‹ Œuvres complètes de M. Tronson, supérieur du Séminaire de Saint-SulpiceChapitre 168 sur 303 · GOT · texte numérisé non relu

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KNTRETIENS ECrLESIÂSTIQUES..

tonir un certain exlt'i'itMir do religion dont il lui revient quel(|uo protil. Ne craignez point qu'il néglige celte confrérie et autre chose pareille où il trouve son avantage pécuniaire ; ainsi il donne sujet au peuple de se persuader que la religion ne consiste que dans cet extérieur, outre qu'il les autorise dans leurs attaches et dans leurs avarices.

Le quatrième chef des ohligalions d'un prêtre est de travailler à sa propre perfection ; or un avare n'y pense seulement pas. 11 pense bien à remplir sa bourse, son grenier, mais non pas à remplir son âme de vertus. Au contraire, il accumule, il entasse péché sur péché, il s'éloigne toujours plus de Dieu par l'attache à son idole ; et cela va si avant, que saint Chrysostome dit que si l'on ôtait l'avarice du monde, on en ôterait tous les maux : Toile pectiniarum slnditnn, et omnia main snblala sunt; radix enim omiiinm vialoium est cupidilas, dit saint Paul. ( / Tim. VI, 10. )

Permettez-moi maintenant, avant d'achever, de vous demander pourquoi vous voulez amasser dp l'argent ï C'est, me direz-vous, pour vous mettre hors de danger de tomber dans la misère, et pour avoir de quoi vous soulager dans un besoin. Ah ! ne dites pas que c'est pour cela, vous vous trompez vousmêmes. Dites que c'est par passion, par avarice, et par un amour déréglé des richesses. Je sais qu'il y en a qui amassent quelque chose, et qui mettent un petit fonds devant eux pour les cas de nécessité. Cela n'est pas blâmable quand on le fait par prudence. Mais voici les différences de ceux qui le font p» raison d'avec ceux qui le font par avarice; à ces marques vous pourrez discerner quel est votre motif. 1° Ceux qui le font par prudence, se fixent et se limitent à une petite somme, à vingt, trente ou quarante pistoles, selon la qualité et les besoins de chacun; après quoi ils ne réservent plus rien, ils donnent. Pour les autres, au contraire, plus ils mettent de côté, plus ils veulent augmenter ce tas de réserve.

2° Ceux qui le font par prudence, quand ils ont ramassé la somme qu'ils ont arrêtée d'avance, ils la jettent dans un fond de coffre et ne la voient plus que dans le besoin ; mais ceux qui le font par avarice contemplent souvent cet argent et ne se lassent pas de le considérer.

3° Ceux qui le font par raison sont maîtres de leur argent; quand l'occasion se présente de le dépenser pour Dieu, ils n'hésitent point ; il faut même qu'ils se fassent violence pour le conserver quelque temps, c'est une peine pour eux que de garder ainsi de l'argent : pour ceux qui le font par avarice, c'est leur argent, au contraire, qui est niaitre d'eux ; ils le respectent et n'osent pas y toucher, quelque raison qui se présente.

Mais encore, pourquoi conservez-vous ces biens avec tant de soins ot de précautions? Pour vous mettre à votre aise et en repos : Rcquiesce, anima Hjea..... StiiUe, liac nectc animam ttuim repctunt a te.

( Luc. xii, It), 20. ) Ces biens qui vous donnent tant de peine, à qui reviendront-ils ? A des héritiers qui se moqueront de vous, qui peut-être vous demanderont avec iniptidence où vous avez mis votre argent, s'ils ne le trouvent pas, et qui enfin ne feront aucune prière pour vous.

Tâchez, si vous ne voulez point aspirer à cette grande perfection, à ce grand dévouement, à cet abandon total à la Providence, qui fait qu'on ne réserve rien, tâchez du moins de faire selon les règles de l'Église ; disposez de vos biens avant de mourir, par un bon testament qui ne serve pas à Dieu pour vous juger et prononcer votre condamnation.

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