‹ Œuvres complètes de M. Tronson, supérieur du Séminaire de Saint-SulpiceChapitre 17 sur 303 · K7 MANUEL DU SEMINVIUSTE. — VI · texte numérisé non relu

K7 MANUEL DU SEMINVIUSTE. — VI

nécessaire ; pour vivre il faut mander. La nouvrilure de l'àine est-elle moins nécessaire que celle du corps? ne faut-il pas que l'i^me ait sa nourriture pour vivre aussi bien que lo corps? et sa nourriture, dans le sentiment de tous les Pères, n'est-ce pas l'oraison ? S/ciU pauis est iilimentinn corporis, cl virtiis animer, sic spiritalis oralio alimcntiim est mentis. (AiG. ; Ephrem. ; Nii.is., De oratione.) Faisons-en donc comme de la nourriture corporelle. Or, voici trois règles que nous gardons inviolablcmenl, et qui nous serviront de trois avis importants pour l'oraison, par lesquels je finis : je vous prie de les retenir pour tout le fruit de ce discours.

1° Comme nous ne manquons point tous les jours de prendre la réfection corporelle, et que pour cela nous avons quelque heure déterminée, ainsi ayons tous les jours quelque heure particulière destinée pour l'oraison. Le malin est toujours le meilleur , parce que l'esprit étant plus libre et dégage, il s'applique à Dieu avec une plus grande facilité : et c'est aussi le temps qui nous est marqué dans notre règlement. Mane et vespere tcmpus est orutionis opportuuum : qnod penitus peculiari vacuum oratione prœterire, si vacat, culpabiliter prœteritur, (Bonav., p. 1 Disc, ad novil., cap. 12, De oratione.)

2" Si nous ne pouvons faire notre oraison à l'heure que nous avons destinée pour cet effet, comme il pourra quelquefois arriver lorsque nous serons hors de la maison , ne manquons pas de la reprendre à une autre heure , tout de même que lorsque les affaires nous ont fait perdre l'heure du repas , nous le reprenons à une autre heure : si nous ne sommes pas à l'heure du dîner, nous dînons bien à une autre heure. Oliiim si dcsit sicut ad cibum corporis, ila quoque ad refcctionem animœ , est vindicandnm ; sicut enim carnalibus cibis alitur liomo exterior, sic devotis oralionibus liomo interior pascitur et nutritur; porro devotus quisquevix opporlunitate frandatur. (Donay., ibid.)

5° Connue lorsque le corps est obligé de travailler davantage, et que la multitude des affaires nous oblige à de plus grandes fatigues, bien loin de retrancher ou de diminuer la nourriture du corps, on lui donne davantage, parce qu'il a plus besoin de forces : ainsi lorsque nous aurons beaucoup d'affaires , de peines , de difficultés , d'embarras , prenons garde de ne pas quitter noire oraison : au contraire , il faut pour lors en faire davantage ; il faut la faire plus longue, imitant Notre - Seigneur dont l'Évangile remarque que se trouvant dans des do&leurs mortelles, il prolongeait son oraison : Factus in acjonia prolixius orabal. {Luc. vxii, 45.)

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