‹ Œuvres complètes de M. Tronson, supérieur du Séminaire de Saint-SulpiceChapitre 23 sur 303 · MANUEL DU SEMINARISTE. - VIII. DE LA MESSE · texte numérisé non relu

MANUEL DU SEMINARISTE. - VIII. DE LA MESSE

raies sont nécessaires, mais peu utiles sans les particulières. Je dirai dans l'oraison : je veux être humble, j'en fais la résolution ; cela est bon ; mais si nous n'ajoutons : dans telle et telle action, nous n'y penserons point dans l'occasion. Présentes : c'està-dire résolutions telles, (jue, s'il se peut, on les pratique dès le jour môme ; car de prendre de belles résolutions, mais dont l'occasion ne se présentera que de longtemps, par exemple, je ferai cela l'année prochaine ; on n'y pensera plus quand le temps sera arrivé. Efficaces ; en sorte qu'elles aient leur effet, et quoique nos résolutions ne nous obligent pas, conmie les vœux, sous peine de péché, on doit être néanmoins fidèles à tenir les résolutions que l'on a prises, et se faire scrupule d'y manquer.

Terminons par la dernière partie de l'oraison, que nous appelons conclusion. Quelquefois nous n'avons presque qu'un moment pour la faire, parce que nous nous sommes arrêtés toute notre heure aux deux premières parties, et pour lors il faut se contenter, en disant le stib tuum prœsidium, de remettre le tout entre les mains de la sainte Vierge, et nos affections, et nos résolutions, et nos desseins, et nous-mêmes, disant simplement comme un petit enfant: Tenez, sainte Vierge, prenez tout, tout est vôtre ; que le tout soit sous votre sainte protection. Ou bien, si nous avions un peu plus de temps, nous pourrions faire ces trois choses: 1° Remercier Dieu des grâces qu'il nous a faites dans l'oraison, grâce de nous avoir soufferts en sa présence, grâce de nous avoir donné la force de la faire, grâce des bonnes pensées, attentions, bons mouvements et autres faveurs qu'il nous a communiquées. 2° Lui demander pardon des fautes que nous y avons faites, tant de négligences, tant de tiédeurs, tant de distraclions, si peu d'application. 5° Remettre le tout entre les mams de la très-sainte Vierge, et la prier qu'elle nous serve de supplément envers son Fils, et qu'elle bénisse nos résolutions, la journée présente, toute notre vie et notre mort.

Il faut enfin terminer l'oraison par le bouquet spirituel, suivant le conseil du saint évêque de Genève, et qui est admirablement important pour conserver le fruit de l'oraison. Or ce bouquet n'est rien ? jtre chose qu'une ou deux ou au plus trois pensées ou affections ou résolutions principales, qui nous ont le plus touchés dans l'oraison, que nous recueillons et ramassons de toute l'oraison, afin d'y penser et de les flairer de temps en temps pendant le jour , comme ceux qui vont dans un jardin rempli de fleurs, et qui en prennent deux ou trois des plus belles et des plus odoriférantes, pour les flairer et les regarder pendant le jour. Or cela est d'une telle conséquence, que si nous le négligeons, nous perdrons bientôt tout le fruit de l'oraison. Cutn oraveris lit orare oportet, dit saint Nil {De orat., cap. 46), sta viriliter, custodiens fruchtm tuum, ad hoc enim a principio positus es. ;Vc ifjilur postquam laboruvimus,

quod laboratum est, sine custodia relinquas, alioquht orando nihil proficies ; nous ne profiterons point à l'oraison, dit ce saint, si au sortir de l'oraison, nous ne conservons avec soin ce que nous avons fait dans l'oraison : or un moyen facile de le conserver est de faire ce bouquet spirituel. Et il me semble que nous le pourrions faire en retournant à notre chambre, afin de ne point perdre ce temps ; au lieu de causer et s'amuser inutilement, on pourrait repasser sur ce qu'on a fait dans l'oraison, et ramasser ce qui nous y aura le plus touchés.

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