‹ Œuvres complètes de M. Tronson, supérieur du Séminaire de Saint-SulpiceChapitre 171 sur 303 · POUR LE TEMPS DE L AVENT · texte numérisé non relu

POUR LE TEMPS DE L AVENT

DE l'hLMILITÉ.

De l'obligation de nous humilier à ta vue de Jésits- Clnisl qui vient au monde.

Premier point. Adoration. — Adorez Notre-Seigneur venant au monde, et admirez jusqu'à quel point il porte ses humiliations et ses divins abaissements. H sort de l'aimable sein de Dieu son Père et de l'heureux séjour de sa gloire, pour venir daïs un misérable pays et dans une terre ingrate où on ne le connaît point : Et mundus eum non cognovit. {Joan. I, 10.) 11 vient pour s'exposer à toutes sortes d'affronts , d'ignominies et de bnssesses. Pour être on état d'y souflVir plus de confusions, il cache son Etre divin , toutes ses perfections et toutes ses grandeurs; il les couvre du voile de la nature humaine, il les abaisse à nos infirmités, il les enveloppe dans nos misères. Il va même jusqu'à un point d'abaissement si surprenant, qu'il se revêt, tout Dieu qu'il est, de l'apparence du péché; il en prend la figure , ne pouvant en prendre la vérité ; il en porte la ressemblance , et paraît ainsi à la face de tout le inonde, et en la présence même de Dieu son Père. Ah ! quelle abjection pour un Dieu ! Quelle humiliation pour Jésus! Quelle confusion pour l'innocence même! Cet abaissement est si profond, (jnc saint Paul n'a pas cru le faire assez connaître, en disant qu'il s'est humilié et qu'il s'est abaissé : Humitiavil semetipsum {Vhilip. i, 8) : mais il a ajouté qu'il s'est abaissé jusqu'au néant, qui est le d(;rnier point d'abaissement où la (Té.nture puisse être réduite : Exinanivil-semetipsum . {Ibid., 7.) Rendez vos devoirs à ce divin Sauveur, s'anéantissant ai:isi pour votre amour. 0 humititas, virtus Clirisli,

quantum confundis siiperbiam nostrœ vanitatis! (S* Bern.) C'est l'état où les anges reçoivent un ordre exprès de l'adorer. Et adorent eum omnes angeli cjus. (Hebr. i, 6.) Unissez-vous à leurs devoirs; prenez part à leur religion, et rendez-lui avec eux vos hommages.

Deuxième point. Communion. — Pour vous humilier avec Notre-Seigneur et profiter de son exem pie, considérez les motifs qui vous y peuvent particulièrement obliger : en voici trois considérables, d'autant plus propres pour ce temps, qu'ils sont tirés de la seule vue de Jésus qui vient au monde.

Le premier est fondé sur les qualités même de Jésus-Christ qui s'abaisse et qui vient. C'est votre roi : Ecce Rex tuus venit tibi. {Matth. vxi, 5.) Or, que fait-on quand un roi vient, et qu'il approche pour faire son entrée? Chacun va au-devant de lui, et c'est ainsi qu'on tâche de l'honorer. Mais pour aller au-devant, remarquez qu'il faut nécessairement prendre le même chemin par où il vient; et c'est ainsi que vous devez aller au-devant de Jésus votre roi qui approche, et qui vous doit obliger à vous humilier, sachant que c'est par cette voie de l'humilité qu'il vient au monde. Ce Roi qui vient est encore votre époux : écoutez , comme on vous en avertit expressément, afin que vous ne manquiez pas d'aller au devant : Ecce sponsus venit, exile obviam ei. [Matth. xxv, G.) Imaginez-vous la joie d'une épouse qui , après avoir longtemps attendu son époux qui la conviait d'aller au-devant de lui , apprend qu'il est tout proche : ah ! (lu'olle va de bon cœur par le chemin où il vient! Ah 1 qu'elle s'y tient avec allégresse! Ah! qu'elle y avance avec amour! Voilà les sentiments d'une âme fidèle à la venue do J(''sus-Christ et aux approches de son époux. Oh I

MEDITATIONS SUR LTRIMILITE.

que c'est avec grande joie qu'elle s'humilie, parce qu'elle sait ([ue c'est par celte mêuie voie de l'humiliation qu'il vient. Ce Roi époux qui vient, c'est votre Pieu . or qu'y a-t-il de plus juste que la créature s'anéantisse aux approches de sou Dieu qui s'abaisse? Il faut que tout plie, il faut que tout s'abatte , il faut que tojit s'humilie sous le poids immense d'une si grande el si adorable majesté. Et voira le premier motif qui doit partieulièrement vous 'aire aimer el pratiquer l'humilité dans ce temps : les qualités de Jésus qui vient au monde, et ce que vous lui devez eu sa venue.

Le second motif qui vous doit puissamment humilier à la vue de Jésus venant au monde, est qu'rl n'y vient que pour entrer dans votre cœur : or, ne prétendez pas qu'il y entre, ni qu'il y demeure, si vous n'êtes humble.

Car vous savez qu'il fuit toujours les cœurs superbes, et qu'il ne demeure que dans les liumbles : Super qucm requiescet Spiritus Domini, nisi super humilem? (Isa. xi, 2.) Altus est Deus; élevas te et fuyit a le; humilias te, et descendit ad te. (S. AuG.)

Et quand il viendrait dans votre cœur, vous savez bien qu'il n'y pourrait être que gêné, contraint et on opposition continuelle à tout vous-même, si vous ne vous humiliez : Dms snperbis rcsistit. {Jac. iv, 6.) Or, si, dans vos répugnances, dans vos dégoûts, dans ces contradictions et oppositions que vous ressentez en vous-même, vous avez tant de peine à vous souffrir, et vous ne sauriez vous supporter : Factus sum miliimetipsi (jravis [Job vu , 20), que sera-ce de Jésus en vous, s'opposant à vous-même, et du poids d'un Dieu qui vous acca'ule ? Ainsi, vous ne le recevriez que pour votre condamnation. Pesez un peu l'extrémité de cet état, avoir en vous votre Sauveur même qui vous condamne : voilà oîi vous en êtes réduit, si vous manquez d'humilité à sa venue : à ne point recevoir Jésus, ou à le recevoir pour votre condamnation.

Le troisième motif est que, s'il veut venir au monde et dans votre cœur, c'est pour vous rendre participant de ses vertus : or, voyez pour cela combien l'humilité est nécessaire. (1 12) L'humilité, dit saint Paul, est la vertu de Jésus-Christ : Ut inhabitet in mevirtusCliristi (//Cor. xii, 9) ; c'est une de celles qui tient plus de son esprit; c'est sa chère, sa spéciale, son unique, sa bien-aimée. C'est celle qui lui est propre. Celte vertu est même, dans le sentiment de tous les saints, le fondement de toutes les autres : Fundamentum custosque virtutum. Ainsi, sans elle, vous n'en aurez aucune. Enfin, sans celle vertu, on rapporte toujours à soi-même et aux fins de sa superbe, tout ce qu'on fait ; ainsi, sans elle, bien loin d établir en soi les vertus chrétiennes, il n'y en a pas une qu'on ne corrompe, parce qu'il n'y en a pas une

(112) Humilitas, cum fuerit in veritate possessa, confcstim te ad charitalem , quai timorem non habet, gradu excellentiore perducet : pcr quam universa ausî prius non sine pœna formidinis obser-

qu'on ne fasse servir à sa propre gloire, et pour s'établir davantage en soi-mêuie, au lieu de s'en ser\ir pour s'établir en Jésus-Chrisl.

Jugez, après cela, ce que peut attendre un cœur qui n'est pas humble, à la descente de Jésus ; voyez quel fruit il peut espérer de sa venue. Examinez si ce n'est pas ce qui vous a empêché de profiler, pendant tant d'années, de tant de grâces que Noire-Seigneur répand en vue de ce mystère. Confondez-vous de votre superbe; demandez -en pardon à Dieu, et priez-le de vous remplir le cœur de l'esprit d'une sincère et véritable humilité.

Troisième point. Coopération. — {° Demandez souvent à Dieu l'humilité, et qu'il ne se passe aucun jour psnlcnt l'A vent, et même, s'il se peut, en toute votre vie, que vous ne le priiez de vous donner cette grâce.

2° Abattu en esprit aux pieds de Jésus -Christ, renoncez en sa faveur, à toute la gloire, l'honneur, l'éclat, les dignités, les grandeurs auxquelles il a renoncé lui-même pour votre amour.

5° Donnez-lui votre cœur, afin qu'il y établisse ses vertus ; mais donnez-le lui sans réserve, el de telle sorte, que vous ne so)'ez jamais en état de le reprendre pour revenir à vos inclinations, le redonner à vos humeurs et le laisser ravir à la superbe. Offrez toutes les prières, les jeûnes, les mortifications, les communions , el toutes les bonnes œuvres que vous ferez pendant ce temps, afin que vous puissiez obtenir cette grâce.

Sicut de fonte terreno et de corporali fluvio non potest quis bibere, nisi voluerit se inclinare : ita et de vivo fonte Christi et Spiritus sancti fluvio nemo aqtiatn vivam haurire poterit, nisi se liumiliter inclinare voluerit, propter iliud quod scriptum est (Jac. iv, 6); « Deus superbis resistit. > (S. C^sar. Arelat.)

DE l'hlMILITÉ.

Dm premier degré de l'humilité, qui est de connaître sa propre abjectio7i et de se plaire dans cette vue.

Premier point : Adoration. — Considérez le bel exemple que Noire-Seigneur nous donne touchant ce premier degré de ThumiUlé. Il voit l'abjection où il se réduit, se faisant homme ; il connaît jusqu'où va la bassesse de cet étal ; il sait que l'humanité où il s'abaisse, étant tirée du néant comme le reste des créatures, c'est s'anéantir et se réduire à une condition infiniment vile pour un Dieu, que de s'y assujettir : cependant il le fait avec amour, et met sa joie à se voir réduit dans les derniers abaissements, joie qu'il fait paraître en s'eniretenant souvent avec ses apôtres ; en prenant dans ses conversations avec eux, le nom qui exprime mieux l'abjection de cet état, et s'appelant Filius honiinis (Matlli.

vabas, absque ullo labore velut naluraliter incipies cuslodire, non jam contemplatione supplicii vei timoris illius, sed amore ipsius boni el deleciatione virtutum. (Cassian., lib. iv Institut., cap. 59.)

viu, 20 ; IX, 6 ; x, 23, etc.) ; en déclarant mênift, pour mieux exprimer les senliments de son cœur, qu'il est le plus petit de son Eglise, quoiqu'il en soit le chef; en prenant pour son titre d'honneur qu'ij chérit particulièrement, et dont il se glorifie dans ses Ecritures, la qualité de dernier de tous les hommes, iVoiw'ssimas virorum (/sa. lui, 3); «en se mettant non-seulement le dernier de tous, mais beaucoup au-dessous, en disant qu'il n'est pas un homme, mais un ver de terre , qui ne doit paraître que pour être foulé aux pieds de toutes les créatures, et traité avec le dernier mépris : Ego sum vermîs, et non liomo. {Psal. xxi, 7.) En vérité, ne faut-il pas avoir des sentiments bien bas de soi-même, et se bien plaire dans la vue de sa propre abjection, pour parler du cœur, et parler de la sorte ? Adorez tous les sentiments de l'âme sainte de votre divin Maître, prononçant ces paroles, ef rendez vos devoirs ordinaires à cet aimable Sauveur, se complaisant ainsi dahs h vue de ses abjections.

Deuxième POINT. Communion. Pour vous bien établir <^ans le premier degré de l'humilité, qui consiste à aimer votre propre abjection, à vous plaire à ce qu'il y a en vous de plus humiliant et de plus vil : considérez 1° que c'est là ce qui doit particulièrement attirer les regards et les complaisances de Notre-Seigneur sur vous: Il regarde , dit le Prophète, les choses viles : Humilia rcspicit {Psal. cxii, 6) ; et il a une telle inclination pour les choses basses, par le poids de l'humilité qui l'attire, qu'il est impossible qu'il n'arrête sa vue sur sa créature , quand il la voit abaissée devant ses yeux : Respexit humilitatem ancillœ suœ. {Luc. i, 48.) Or que peut aimer plus raisonnablement un enfant, que ce qui plaît davantage à son père ? Où se doit plaire davantage un sujet (ju'en ce qui attire sur lui les regards de son prince ? Quel sujet plus légitime des amours d'une épouse, que ce qui fixe sur elle le cœur et les complaisances d'un époux? C'est le premier sujet que vous avez d'aimer la petitesse, et de vous plaire dans la vue de votre abjection.

Le second motif qui vous doit porter à bien aimer votre propre abjection; et à vous y plaire, c'est que cet amour de la petitesse, non-seulement attire les regards de Notre-Seigneur sur vous , mais c'est encore ce qui attire le plus puissamment son secours, ce qui fait découler le plus abondamment ses grâces, ce qui les fait le plus efficacement descendre dans un cœur ; méditez-bien ces trois avantages. 1° C'est ce qui attire le plus puissamment son secours. Les regards de Dieu ne sont point siériles, comme ceux des créatures : qu'une créature regarde, qu'un souverain jette sa vue sur quelqu'un, il ne l'eiifichitpaspar ses regards, et il ne le met point par là plus à son aise : mais dire que Dieu, qui voit tout, regarde les choses basses, comme vous ven(v, de «éditer : Humilia respicit, c'est dire qu'il les relève, i;'>cst dire qu'il les assiste, c'est dire, en termes sair«s,^uMI leur fait rcssl-nlir les efforts de son secours :

Videt Deus quando miseretur. Et ne vous en étonnez point ; c'est le secret de la faiblesse et de l'impuissance, aussi bien que de la misère d'attirer l'assistance de ceux qu'elles réclament et qui les peuvent secourir, soit par la compassion naturelle qu'on en a, soit par la soumission qu'elles font en cet état qui fléchit le cœur : soit pour l'honneur qu'on retire de prêter la main aux misérables, on ne leur peut refuser le secours. 2° C'est ce qui attire les grâces de Dieu plus spéciales et plus abondantes ; car les grâces, disent tous les saints, sont de la nature des eaux : elles ne se trouvent pas ordinairement sur les montagnes, elles découlent des lieux élevés pour se décharger dans les'vallées ; c'est-àdire que ce sont les âmes, que l'humilité tient abaissées dans la vue de leur néant, qui les reçoivent . Quod denatat de lumoribus coltis, confluit in vallc Itumilitatis. (S. AuG.) 5° C'est encore ce qui attire Notre-Seigneur même dans un cœur. Car depuis que cette vue eut la force de l'attirer la première fois du plus haut du ciel en terre, et du sein de son Père dans le sein de la très-sainte Vierge, comme elle le déclare elle-même après l'avoir reçu : Fccit milii magna qui potcnsest... {Luc. i, 49.) Respexit humililatem ancillœ suœ{Ibid., 48), il ne peut voir une âme ainsi anéantie, et qui se plaise dans la vue de sa bassesse, qu'il ne descende et qu'il ne la rempHsse. C'est le privilège de l'humilité ; elle a été dans la sainte Vierge la mère de Jésus-Christ : Humilitate concepit. Depuis ce temps, elle a le privilège de l'enfanter, et 9e le produire dans tous les cœurs I où elle se trouve. N'est-ce pas assez pour vous faire aimer votre misère, votre abjection, votre infirmité, votre pauvreté ? gagner ainsi le cœur de Jésus, et l'obliger à descendre dans le vôtre, quel avantage? Vis locus es$e Dei ? eslo humilis. (S. Auc.) Le troisième motif qui vous doit encore encourager à aimer votre propre abjection, nonobstant toute la répugnance que la nature y trouve, c'est que Notre-Seigneur chérit celte disposition au point que, pour nous la faire chérir aussi particulièrement, il en fait la première béatitude de l'Evangile, et le premier fondement du bonheur du Chrétien : Beafi paupcres spiritu : « liienlmireux, . dit-il, sonl les pauvres d'esprit {Maltli. v, 3) > c'est-à-dire, ceux qui se voient pauvres, vils, abjects, dénués de tout, et privés par eux mêmes de toutes sortes de biens. Nullus spiritu pauper nisi humilis . (TEnTn.L.) Rienheureux ceux qui ont ainsi leur vue arrêtée sur leur abjection ; bienheureux ceux qui ont l'esprit et le cœurdans leur pauvreté, et qui, étant convaincus qu'ils sont pauvres, se plaisent dans celte pensée, et mettent leur joie dans cette conviction. Quel motif plus puissant pour entrer dans ces senliments et dans cette pratique que l'humilité demande, que d'être assuré par la bouche sacrée du Fils de Dueu que la béatitude même s'y rencontre : Bealipauperes spiritu? Il n'y a personne qui ne soupire après la félicité ; tout le monde veut le bonheur ; plaisez-

vous donc dans la vue de votre abjection, dit Jésus- Christ, et vous serez bienlieurcux ; bienheureux en ce que celle praliqutj dégageant l'àmc de la sul>erbe, c'est-à-dire de la source de tous les doréglcinents et des péchés, elle la délivre par une suite nécessaire de tous les maux; bienheureux en ce qu'attirant Dieu dans une àme, elle la met dans la possession de tous les biens ; bienheureux en ce qu'étant une marque de prédestination des plus évident tes que nous ayons en cette vie, de l'aveu même des saints: Ei'identisshnum eleclonim sigtium, elle met l'àrae en l'état de jouir à jamais de celte grande félicité.

Voyez à présent comme vous êtes éloigné de ces sentiments ; combien vous êtes peu fidèle à cette leçon du Fils de Dieu, et à celte première et fondamentale pratique du christianisme ; combien vous avez encore peine à vous en convaincre, et à vous y soumettre, nonobstant l'exemple el l'instruction que le Fils de Dieu vous donne sur ce sujets Confondez-vous devant lui, et de vos sentiments passés, et de vos dispositions présentes; priez-le instamment de vous donner un véritable amour pour la petitesse et la bassesse.

Troisième point. Coopération. — 1° Songez à ce que vous êtes par vous-même, et selon le corps, et selon l'àme ; quelles misères vous environnent de toutes parts ; à quelles faiblesses, impuissances et infirmités, vous êtes assujetti ; à quelle pauvreté vous êtes réduit.

2° Tâchez de vous rappeler particulièrement ces pensées et de vous y entretenir, lorsque vous vous sentirez attaqué de la superbe : car c'est pour lors que vous en aurez plus besoin, et vous ne trouverez jamais rien de plus fort contre l'esprit d'orgueil.

3° Demandez souvent à Dieu l'amour de votfe abjection, afin que la vue de vos misères, de vos faiblesses, de votre peu de talents et de votre peu d'esprit, etc. , ne vous décourage point , mais au contraire, qu'elle vous oblige à recourir à lui avec plus de confiance, à le servir avec plus de fidélité, et à le remercier même de ce qu'il vous tient, et selon le corps, et selon l'esprit, dans cet état de pauvreté, el qu'il a éloigné de vous les grandeurs qui vous auraient assurément perdu par la superbe.

Difficile est ut non sit superbus qui divcs est. (S. Al'G.)

DE l'hLMILITÉ.

D'une autre partie du premier deijré de cette vertu, qui est de s'estimer peu, et d'avoir de bas sentiments de soi-même.

pREMiEK POINT. AdoratioH. — Le premier degré de l'humilité fait que, non-seulement on se plaît dans la vue de son abjection, mais encore qu'on s'estime peu : Humilitas est depositio vani sensus (S. Basil.) ; et que l'on a de très-bas sentiments de S8i-mème. Humilitas est contemptus propriœ excellevliœ. (S. IIehn.) Considérez avec saint Cyprien que OEUVRES COMPL. DE M. TkONSON. I.

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