin que le démon les attaque, ils se séduisent eux-mêmes par leurs prétendues lumières ; ce qui a donné lieu à un grand serviteur de Dieu de dire, que celui qui se fie à soi-même n'a que faire du démon potir le tenter, parce qu'il e.l un démon à hiimênte. C'est ce qui fait dire à saint Jean Chrysostomc, que celui qui s'appuie sur son propre jugement, quelque spirituel qu'il soit, n'ira pas loin sans s'égarer, et qu'il est même plus en péril de se perdre que ceux qui, ne faisant que commencera servir Dieu, se laissent conduire en toutes choses. 11 explique ceci par la comparaison d'un habile pilote (lui, s'appuyant sur son habileté et son expérience, se jetterait dans un vaisseau dégarni de tout, et s'exposerait en pleine mer, sans rame, sans voiles et sans gouvernail ; car il est certain qu'avec toute sa science il serait moins en sûreté que celui qui, ne sachant ce que c'est que la navigation, se mettrait dans un vaisseau bien équippé et sous un bon pilote. Ne nous imaginons donc pas que, dans les choses spirituelles et les exercices les plus saints, conmie sont l'oraison, le jeûne et les autres mortifications, nous puissions nous abandonner h notre zèle, et nous conduire par nous-mêmes, sans nous arrêter à ce qu'on dit; soyons au contraire pleinement persuadés, dit Cassien, que nous manquerons autant à l'obéissance, en nous emportant par ferveur au delà des bornes qu'on nous prescrit, que si par paresse nous ne voulions pas faire le bien qu'on nous ordonne (55).
C'est sur ce grand principe que saint Basile, parmi les règles de conduite qu'il donne à ceux qui vivent en communauté, les avertit particulièrement de ne jamais rien faire, quelque bon qu'il paraisse, sans l'avis et la volonté du supérieur : Hoc apud te conslanter teneto, ut niltil oninino, prœter illius sententiam fadas. (Serm. de renunl. sœculi, n. 4.) « Tout ce que vous feriez de la sorte, » ajoute le saint docteur, t quelque bon qu'il fût en lui-même, ne pourrait vous être que très-pernicieux. Vous devez considérer d'ailleurs que, vous étant donné entièrement à votre supérieur, et vous étant démis de votre volonté entre ses mains, pour être tout à Dieu, vous commettez une espèce de larcin et de sacrilège, toutes les fois que vous faites quelque chose à son insu, puisque par là vous lui dérobez, aussi bien qu'à Notre- Seigneur, l'usage des choses que vous lui avez données : Quidquid enim, eo insciente, {acis, id furtum \ et sacrilegium est, tibique exitium. De plus, si ce que vous faites est bon, pourquoi le voulez-vous faire sans l'avis de votre supérieur, comme en cachette et à la dérobée? Si bonum est, quid ita clam fil, et non in aperlo? Votre supérieur désire votre bien, pour le moins autant que vous le désirez vous-même; dites-lui donc avec confiance ce que vous désirez
statuta convellere; tanlum denique est abbatis transire pra^ceplum ut legas, quantum si contcitinas ut lormias. i Collât. 4. c iO. )
dormias. (Collât. 4, c.''20. )
œUVRES COMPLETES DE M. TROKSON.
faire, souvent il vous lo pcrmeltra; cl vous ferez alors avec bénédiction ce qu'autrement vous-n'aurie/. pu faire qu'à votre préjudice. Mais, quand même il ne vous le permettrait pas, sachez que, de quelque nature que soit le bien que vous voulez faire, vous plairez plus à Dieu, en vous abstenant par obéissance, (ju'en l'accomplissant de votre propre mouvement ; car, quoique Dieu ne demande jamais qu'on obéisse en des choses mauvaises et criminelles, il est pourtant vrai que la véritable obéissance nous oblige à omettre les choses même les plus excellentes et les plus saintes, lorsqu'un supérieur nous les défend. 11 n'y avait rien de meilleur dans le paradis terrestre que l'arbre de la science du bien et du mal ; cependant Dieu ne laisse pas, pour éprouver la lidélité de nos premiers parents, de leur en interdire l'usage ; et il faut, sous peine de moj-t, qu'ils se soumettent à celte défense. Ainsi, il arrive quelquefois que rien ne nous paraît meilleur que certaines pratiques que notre supérieur nous défend, et il faut néanmoins, sous peine de déplaire à Dieu, nous sounieltre à cette défense. >
c Savez-vous bien, t dit saint Basile (Serm. Ascet., n. 2), e que c'est principalement dans ces occasions que l'obéissance paraît davantage. Quand vous vous conteniez d'éviter le mal qu'on vous défend, ce n'est pas là un grand acte d'obéissance , parce que le n)al considéré en lui-même peut nous inspirer assez d'aversion pour nous obliger à l'éviter. Mais quand vous n'avez point d'autre motif d'obéir que l'obéissance même, et lorsque tout vous porterait à faire une action excellente, dont vous vous abstenez, parce qu'on v«us la défend, c'est alors que l'obéissance paraît dttns tout son lustre, et que l'on peut dire avec assurance que l'amour de celte vertu est bien établi dans votre âme. ^
L'histoire ecclésiastique (Evagr., Ilist. eccles., 1. 1, c. 13) rapporte sur ce sujet un exemple très-remarquable tiré de la vie de saint Siméon Stylitc. Ce grand serviteur de Dieu, ayant quitté le monde, et s'élant retiré dans le désert, pour se livrer à la pratique de la pénitence, résolut de demeurer toute sa vie sur une cohmne de quarante pieds de hauteur.
laissé le chemin commun et frayé par les saints, pour en prendre un si étrange, et que personne avant lui n'avait jamais suivi ; qu'ils s'étaient assemblés pour examiner sa conduite , et qu'après avoir tout considéré mûrement devant Dieu, ils lui ordonnaient de quitter toutes ces nouveautés, de descendre à l'heure même de sa colonne, et de se conformer au train de vie ordinaire des autres solitaires. Ils avertirent cependant celui qu'ils chargeaient du message, que, si après avoir entendu cet ordre des Pères du désert, Siméon se mettait aussitôt en état de descerdre pour leur obéir, on l'en empêchât, parce qu'il ferai! assez connaître, par sa prompte et simple obéissance, que sa voie était de Dieu ; mais que, s'il faisait difficulté de se soumettre à ce qu'ils lui demandaient, on le fît descendre par force de sa colonne, et qu'on l'obligeât à quitter son nouveau genre de vie. A peine cet envoyé eut-il fait connaître au saint homme l'ordre des Pères, que ce parfait obéissant se mit en état de descendre, sans avoir d'autre pensée que celle de se soumettre; mais aussitôt le messager lui déclara que les Pères étaient satisfaits de sa disposition ; qu'il eût bon courage, et qu'il persévérât tranquillement dans la vie qu'il avait embrassée, parce qu'elle était de Dieu, et que tous les Pères l'avaient ainsi jugé r Dono animo sis, et strenue rem géras; statio tua a Deo est instiluta.
Cet exemple nous fait connaître deux choses trèsdignes de remarque. La première est qu'il faut obéir promptement et simplement, dans les choses même les plus saintes, comme fit ce saint solitaire. Il n'examina point ; il ne raisonna point sur l'ordre qu'on lui donnait, quoiqu'il y eût , ce semble, sujet de le faire, puisque la vie qu'il menait, et que les Pères semblaient condamner, était véritablement de Dieu ; mais, dans l'instant même où il reçut cet ordre, il se mit en devoir de l'exécuter. La seconde, c'est le jugement que ces anciens Pères portaient de la désobéissance, la regardant comme une marque assurée d'une âme déçue, et que l'esprit de Dieu ne conduit pas. En effet, cette marque est trèssûre, et tous les confesseurs, tous les directeurs et les maîtres de la vie spirituelle s'en doivent servir.
exposé aux injures du temps et aux rigueurs des sai- pour s'assurer des dispositions et de l'état des âmes
sons. Là il menait plutôt la vie d'un ange que d'un homme ; on le voyait dans une contiiniellc apj)licalion à Dieu ; il passait les carêmes entiers sans manger ni boire , cl il pratiquait de si rudes austérités, que plusieurs commencèrent à douter si c'était véritablement un homme. Les saints Pères, qui étaient en ce moment dans le désert, voyant cette manière de vie si nouvelle et si étrange, s'assemblèrent pour examiner si elle était de Dicui, et s'il n'y avait point en cela quelque illusion. Pour en avoir une manpie assurée, ils résolurent d'éprouver jus(iu'oii allait dans ce nouveau solitaire res|)rit d'obéissance. Us lui eiivoyer(;ni donc une personne cliarg<;e de lui dire de leur part, que sa manière de vie était tout à fait nouvelle et singulière, qu'ils s'clonuaient de ce qu'il avait
qu'ils conduisent, persuadés (pie par là on ne man- (juc jamais de découvrir leur fond. Une pers(mnc, par exemple, est attirée à communier souvent, à faire de grandes austérités, à prendre de rudes disciplines, à porter souvent la haire, le cilice ou une ceinture de fer ; à veiller, à coucher sur la dure, et à d'autres pareils exercices : rctf>nchez-lui une partie de ces pratiqu(;s, et vous verrez bientôt de quei <'spril elle est animée, et ce qu'elle est dans le iond de son cœur.
Ce n'est pas que ces sortes de mortifications ne soimt très-estimables, et que le désir de les prali- (pier ne soit très-louable, surtout dans ce siècle où il y a si peu de véritables pénitents ; mais il \n.\U en cela y avoir de la tromperie. Ce qui est infailli-
loi TRAITE DE L'OBEISSANCE. — PART
liloiuenl plus excellent et hors de loiil péril, c'est de rendre compte à son supérieur ou à son directeur de tout ce qu'on fait, de tout ce qu'on désire et de tout :e qu'on pense, afin de recevoir ses ordres et de les suivre aveuglément, sans faire ni plus ni moins que ce qu'il nous dit. Voilà toujours le plus siir et le plus agréable à Dieu ; voilà ce qui attire le plus de grâces et de bénédictions. Quand même le supérieur nous interdirait toutes sortes d'austérités, et toutes les saintes pratiques que nous aurions envie de faire, nous n'en perdrions pas pour cela le fruit et le mérite ; mais nous l'augmenterions, au contraire , par notre soumission, et Dieu nous récompenserait de ces bonnes œuvres, soit à cause du désir et de la volonté efficace que nous aurions de les pratiquer, soit à raison de l'obéissance qui nous les aurait fait retrancher pour son amour. Souvent même il arrive que le mérite de l'obéissance , dans cette privation , est plus grand que celui de l'action même , à cause de la parfaite résignation de notre volonté, el du renoncement absolu à notre jugement, qui se rencontrent dans notre soumission à la volonté de Dieu déclarée par le supérieur.
C'est ce que la sainte Vierge fil bien comprendre à sainte Brigitte {Revel. S. BrUjit. lib. iv, c. 26) dans UHC de ses révélations. Cette sainte avait un désir extraordinaire des grandes mortifications; mais, comme sa santé en était notablement altérée, son directeur lui en fit retrancher une partie, ce qu'elle souffrit avec un peu de peine , dans la crainte que ce retranchement ne fît tort à sa perfection. La trèssainte Vierge, la voyant ainsi affligée, lui apparut et lui dit : Sachez, ma fille, que si deux personnes désirent de jeûner un jour par dévotion, et que Hune, se conduisant par elle-même, jeûne pour honorer Dieu, tandis que l'autre ne jeûne pas, parce que son supérieur le lui défend; la première reçoit une récompense pour son jeûne ; mais la seconde en reçoit deux : l'une pour le jeûne qu'elle voulait ^aire, l'autre pour avoir renoncé à sa propre volonté en pratiquant l'obéissance.
Saint François Xavier estimait tant cette secondo récompense, et la mettait si fort au-dessus de la première, que, quoi(ju'il vît clairement combien la conversion des âmes et les travaux qu'il y employait lui attiraient de grâces et procuraient de gloire à Dieu ; quoiqu'il eût, pour ainsi dire, en ses mains la conquête et la conversion de tout un nouveau monde , c'est-à-dire d'une infinité d'âmes, néanmoins il était toujours prêt à tout quitter, et à retourner à Rome, à la première parole de son supérieur, témoignant même qu'il ne faudrait pour cela qu'une seule lettre; et que s'il voyait seulement un / écrit de la part de saint Ignace, pour lui dire d'aller ailleurs, cela lui suffirait pour abandonner à l'instant cette grande entreprise et pour s'en aller à l'autre extrémité du monde , partout où l'obéissance l'appellerait. C'est ainsi que tous les saints ont préféré l'obéissance aux plus belles entreprises du