Troisième partie. — Conclusion
1° Remerciez ; 2° demandez pardon ; 5° offrez. Bouquet spirituel. — Time, frater, pro accepta
il voit l'ingratitude si énorme de celui qui retombe, gratia, amplius pro amissa, longe plus pro recuperaet l'infidélité si grande à celles qu'il lui avait données; ta. (S. Bern.)
de la part du démon, qui, voyant que la proie lui était une fois échappée, que son esclave avait brisé ses chaînes, que son criminel s'était échappé de ses liens par la pénitence ; quand il le reprend par la rechute dans le péché, il le serre de plus près et le traite avec plus de rudesse; il le renferme avec plus de cruauté, il le garde avec une vigilance si exacte, qu'il est bien difficile qu'il s'en échappe ; de la part du pécheur même : car par ces actes de péchés multipliés, et i»ar ces chutes réitérées, le pécheur fortifie son habitude, et multiplie ses liens, dont il a ensuite phis de peine à se défaire. Au lieu que les autres pécheurs n'ont que trois ennemis à combattre, le monde, le démon et la chair : celui-ci en a
De la persévérance.
Première partic. — Préparation.
\" Melt(v.-vous en la présence de Dieu par un acte de foi et d'adoration.
2" Renoncez à vous-même pour ne paraître qu'en la i)ersonne de Jésus-Christ devant la majesté de Dieu son Père.
7)" Demandez son Esprit, et renoncez au vôtre.
Seconde partie. — Corps d'oraison.
Premier POINT. Adoration. —Considérez combien Noire-Seigneur a souffert pendant sa vie peur l'accomplissement des volontés de Dieu son Père ; ni la
RETKAITE ECCLESIASTIQUE. — NEUVIEME JOUR
fureur des déiHons, ni la rage des hommes, ni les terribles effets de la colère de la justice de Dieu n'ont été capables de l'en détourner. Admirez comme il persévère jusqu'à la mort, en sorte qu'il aime mieux perdre la vie, dit saint Bernard, que de s'en départir pour un moment. Louez-le de le voir si fidèlement attaché à son divin service ; remerciezle, et de l'exemple qu'il vous a donné de persévérer ainsi jusqu'à la mort dans le service de Dieu, et de la grâce qu'il vous a méritée pour faire de même.
Deuxième point. Communion. — Examinez bien combien il vous est nécessaire de persévérer jusqu'à la mort dans le service de Dieu, et combien il est important d'avoir cette grande vertu de la persévérance que les saints Pères appellent la fille unique du souverain Monarque, le fruit et la consommation des vertus, le réceptacle de tout bien, le lit de§ noces que l'assemblée de toutes les vertus s'est consacré, la robe sacerdotale qui doit descendre jus-
commencé, qu'il a servi à Judas d'avoir bien veeu au commencement de son apostolat ; c'est ce qui le rend plus criminel.
Le second motif est la grandeur de cette récompense que Notre-Scigneur promet à celui qui persévère ; c'est le paradis, la gloire éternelle, la possession de Dieu même, et pour jamais : concevez bien ce que c'est que celte récompense, et combien elle surpasse toutes celles de la terre ; et ensuite dites en vous-même : Hélas! si les courtisans persévèrent dans le service de leurs princes, animés par la seule espérance d'en recevoir quelque récompense temporelle, qui bien souvent s'en va en fumée , que ne dois-je point faire pour le service de Dieu qui me promet ces grandes récompenses dans l'éternité ?
Le troisième motif sont les regrets qu'on aura en l'autre vie, de n'avoir pas persévéré à bien faire en celle-ci. Hélas ! quels regrets î regrets cuisants, re-
qu'aux pieds, la nourrice des mérites , la médiatrice grets éternels, regrets inutiles, et sans fruit ; car
de la récompense, qui porte en elle l'image de l'éternité, l'échelle de Jacob, sur le haut de laquelle s'appuie Noire-Seigneur. Si quelques-uns de ces noms vous louchent, et vous portent à désirer beaucoup la persévérance, vous pourrez vous en entretenir ; si vous ne trouvez pas de quoi vous y occuper sulfisammenl , vous pèserez les trois motifs suivants.
Le premier motif est que Dieu ne donne le paradis qu'à ceux qui persévèrent à bien faire jusqu'à la mort ; sans cela tout est inutile : il fau'l ou persévérer, ou être réprouvé ; Celui, dit le Fils de Dieu, qui persévérera jusqu'à la [in sera sauvé {Matth. x, 22); où vous remarquerez que le Fils de Dieu ne dit pas que celui qui persévérera en sa crainte et en son amour durant un, deux ou trois ans, ou jusqu'à làge de cinquante, soixante ans seulemeiu, sera sauvé ; mais celui qui persévérera jusqu'à la fin de sa vie. En effet, ce ne sont point les commencements, dit saint Jérôme, ajoutons, ni môme les progrès, mais la fin que Dieu couronne dans les Chrétiens. Toutes les vertus courent au prix et à la récompense, dit Pierre de Blois, mais il n'y a que la persévérance qui l'emporte, et qui est couronnée;
alors il n'y aura plus de remède, et l'on se verra obligé , malgré soi , de persévérer éternellement dans les rages, les désespoirs et la haine de Dieu, parce qu'on n'a pas voulu persévérer ici dans son amour.
Confondez-vous de vous être exposé si souvent à ces malheurs en votre vie passée ; demandez-e«i pardon à Dieu. Surtout demandez toujours instammant le grand don de persévérance ; car c'est une grâce particulière que Dieu ne donne qu'à ses prédestinés, et sans laquelle il n'y a point de salut.
Troisième point. Coopération. — 1° Résolvezvous de demander tous les jours à Dieu avec humilité celte persévérance, qu'il donne à qui il lui plaît , et qui est un de ses principaux bienfaits.
2° Faites une bonne protestation tous les malins à votre lever, et tous les soirs à votre coucher, de vouloir plutôt souffrir la mort que de commettre un seul péché.
3" Remettez-vous souvent en pensée que la mort approche, et que si elle vous surprend en étal de
et c'est elle seule, dit saint Bernard, qui rend péché mortel, vous serez privé pour jamais de voir l'homme à l'éternité, et qui donne l'éternilé à l'homme. C'est pourquoi les saints nous disent que c'est inutilement que l'on court, si l'on ne court jusqu'au bout de la lice. A quoi, disent-ils, sert une semence bien cultivée, el l'espérance d'une belle récolte, si, aux approches de la moisson, le dérèglement de la saison, ou quelque inondation extraordinaire ravage tout ? Et si la vigne, après avoir promis beaucoup, étant en fleur, est ruinée par la grêle ou par les bétes sauvages avant que la vendange soit faite , le travail n'est-il pas tout perdu ? Considérez ces comparaisons des saint Pères, et dites avec eux que c'est ainsi qu'il en arrive à ceux qui ne persévèrent pas dans le service de Dieu jusqu'à la mort : il m; leur servira pas plus d'avoir bi» n
la face de Dieu, el précipité dans l'enfer, pour y brûler avec les démons dans toute l'éternité.
4° Evitez les occasions du péché ; soyez fidèle à l'oraison ; ayez dévotion particulière à la sainte Vierge ; ayez un bon directeur, dont vous suiviez en tout les avis.