‹ Œuvres complètes de M. Tronson, supérieur du Séminaire de Saint-SulpiceChapitre 156 sur 303 · Y" ENTRETIEN · texte numérisé non relu

Y" ENTRETIEN

De ^importance d'examiner beaucoup sa vocation pour l'état ecclésiastique.

Tout ce que nous avons dit touchant la nécessité de la vocation à l'état ecclésiastique servirait peu, si vous ne vous en faisiez l'application; c'est pourquoi j'ai cru que je devais aujourd'hui vous entretenir de l'importance d'examiner si l'on est appelé de Dieu à cet état. Lorsqu'on donne des maximes générales, on en convient facilement. Qu'on dise, par exemple, à une personne qu'il faut se détacher du monde, et que c'est l'esprit du christianisme, elle vous dira : J'en conviens. Qu'on lui dise qu'il faut travailler à son salut préférablemcnt atout, elle vous dira : J'en suis persuadée. Qu'on lui dise qu'il faut aimer Dieu par-dessus tout, elle vous dira: Qui en doute? Qu'on lui dise qu'il faut pardonner les injures, elle vous dira : J'en suis convaincue. Ou demeure d'accord de tout.cs ces vérités à les considérer en général, parce qu'elles n'incommodent pas la cupidité, et qu'elles ne heurtent pas les passions; mais lorsqu'il faut faire une application de ces maximes générales sur un sujet particulier, pour lors on fait voir que la conviction qu'on avait n'était que dans l'idée. Quand il faut se détacher de telle chose en particulier , on sent toute la force de son lien. Quand il faut préférer l'affaire du salut à un gain, à sa fortune, à son établissement, c'est là lo dinicilc et l'impossible. Quand il faut préférer Dieu à une passion dominante, on cherche des excuses.

Domitie , Domine , intrabit in regnum cœlorum , sed qui facit voluntatcm Patris mei qui in cœlis est. {Matlli. VII, 21.) Saint Paul, écrivant aux Romains, leur recommande de chercher et d'examiner quelle est la volonté de Dieu : Vt probetis quœ sit volunias

Dci bona et perfecta {Rom. xii , 2.) Jésus-Christ

même, dont la vie doit être la règle vivante de la nôtre, nous assure qu'il n'est venu sur la terre que pour faire la volonté de son Père; il dit que c'est sa nourriture : Cibns meus est ut faciam volunlatem ejns qui misit me [Joan. iv, 54) ; et afin que nous n'oubliions pas une règle si nécessaire à notre salut, il nous fait demander à Dieu, dans l'oraison qu'il nous a enseignée, que la volonté de Dieu soit faite en la terre comme au ciel : Fiatvoluntas tua {Maltli. Ti, 10); et l'accomplissement de cette règle est lelle- Bient nécessaire, que nous ne pouvons nous sanctifier qu'autant que nous faisons la volonté de Dieu. Or , si pour régler notre vie il faut connaître quelle est la volonté de Dieu, et si dans toutes nos actions il faut que nous jetions les yeux sur cette grande règle, il est certain que nous y sommes spécialement obligés lorsqu'il s'agit d'entrer dans l'état ecclésiastique, parce que de cette entrée dépendent la gloire de Dieu , le bien de l'Eglise et notre propre sanctification. Si l'on entre dans l'Eglise parla porte de la volonté de Dieu , on peut espérer d'y glorifier Dieu, on peut espérer de rendre service à l'Eglise, on peut enfin espérer de s'y sanctifier. Que si l'on ne consulte pas la volonté de Dieu, et qu'on y entre malgré cette divine volonté, on ne doit attendre que des désordres et des malheurs pour soi et pour l'Eglise. Avant d'entrer dans l'Eglise, il faut s'asseoir, comme parle l'Evangile, compter et supputer Quand il faut pardonner une injure , on couvre sa si l'on pourra soutenir les frais et la dépense de cet dureté, son inimitié de quantité de prétextes. Il en édifice (pi'on prétend bàlir, de peur qu'ayant com- CKl de même de la nécessité de la vocation en meiuu'î témérairement et de sa propre lète , on ne général : on convient qu'on ne doit pas entrer dans juiisse pas continuer ou achever ce qu'on a comrélal ccclésiasli(iuc si l'on n'y est pas appelé de Dieu, mencé, et qu'on ne se rende ainsi le jouet des

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