‹ Œuvres complètes de M. Tronson, supérieur du Séminaire de Saint-SulpiceChapitre 126 sur 303 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Que la perfection d'une âme, dans nne communattU', est attachée à l'observance de ses rèijtes.

Quelque saiiile que soil la conuuunaulo où vous vivez , quoique puissant secours que vous y trouviez contre vos cnneniis , ne vous imaginez pas y être en sùrelé, et encore moins pouvoir jamais vous y rendre parfaits, à moins d'en observer oxactenieni toutes les règles , et de suivre ponctuellement les ordres et les conseils qu'on y donne. < Les anges, > dit saint Bernard, « se sont perdus dans le ciel, qui était «ne demeure plus sainte que tous les lieux du monde ; Adam a péché dans le paradis terrestre, quoique ce fût un lieu choisi de Dieu même pour être le séjour de l'innocence ; Judas a trahi son maître dans l'école de Jésus-Christ, dans la société des apôtres, dans la compagnie la plus sainte qui ait été et qui sera janiais sur la terre : In cœlo cecidit angélus, sub prœsentia Divinilatis ; Adam in paradiso terrestri, de loco voluplatis; Judas in cœnaculo, de sclwta Salvaloris. {De div., serm. 50, n. 1.)

Tout cela nous montre que ce ne sont point les lieux qui sanctifient, et que dans les hcux les plus saints il faut être fidèle à ce que Dieu demande, pour s'y rendre parfait : Non in locîs , sed in factis sancta quœrenda sunt, dit saint Cyrille. C'est ce qui fait dire à saint Jérôme, écrivant à une personne qui avait dessein d'aller à Jérusalem : « Ce qui mérite véritablement d'être estimé n'est pas d'avoir été à Jérusalem, mais d'y avoir mené une vie sainte: Non Jerosolijmis fuisse, sed Jerosoltjmis bcne vixisse laudandum est. » (Epist. 49, Ad Paulin.) « Que personne donc, » dit saint Bernard, t ne se glorifie de la sainteté de la maison où il demeure, s'imagi- Bant que , parce qu'elle est plus sainte , il en doit être plus estimé : c'est là une pensée vaine et une imagination ridicule ; car ce ne sont pas les lieux qui sanctifient les hommes, mais ce sont les hommes qui sanctifient les lieux : Ne quis sibi de loco islo blandiatur, quia dicitur : Locus iste sanclus est ; non enim locus homines , sed liomincs locum sanctifîcant. > (S. Beio»., ibid.)

Ce n'est pas que le séjour d'une communauté, d'une maison d'ordre et de paix , ne facilite beaucoup la perfection , et ne donne de puissants secours pour l'acquérir; mais tous ces secours sont inutiles, si l'on n'y vit dans l'ordre, et si l'on ne suit exactement tous les avis qu'on y reçoit. « Si vous voulez, > dit saint Bernard, « que l'ordre de ]a communauté vous préserve du péché, et vous conserve dans la grâce , il faut nécessairement que vous conserviez vous-même l'ordre de la communauté : Ro(]o vos, fratres, et mullum obsccro, sic agite et 4ic State in Domino, dileclissimi, semper circa custodiam ordinis, ut ordo custodiat vos. » ( Epist. 3oo,

(82) Jugo disciplinje insolentia morum domanda )Psl, quousque duvis ac diutinis senioruni altrita U'jJJjLius, Jiuiniliclîir, cl saiitiur cervicosa voluntar.,

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