‹ Œuvres complètes de M. Tronson, supérieur du Séminaire de Saint-SulpiceChapitre 150 sur 303 · KS · texte numérisé non relu

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se flatte de pratiquer robéissance en ce qu'il fait ; car ce n'est pas lui qui obéit alors au supérieur, mais c'est le supérieur qui lui obéit, t El par conséquent celui qui veut acquérir la vertu d'obéissance doit s'élever au second degré de cette vertu, qui demande que non-seulement il exécute la volonté du supérieur, mais aussi que sur la volonté du supérieur il règle la sienne, ou plutôt qu'il quitte la sienne pour ne voir que celle de Dieu, laquelle lui est déclarée par le supérieur.

IX. 3° Soumission du jugement. — Mais si quelqu'un veut faire de soi-même un sacrifice parfait, il est nécessaire cfu'après avoir soumis à Dieu sa volonté, il lui consacre encore son entendement, en quoi consiste le troisième et le plus haut degré de l'obéissance : de sorte que non-seulement il veuille ce que le supérieur veut, mais qu'il soit aussi de même sentiment, et que son jugement soit entièrement soumis au jugement du supérieur, autant qu'une volonté déjà soumise peut soumettre l'entendement. Et quoique cette faculté de l'esprit ne soit pas libre dans ses opérations, comme l'est la volonté, et qu'elle se porte par une détermination naturelle et nécessaire à ce qui lui paraît véritable, elle peut néanmoins dans les choses, où l'évidence de la vérité connue ne l'emporte pas nécessairement, suivre l'un des deux partis, selon le poids que la volonté lui donne. Et c'est dans l'occasion de ces choses qui ne sont pas évidentes, que tout homme qui fait profession d'être obéissant, doit se soumettre au sentiment du supérieur: car, comme l'obéissance est une espèce d'holocauste, par lequel tout l'homme, sans nulle réserve, se sacrifie dans les flammes de la charité à son Créateur et Seigneur, par les mains de ses ministres; et comme elle est «•ncore un entier et parfait renoncement à soi-même, par lequel le religieux cède volontairement à tout le

d'un corps à l'autre : de même, parmi les hommes, afin que les uns reçoivent leur mouvement et leur conduite de l'autorité des autres, ce qui se fait par l'obéissance, il faut que celui qui dépend de la volonté d'aulrui soit soumis à sa discrétion et à ses ordres, afin que, par celte soumission, il reçoive l'impression de l'autorité de celui qui commande. Or, il n'est pas possible que cette obéissance et cette soumission puissent subsister, si la volonté et le jngenient de l'inférieur ne sont parfaitement d'accord avec la volonté elle jugement du supérieur.

XI. Que si nous voulons ensuite faire réflexion sur la fin- et sur la cause de l'obéissance, nous trouverons que, comme la volonté se peut dérégler en ce qui nous louche, le jugement peut en cela mênxî tomber aussi dans l'erreur; et par conséquent, comme pour empêcher que notre volonté ne se dérègle, nous l'unissons avec celle du supérieur : ainsi dans la crainte que notre jugement ne se trompe, nous devons le conformer avec le jugement du même supérieur. Ne vous appuyez point sur voire prudence, dit l'Ecriture sainte. [Prov. m, 5.) Et c'est un commun sentiment parmi les sages, dans les aflaires même du monde, qu'il est de la prudence de ne se fier nullement à sa prudence, surtout en nos propres affaires dans lesquelles nous ne sommes pas ordinairement des juges assez équitables, à cause de la passion qui nous trouble. S'il est donc vrai que, dans nos aflaires particulières, nous devons soumettre notre jugement au jugement et à l'avis d'un autre, quoiqu'il ne soit pas notre supérieur : combien plutôt le devons-nous faire à l'égard de celui qui est véritablement notre supérieur, à la conduite duquel nous nous sommes abandonnés, le regardant comme le lieutenant de Dieu et comme l'interprète de sa volonté souveraine. Et cette précaution est d'autant plus nécessaire aux personnes spirituelles, et dans

droit qu'il peut avoir sur sa conduite particulière les affaires de Dieu, que le danger est pUis grand

pour ne dépendre absolument que de la divine Providence, sous le gouvernement de son supérieur : il est aisé de voir que l'obéissance ne renferme pas seulement l'exécution des cltoscs commandées, ni la volonté pour s'en acquitter volontiers, mais qu'avec l'exécution et la volonté, elle comprend encore la soumission du jugement, par laquelle l'inférieur trouve bon et raisonnable tout ce que le supérieur aura commandé et jugé de la sorte, autant que la volonté, comme nous l'avons dit, aura de force et d'empire sur l'entendement, pour l'obliger à se soumettre.

X. Nécessité de ce troisième degré d'obéissance. — l'IiU à Dieu que cette obéissance du jugement fût aussi parfaitement connue et aussi fidèlement prati- (juée des hommes, qu'elle est agréable à Dieu et nécessaire à tous ceux qui vivent dans les religions. Car, comme dans les corps (udestos, afin que l'un donne le mouvement à l'autre, il est nécessaire que le plus bas soit tellement placé au-dessous du plus haut, qu'il y ait subordination cl assujptiissemcnl

dans le chemin de la vertu, lorsqu'on y va sans être retenu par les règles de la prudence et de la discrétion. Sur quoi Cassien dit fort à propos dans la Conférence de rabbé Moïse : Il n'y a point de déréylcvient d'oii le démon tire tant d'avantage pour perdre un religieux que lorsque, lui faisant négliger les avis de ses supérieurs, il lui aura persuadé de s'arrêter à son propre jugement et de suivre ses propres lumières.

XII. De plus, c'est que, si celte obéissance du jugement nous manque, il ne peut se faire que la soumission de notre volonté et l'exécution des choses (juinous sont prescrites ne soit beaucoup plus défectueuse ; car nous sommes ainsi faits, que les puissances afl'eclives de notre âme suivent naturellement celles qu'on nomme appréiiensives; d'où il arrive que, sans une grande violence, il n'est pas possible que la volonté se soumette; conslannnent dans les choses que le jugement désapprouve;' et (juatid même il se trouverait quehpfini qui eût cette boumibsion de volonté durant quelque temps, par

LKTTftE DE S. IGNACE StR

cette iiKixiino générale, qu'il l'aut obt'ir, nuMiic en des choses qui ne seraient pas coniniandées avec assez de prudence, celte soumission néanmoins ne peut èlre constante ni assurée, et ainsi il n'y a point de persévérance, ou du moins la perfection de Tobéissance, qui consiste à obéir prourplement et avec gaîté, ne s'y rencontre pas: car il ne se peut faire qu'il y ait de la joie et de la promptitude où les esprits sont si partagés dans leurs opinions. Le soin et la diligence à exécuter le connnandement se perd aussi, lorsqu'on vient à douter s'il est à propos de tdre ou de ne faire pas ce qu'on nous ordonne : cette simplicité si renommée de l'obéissance aveugle ne s'y trouve plus, lorsque nous recherchons en nous-mêmes si c'est avec prudence ou avec peu de raison qu'on nous fait le commandement ; et peutêtre il arrive que nous condamnons le supérieur, parce qu'il nous commande ce qui ne nous est pas fort agréable. L'humilité se perd, d'autant que si d'une part nous nous soumettons, de l'autre néan^ moins nous nous préférons au supérieur. La force nous manque dans l'entreprise des choses diflicilcs. Enlin, pour le dire en un mol, toute la vigueur de l'obéissance et tout ce qu'elle a d'excellent se perd ; et, au lieu de tous ces avantages, ilarrive d'ordinaire, par le défaut de cette soumission du jugement, que l'on tombe dans la tristesse, dans la pesanteur, dans les murmures, dans les excuses et en d'autres imperfections considérables, qui ravissent à l'obéissance toute sa valeur et tout son mérite. C'est pourquoi saint Bernard parlant à ceux qui ont tant de dilGcullé à exécuter les choses qui leur sont commandées, quand elles sont fâcheuses, leur donne cette instruction : Si vous souffrez avec peine ce qui vous est ordonné ; si vous faites quelque jugement désavantageux de votre supérieur ; si vous vous laissez aller intérieurement aux inurmurcs, quoique vous fassiez extérieurement ce qui vous est commandé, sachez que ce n'est point là une vertu de patience, mais un déguisement pour couvrir votre malice. Que si l'on recherche la paix du cœur et la tranquillité de l'esprit, il est hors de doute que celui-là n'en jouira jamais, (jui nourrit en soi-même le sujet de toute sorte de troubles et d'inquiétudes , lequel n'est autre que cette opposition de jugement aux ordres de l'obéissance; et c'est pour cette raison que l'apôtre saint Paul, exhortant les fidèles à maintenir entre eux cette paix et cette union, qui est le lien de toutes les sociétés, leur recomniande si expressément que tous jugent et disent les mêmes choses, afin que par cet accord des jugements et volontés ils se conservent mutuellement dans une paix parfaite.

XIH. Excellence du ô^ degré d'obéissance. — De ce que nous avons dit jusqu'ici , il est aise de connaître combien l'obéissance du jugement est nécessaire ; mais si vous voulez savoir combien elle est parfaite et agréable à Notre-Seigneur, il ne faut que considérer premièrement, que c'est par elle ((ue l'on consacre à Dieu la plus noble et la plus précieuse fa-

LA VERTU D'ODEISSANCE. 5;.8

culte de l'homme ; de plus, que c'est par son moyen que celui qui obéit devient un holocauste vivant et agréable à la majesté divine , ne réservant rien du tout de soi-même ; et enfin que c'est elle qui nous fait entreprendre un con)bat très-difficile , dans lequel celui qui obéit se surmonte très-généreusement pour l'amour de Dieu , résistant à celte inclination si naturelle à tous les hommes , qui les porte à s'attacher à leur propre sens ; d'où nous devons conclure qu'encore que ce soit le propre de l'obéissance de perfectionner la volonté , puisque c'est elle qui !a rend soumise au moindre signe de l'inclination du supérieur ; néanmoins cette obéissance, comme nous avons dit , doit encore élendre son pouvoir sur l'eiitendenient , pour lui faire prendre parfaitement les pensées et les sentiments du supérieur ; et de cette manière il arrivera qu'employant toutes les forces de la volonté et de l'entendement, nous nous porterons, avec une promptitude merveilleuse , à exécuter entièrement tout ce qui nous est ordonné.

XIV. Moyens pour acquérir ce 3° degré d'obéissance. — Il me semble que vous me dites, mes trèschers frères , que vous êtes maintenant bien persuadés de la nécessité de celte vertu, mais que vous voudriez bien savoir comment vous pourriez acquérir la perfection. Je vous dis, avec saint Léon : c Qu'il n'y a rien de difficile aux humbles, et rien de fâcheux aux esprits doux et traitables. > Ainsi , pourvu que la douceur et l'humilité ne vous manquent pas , la bonté de Dieu ne manquera pas aussi de vous donner des grâces assez fortes pour vouj acquitter, non-seulement sans résistance, mais aussi avec plaisir, des promesses que vous lui avez faites.

XV. Premier moyen. — Mais, outre cette réponse, générale , je vous présente trois moyens particuliers qui pourront beaucoup servir à acquérir cctto obéissance du jugement. Le premier est , comme je vous ai dit au commencement de celte lettre , de ne considérer pas le supérieur comme une personne sujette aux défauts et aux faiblesses ordinaires des hommes , mais de regarder en lui Jésus-Christ même, qui est la sagesse souveraine, la bonté incompréhensible , et la charité infinie , lequel n'est capable ni d'être trompé , ni de vous tromper. Et puisque votre conscience vous rend témoignage que c'est pour l'amour de Dieu que vous vous êtes soumis au joug de l'obéissance , afin d'être plus assurés de faire la volonté divine , en faisant celle du supérieur : tenez aussi pour très-certain que la charité de Jésus-Christ , qui est très-fidèle en ses pro-^ messes , veillera toujours sur votre conduite , et qu'elle ne manquera jamais de se servir du ministère de ceux qu'elle a établis vos supérieurs, pour vous mener à votre but par des chemins assurés. C'est pourquoi vous devez écouler la voix et le commandement du supérieur, avec le même respect que vous écouleriez la voix de Jésus-Christ; car c'est ainsi que l'ajjôtre saint Paul , dans la lettre qu'il écrit aux Colossiens , exhorte les sujets à ohcic i.

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lours srtpcrioiirs cl îcur dit : Quelque chose que vous fassiez, faùcs-te de cœur comme si vous travailliez vour Dieu et non pas pour les hommes , sachunl que vous recevrez de Dieu la récompense ; rendez vos scrvices à Jésns-Chrisl-Notrc-Scicjneur. Saint Bernard nous propose encore ce même moyen quand il dit : Quelque commandement quon vous ait fait , soit qu'il vienne de Dieu ou de l'homme , qui est le vicaire de Dieu , vous devez certainement vous j/ soumettre avec un soin et un respect éyai , pourvu néanmoins que le commandement de l'.homme ne soit pas contraire à lu loi de Dieu. Et ainsi , pourvu que vous n'arrêtiez pas vos yeux sur ce qui paraît d'extérieur en riiomme, nrais que vous portiez vos pensées plus haut, pour regarder Dieu en sa personne, vous ïi'aurez nulle difficulté de conformer vos volontés et vos jugenieivts à la règle que vous avez choisie vousmêmes de vos actions.

XVI. Second moyen. — Le second moyen que je vous propose , c'est de faire "toujours tout ce que vous pourrez pour justifier en voire esprit le commandement et le sentiment du supérieur, et de ne prendre jamais la liberté de le désapprouver ; pour cela , il ne vous servira pas peu de vous affectionner à tout ce qu'il ordonne ; d'où il arrivera que , non-seulement vous obéirez sans chagrin , mais que vous io ferez avec beaucoup de joie et de plaisir ; car, comme dit saint Léon , a On ne sert point avec .';on train le, quand on aime ce qui est commandé. »

XVII. Le dernier moyen pour acquérir cette soumission de jugement, est de tous le plus facile et le jilus sûr, et même le plus en usage parmi les saints; savoir, de vous mettre bien dans l'esprit que tout ce que le supérieur commande est le commandement et la volonté de Dieu même ; et comme vous vous portez avec un esprit entièrement soumis à end)rasser les vérités que la foi catholique vous propose; ainsi, avec quelque proportion, vous devez vous porter, comme à l'aveugle , à faire tout ce que le supérieur vous dit, avec une volonté toujours prête à obéir, et une soumission d'esprit qui n'examine point l(îs raisons du commandement. Il est à croire que ce fut ainsi qu'Abraham obéit au commandement qui lui fut fait de sacrifier sou filsisaac, et que ce fut aussi de la sorte que quelques-uns des saints Pères du désort, au temps de la loi de griice, obéirent à leur supérieur, comme furent ceux dont parle Cassien , entre autres l'abbé Jean , qui n'avait point d'égard si les choses qu'on lui commandait étaient de ([uelque utilité ou non; comme lorsque avec tant de travail et avec une assiduité si constante, il arrosa un bois sec pendant un an; ni même si les choses étaient possibles, comme lorsqu'il s'applifiua à faire rouler lui seul un rocher, qui n'eût pu être remué par plusieurs honmies ensemble. Et néanmoins celle sorle d'obéissance est si agn'ablc à Dieu, <iu'il Ta voulu autoriser (|ii('l(|n('rois |)ar des miracles. Car, pour ne pas parler des autres qui vous fionl assez connus, saint Maur, disciple de saint Bo-

ES DE M. Ti\ON?O.N. TÀ^O

noît, étant entré dans un lac par l'ordre de son supérieur, marcha sur l'eau sans s'y enfoncer; et un autre ayant reçu le commandement d'aller prendre une lionne , et de l'amener à son supérieur, la prit et la lui amena sans nulle résistance. 11 faut donc avouer que cette manière d'assujettir son jugement propre et de s'arrêter sans autre recherche au sentiment du supérieur, approuvant intérieurement ce qu'il nous commande, n'est pas seulement en usage pîjrmi les saints, mais qu'elle doit être imitée de tous ceux qui ont de l'estime et de l'inclination pour la perfection de l'obéissance en toutes les rencontres où il n'y a point de péché manifeste.

XVIII. Ce n'est pas pourtant que, s'il se présente à votre esprit quelque sentiment différent de celui du supérieur, et qu'après avoir consulté Notre-Seigneur dans l'oraison, il vous semble le devoir représenter, vous ne le puissiez faire avec liberté ; mais de peur qu'en cela l'amour-propre et votre sens par- •ticulier ne vous trompent , il est à propos d'y porter cette précaution, qu'avant et après avoir proposé votre sentiment au supérieur, vous soyez également disposé à faire ou à ne faire pas ce que le supérieur veut ou ne veut pas, et toujours prêt à juger meilleur tout ce qu'il jugera lui-même.

XIX. Subordination dans l'obéissance. — Tout ce que nous avons dit de l'obéissance oblige d'une même manière : et les particuliers à l'égard de leurs supérieurs immédiats, et les recteurs ou les autres supérieurs locaux à l'égard de leurs provinciaux, et les provinciaux envers le général, et le général envers celui que Dieu lui a donné pour seigneur, savoir, son vicaire en terre, afin qu'on garde parfaitement la subordination, et qu'ensuite l'on conserve cette paix et celte charité, sans lesquelles le gouvernement ni de notre Compagnie, ni de quelque autre société que ce soit, ne saurait subsister longtemps. C'est ainsi que la Providence divine dispose toutes choses avec une suavité merveilleuse, elle les mène toutes à leur fin par celte subordination, les plus basses par celles du milieu, celles du milieu par les plus hautes. C'est de là aussi que procède cet ordre qui se trouve dans les hiérarchies des anges, où les unes sont dépendîMUes des autres, et subordonnées entre elles; c'est do là aussi que vient celle liaison mutuelle des globes célestes avec tous les autres corps qui se meuvent, où nous voyons que tous leurs mouvements dépendent du premier mobile, et, se continuant ensuite régulièrement, dépendent de degré en degré jusqu'au dernier. Nous rcnjar([uons cela même dans la police de toutes les villes bien réglées, et •Jarlicidièrement dans la hiérarchie ecclésiastique, où Unia les mcmbrcîs de ce corps n toutes les fondions ([ui s'y prati(|uent dépcndenl généralement d'un seul, qui est le vi(;aire de Jésus-Christ Nolre-Scigneur : et plus cette disposition cl d(''pendance est exactement gardée, pins 1(! gouvernement est excellent et mieux régie. Au contraire, personne ne peut ignorer les désordres étranges «pii arrivent en toute sorte de sociétés, par

Î)G! ENTRETIENS ECCLESIASTIQLES. 562

te inopris ilo cotte snbordinalioii, cl c'est pour colle surmontant vous-niènies ; d'assujollir la partie de

raison que je souhaite avec tant d'ardeur que celte voire âme la plus noble cl la plus dilTicile, qui est

venu soit si religieusement praliiiuée dans celte Corn- \olrc volonté et votre jugemenl, afin que la con-

pagnie, dont Dieu a voulu que je procurasse le bien naissance et l'amour sincère de Jésus-Christ Notre-

et l'usiige, comme si tout son avancement et toute sa Seigneur attire à soi parfailomenl vos cœurs, et règle

conservation consistait en sa seule pratique. si bien vos pas dans le chemin de celle vie, que vous

XX. C'est pourquoi, pour finir cette lettre par où |)uissiez arriver avec plusieurs autres, que vous aurez

je l'ai commencée, je vous conjure par la considération de Jésus-Christ Nolre-Soignour, qui ne nous a pas seulement enseigné robéissance par sa doctrine, mais encore par son exemple, de vous porter à cette vertu de tout voire cœur, cl dans le désir extrême de remporter une glorieuse victoire, en vous

aidés par vos soins et par vos exemples, à la dernière et très-heureuse fin dç la vie éternelle. Je me recommande instamment à vos prières.

De Rome, le vingt-septième de mars mil cinq cent cinquante-trois.

ENTRETIENS EGGLÉSIJLSTIQUES.

Vide minislerium quod accepisti in Domino, ut illud impleas.

(Coloss. IV, 17.)

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