E. — V. DE L'ORAISON. 4G
l'un de remercfment, car les habits nous sont donnés pour nous défendre des injures du temps et de l'incommodité des saisons. Combien do misérables qui, dans les plus grandes rigueurs de l'hiver, n'ont pas un pauvre habit pour se couvrir? combien qui tremblent, qui soufl"rent, qui gémissent de froid? n'en a-t-on pas vu même mourir de froid ? cependant ils n'ont pas plus ofl"ensé Dieu. que nous, ils ne sont pas plus criminels ; n'est-ce pas une grâce que Dieu nous fait de nous conserver encore ce secours après tant de crimes, et après en avoir mérité mille fois la privation ? Le second sentiment que nous devons ajouter aux trois premiers est un ardent désir d'être revêtu de la grâce de l'innocence de Jésus-Christ même, qui est le salutaire dont les prêtres doivent être particulièrement revêtus: Sacerdotes ejns induant salutare (Psal.cww, IG), et que saint Grégoire deNazianze appelle pour ce sujet, tnayna sacerdotum tunica ; c'est l'habit long des prêtres, parce qu'ils doivent être tellement couverts de Jésus-Christ, qu'il n'y ait rien d'eux qui paraisse en eux-mêmes ; mais qu'il n'y ait que Jésus-Christ qui y paraisse, et ainsi, dans ce sentiment, pratiquez cet avis de l'Apôtre )Rom. \iu,\ 14) : Jnduimini Dominum Jesiim CItristvm, ou bien dites-vous à vous-mêmes ces paroles que l'évêque vous a dites une fois : Induat te Dominus novum hominem, qui secundumDeumcreatus est injustitiact sanctitale veritalis.