‹ Œuvres complètes de M. Tronson, supérieur du Séminaire de Saint-SulpiceChapitre 28 sur 303 · ENTRETIEN X · texte numérisé non relu

ENTRETIEN X

De faction de grâces après la sainte communion. Après vous avoir parlé dans le dernier entretien de la sainte communion , j'ai à vous entretenir de l'action de grâces qui la doit suivre immédiatement. Lorsque saint Augustin nous parle de cette action, L* dit qu'on ne peut rien écouter de plus agréable , qu'on ne peut rien entendre de plus satisfaisant, qu'on ne peut rien faire de plus utile , et qu'on ne peut rien de plus excellent : Qnid melius ore protnamus? hoc niliil audiri lœlius, niliil intelligi gratins, niliil agi fructuosius potest. (Alc, cpist. 5, ad Marcellam.) Ainsi j'espère que ce discours ne vous tiendra pas moins attentifs, et ne vous apportera pas moins de fruit que les précédents. Or j'ai deux choses particulièrement à vous en dire: la première, l'importance de celte action ; la seconde, la manière

de la bien faire.

L'importance, parce que l'omettre, c'est faire injure à Dieu, outrage à Jésus-Christ, cl nous oortcr

à nous-mêmes le plus grand pn'-judicc.

1° C'est faire injure à Dieu. Car Dieu exige de sa créature des remercîments pour les biens qu'il lui donne, et si strictement, qu'il les requiert pour les plus petits bienfaits. Aussi Noire -Seigneur, après le miracle de la multiplication des pains , ordonne de recueillir les restes ; Colligite, dit-il, quœ snperaverunt fragmenta, ne pereanl. Ces restes, selon la pensée de saint Bernard, sont la figure des plus petits bienfaits que nous ne devons pas laisser perdre dans un coupable oubli, mais qu'au contraire nous devons recueillir par l'action de grâces, dit ce Père (serm. 51, in Cantic.) : Diligenter\considera quœ tibi apponuntnr, vt nulla videlicet Dei doua débita gratiarum actione frustrentur, non grandia , non mediocria , non pusilla ; et saint Paul nous recommande la même chose : In omuibiis gralias agentes. (Ephcs. V, 22.) Or, si Dieu exige si rigoureusement la reconnaissance pour les moindres de ses dons, qu'exigera-t-il après la sainte communion, qui est le plus grand de tous lesdons ? et si l'Écriture compare à l'homicide l'ingratitude de l'homme à l'égard de l'homme, quel crime n'est-ce pas d'être ingrat à l'égard de Dieu? Ajoutez encore, pour mieux reconnaître l'étendue de celle faute, que deux choses augmentent le crime de l'ingrat envers son bienfaiteur : l'excellence du bienfait et la facilité que l'on a de lui témoigner sa reconnaissance. 1° L'excellence du bienfait, car plus il esl grand, plus aussi est grande l'obligation de celui qui le reçoit, selon cette parole de Y Ecclésiastique (\\:l\, 12) : Da Altissimo sccundum datum ejus. Or quel plus grand bienfait que celui de la sainte communion, dans laquelle nous recevons la plénitude des vertus, la source de tous les dons, et avec Jésas- Christ la Trinité tout entière? Ainsi Dieu nous donne tout ce qu'il a, et tout ce qu'il est, et si ce souverain bienfait n'est pas payé d'une juste reconnaissance, ne faut-il pas avouer que c'est le comble de l'ingratitude. 2° A l'excellence du bienfait se joint la facilité de l'action de grâces, car que demandet-elle? tout au plus une demi-heure : quoi de plus court? Car, de plus, elle ne consiste pas dans les mortifications, le cilice, les sanglantes disciplines, mais dans une affectueuse occupation du cœur ; que peut-il y avoir de plus doux et de plus agréable ? Encore n'est-ce point par nos propres forces que nous devons satisfaire à celle obligation ; un nouveau bienfait nous aide et nous apprend à rendre grâces du premier. Si rem grandem tibi dixisset^ certe facere dcbuisses quanto magis nunc..., disaient les serviteurs de Naaman (IV Reg. v, 13) pour engager leur maître à accomplir ce que lui avait ordonné le prophète. De même si Dieu nous eût ordonné pour action de grâces des choses grandes et dilficiles ; s'il nous eût soumis aux supplices et à la mort, nous eussions sans doute dû lui obéir; mais quand il ne nous demande qu'une chose facile, n'est-ce pas lui faire la plus outrageante injure que de la lui refuser?

OKrVUES CONNUES DE M. TRONSON.

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2" C'est faire oulrage à Jésus-Clirisl. Saint Bcruard, après avoir parlé des persécutions que Jésus- Christ souffre présentement dans l'Église , et particulièrement des ecclésiastiques, dit : Merito et crndeliorem eam censet persecutionem pro acceplis beneficUs. (Bern., St'rm. ni conversionc sancti Pauli.) Cela est évident, et un mot suffit pour vous le montrer. Si un grand prince que vous auriez prié instamment de venir loger chez vous, que vous auriez désiré avec ardeur, avait cette bonté pour vous que d'y venir pour mettre la paix dans votre famille , pour guérir vos domestiques, enrichir vos enfants, vous accorder toutes vos demandes, et cependant aussitôt qu'il y serait, sans le saluer, sans vouloir écouter ce qu'il vous dirait, vous lui tourneriez le dos, et iriez chercher à vous entretenir avec un valet ? quelle incivilité à vous 1 mais quel déshonneur à ce prince ! Et ne dites pas que cela est bon parmi les hommes, mais qu'il n'en est pas ainsi devant Dieu. Il est vrai qu'il n'en est pas de même; car c'est bien pis, et nous serons punis d'autant plus ri^ gou; eusement, que rexcellcnce de sa divine majesté nous oblige dç demeurer devant lui en de plus grands respects. Vœ qui spernis, nonne et ipse sperneris?, (Isa. xxxiii, i.) Vous le méprisez, et dans le temps qu'il est en vous, que vous lui devez témoigner plus de reconnaissance : assurez-vous que vous serez méprisé ; et c'est ce mépris que Notre-Seigneur reproche «lans l'Évangile à ce pharisien qu'il avait honoré de sa présence, et qu'il reprochera encore plus justement et plus fortement à tous les Chrétiens. Intravi domum tuam et oleo caput meum non unxisli. [Luc. vu, 46.) Savez -vous bien, dit ^aint Bernard , que c'est une obligation que Notrc- Seigneur nous impose? car nous sommes tous obligés d'oindre Jésus-Christ , et particulièrement pendant qu'il est dans nos cœurs. IJnctus a Pâtre , ungi tamen postulat a nobis.... liane aquam petit a rivulo ions indeficiens, petit sine dubio, aut cette repetit maffis : ad mare enim unde exeunt , revertuntur, ut iternm fluant. Unge igilur caput tuum, ut si quœ est gralia refcratur ad ipsum. (S. Behn., serm. il, in cap. jejunii.) Ideo Christus dicit in Evangelio {Matth. vi, 17) :. Unye caput tuum {id est me) (Bernard., ibid.) illius ergo officii denegatio Christo contumeliosa ; gratiam non ut gratiam veneranlur ingrati. (Bern.)

3" C'est nous porter à nous-mêmes le plus grand préjudice ; car l'ingratitude nous prive des grâces les )tlus abondantes, et même, dit saint Bernard, elle en tarit entièrement la source. Est ventus urens, siccans sibi fonlcni pielulis, rorem miser icordiœ, fluenla yratiœ. (Bern., scrm. 5 in Canl.) La raison qu'en apporte ce saint , est que tout ce que Dieu donne à un ingrat est perdu; c'est pour cela que quand Nolre-Seigiu'ur obligea à ramasser ces restes dont nous vous avons parlé : CoUigile quœ supcraveruul fragmenta , il ajoute : ne perçant, {.loan: vr , \±) ^umquid enim non vcril qnod dalur ingralo'f (Mer^.,

serm. 52 in Caut.) Dieu donc , pour ne pas perdre, ses dons, se tient plus réservé à l'égard de l'ingrat. Aussi saint Bernard (Ibid.) l'appelle Exinanilio meritorum, virtutum dispersio heneftciorum perditio. Cessant enim gratiarum decursus , ubi recursus non fuerit. (Bern., serm. \ in capite jcjmiii.) Wn^il, qui gratiarum actionem negtigit , fuluris donis privatur ; et sicut qui fidelis est in minimo , censetur dignus mtinere amp/ion', continue saint Bernard, sic econlra.... Car Jésus-Christ, présent en nous par la sainte communion, nous condderait d'une multitude de gi'àces dont nous sommes privés. Si la présence de l'arche dans la maison d'Obédédom fut une source de prospérité pour sa famille; si la présence de Jésus-Christ dans la maison de Zacharie procura tant de grâces à ce patriarche et au saint précurseur, que ne fera pas la présence du même Sauveur dans nos cœurs , après la sainte communion. Sainte Thérèse (Chemin de la perfection, chap. 12) dit qu'une des raisons principales, pourquoi les personnes religieuses profitent si peu des communions fréquentes , c'esl qu'elles ménagent mal le temps auquel ce divin hôte est dans leurs poitrines.

L'omission de l'action de grâces ne nous prive pas seulement des grâces que nous aurions pu recevoir à l'avenir, mais elle nous rend indignes de celles même que nous avons actuellement ; car, dit saint Bernard (serm 1 in capite jejunii.) Non ut minus habens Christus repetit, sed ne tibi pereat : si guident etiam fluminis aqna si stare cœperit, et ipsa putre»cet.... nec modo nihil augetur ingrato , sed et quod acceperat vertitur ei in perniciem. Lorsque l'homme néglige cette reconnaissance . I laisse dans ce moment la parole éternelle , le Verbe éternel , Jésus- Christ, inutile en lui : Si de verbo otioso redditurus es ratiunem, quid de oliositate Verbi divini , dit Basile. (De bapt.) De plus, Dieu, dans ce moment, nous donne actuellement des grâces pour le remercier. Si donc nous n'en faisons pas usage , elles croupissent en nous , et n'y engendrent que de la corruption. Qu'est-ce à dire? c'est-à-dire que n'en faisant aucun usage , elles ne serviront qu'à notre propre condamnation, et à nous rendre plus criminels. F/m-? minis aqua si stare cœperit, et ipsa putrescet. Aussi j'ajoute, en dernier lieu, que cette omission attire d'effroyables chà,timents et d'épouvantables malédicliojis. Vœ qui spernis, nonne et-ipsesperneris? (Isa, .\xxiu, 1) ; la malédiction d'un Dieu ! Ilorrendum est inciderein manus Deivivcntis. (Ilehr. x, 51.) N'avonsnous pas sujet de craindre cette autre nialédiction :. AufcrQtnr a vobis rcgnnm Dci, et dabitur genti facienù fructus ejns. (Mallh. xxi, 45.) Ezccliias , remaniue sajnt Jérôme , a'Jjrotavit usque ad mortem, quia licet sacrijicium cum populo obtulerit Deo posl victoriam, non tamen canlicum in gratiarum actio~ ncm cantavit, sicut moris eral. Ce (juc l'Apôtre reproche aux jihilosophos païens, c'est ([u'ayant connu Di(!U par l'admirable spectacle de la nature, ils ne l'ont ni bt'-ni ni remercié : Quia cum coqnovissent.

409 M.VMEL DU SEMINARISTE. —X DE L'ACTION DE GUACES APRES LA COMMUNION. 110.

Deum, non sicut Deum glorificaverunt, aut çiralias grande retenue, qui doit paraître en trois ciioses : eyentnt. {Roin. i, 21.) Voyez après cela si je n'avais dans la posture et contenance du corps, qui doit être

pas raison de vous dire : Yœ qui spernis, nonne et ipse sperneris? [ha. xxxiii , 1.) Horrendutn est inci' dere in manus Dci viventis. {Hebr. x, 51.) Et si nous ajoutons enfin la pensée de saint Augustin (tract. G2 in Joan.) qui dit que ce qui donna entrée au dénjon dans le cœur de Judas ce fut son ingratitude : Post bucci'llam, introivit in eum Satanas. (Joan. xiii, 27.) Homini in(jrato intravit panis in ventrcm, hoslis in mentcm, ne m'avouez-vous pas qu'il est de la dernière importance de ne nous point rendre coupables de ce crime, et aussi de nous fendre iidèles pour bien nous acquitter de celte action de grâces? Mais que faut-il pour la bien faire? Nous pouvons considérer deux choses dans cette action, l'extérieur et l'intérieur. Pour l'extérieur, j'ai trois avis particuliers à vous donner. Le premier est de prendre quelque temps immédiatement après la communion pour celte action ; car il n'y en a point de plus propre : Tempus beneplaciti Deiis. C'est le temps où Jésus-Christ étant en nous , Dieu le Père y prend toutes ses complaisances. Ajoutez que pour lors nous serons moins dissipés, et nous la ferons plus facilement à cause de l'abondance des grâces et de la pensée de Jésus-Christ présent. De plus, en différant, nous ne savons pas si nous serons en état de la faire, ou s'il ne nous arriverait point comme à Cait), qui veut remercier Dieu en lui offrant les prémices ; mais Dieu n'accepte point ses présents , il le rebute ; et pourquoi ? écoulez ce que l'Écriture nous en apprend : Post dies autem obtulit et Cain (Gen. iv) ; c^est qu'il a différé. Ainsi le premier avis que je vous donne, est de prendre le temps de votre action de grâces immédiatement après la sainte communion; et cet avis est si important que, selon l'excellente remarque de saint Cyrille (lib. ix m Joan. , i-ap. xix), Diabolus Judam postbticceUam separavit , titm moram, tum benedictionis virtutem timens, ne scintilla in animo ejns accenderet, ac inde illuminaret, et ad meliora retraheret, magna prœcipilem egit celcritate. Il est donc important que le temps de l'ac- Uon de grâces suive immédiatement la sainte communion. Secondement il ne faut point sortir de l'église pendant ce temps ou de la chapelle où nous aurons communié, pour aller faire notre action de grâces dans la maison , et cet avis regarde particulièrement les communions faites à l'église, et en présence du peuple. Savez-vous comme le peuple nous observa? nous n'avons pas la moindre démarche déréglée, le moindre regard imniortifié, la moindre contenance immodeste , qui ne soit sujette et exposée â la censure ; et quand il voit qu'après avoir communié, nous ne demeurons pas en actions de grâces , il nous condamne ; et qui pis est , il croit pouvoir prendre la même liberté : ainsi, sans faire attention à Jésus-Christ qu'ils ont reçu , ils en perdent bientôt le respect avec la pensée. Le troisième avis est, pendant ce temps, de demeurer en une

modeste, dans le silence qui doit être rigoureux, dans la mortification de la vue qui doit être entière. J'ajoute qu'il est bon, autant qu'on le peut, de s'empêcher de cracher pendant ce temps, au moins aussitôt après la sainte communion.

Pour l'intérieur, nous avons cinq choses à faire. 1° Adoration ; car la première chose qu'il faut faire est de saluer un si bon hôte ; et, comme dans le monde à l'arrivée d'un grand prince , on réuni', toute la famille, on rassemble les enfants, pour que tous lui rendent leurs devoirs, ainsi nous devons ramasser et convier toutes nos puissances et leui dire : Magtiificate Dominum mecum , et exaltcmus nomcn ejus in idipsîim. {Psal. xxxiii, 4.) Yenite, ex~ snltemus Domino, etc.... (Psa/. xciv, 1.) Saint Jean Climaque se trouvant dans un monastère, et considérant un religieux du chœur qui surpassait les autres par rattention qu'il apportait à chanter, et qui principalement au commencement des hymnes setnblait, au mouvement de son corps et de ses lèvres, parler à quelqu'un, le pria de lui apprendre ce que voulaient dire ces signes et ces mouvements. C'est, lui dit-il, qu'au commencement de la prière j'invite toutes mes facultés à louer Dieu : Ego, inquit, cogitationes meas et mentcm atque animnm colligere a principio collectée consuevi, et coram convocatis eis acclamare : Yenite, adoremus et procidamus Régi nostro. (Joan. Clim., grad. 4.) 2° Remercîment fervent dans la vue d'un si grand don (Rulh u, 10) : Vnde mihi hoc ut invenirem gratiam anle oculos tuos, et nosse me dignareris mulierem peregrinam? Ainsi lui offrir en remercîment nos biens, notre âme, notre vie, nos facultés, tout nous-mêmes, et, après tout, se voyant faible, lui offrir Jésus-Christ comme notre supplément : Quid misericordius? Pater dicit : Accipe unigenitum Filiiim meum. et rcdime le ; Filius dicit: Accipe me, et redime te. (Aie, Médit. ) 3" Ouverture de cœur , pour lui découvrir toutes nos nécessités, lui exposer tous nos besoins comme à notre ami, cœur à cœur : Effundite coram illo corda vestra. {Psal. lxi, 9.) Effunde cor tiinm sicut aquam in conspectu Domini. [Tliren. u, 19.) •4° Attention à sa voix, comme le Prophète : Audiam quid loquatur in me Dominus. (Psal. Lxxxiv, 9.) Loquere, Domine, quia audit servus tuus (l Reg. m, 9) ; et pour cela demeurer dans un silence intérieur ; car il n'est pas raisonnable de parler toujours, il faut que Jésus-Christ nous parle à son tour ; or il ne le fait jamais mieux que pendant que nous sommes ainsi en silence. Dum médium silentium tenerent omnia, omnipotens sermo tuus a regalibus sedibus venil. {Sap. xviii, 15.) 5° Consécration totale de tout ce que nous sommes et de tout ce que nous avons à son service, afin qu'il règne souverainement sur nous. Les peuples rassasiés par Notre— Seigncur vinrent, ut râpèrent et facerent eum reg(^m (Joan. VI, 15) ; ainsi rondous-hti k» rovaut€ et lo

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fC'.'pire, que noire amour-propre lui a si souvent lavi; reniellons-le dans son trône, que le péché avait usurpé ; remcllons-lui la couronne , non pas il'épines, mais de gloire sur sa tête : Corona mea vos estis {Phitip. iv, 1), nous dit Jésus-Christ. Enfin prions-le qu'il règne sur nous absolument, sans réserve, et pour le temps et pour l'éternité.

Voilà les cinq choses principales que nous devons faire, et, pour finir par un dernier avis, c'est qu'après cette action de grâces, nous devons considérer que nous avons obligation de passer le reste du jour dans une plus grande retenue : Particida (liei bonœ non te prœtereat. {Eccli. xiv, 14.) Le jour de la communion est ce bon jour, il ne faut pas quxm seul moment s'écoule inutilement; les séculiers mômes nous en donnent l'exemple. Ainsi imit uis les mages : lutrautes domum, invenerunt pue-

rnni cum Maria, maire cjus, et procideiites per

aliam viam rcversi snnt. [Matth. n, 11, 12.) Ils trouvèrent Jésus entre les bras de Marie, comme nous entre les mains du prêtre, et même nous j»ouvons nous représenter que c'est la sainte Vierge |qui nous le donne , puisque , selon sain^ Germain, NuUus donuin consccutus est, nisi per te, IVabord ils se prosternèrent pour l'adorer, proci deiitcs adoraverunt, et c'est ce que nous faisons; ils lui offrirent tout ce qu'ils avaient en action de grâces ; voilà le remercîment : Apertis tliesauris suis, voilà l'ouverture de cœur ; obtulevunl ci mimera, anrurn,tltus et mijrrliam, voilà la consécration totale de tout ce qu'ils ont été pour le service de Dieu ; Kt responso accepto, voilà l'attention à sa voix ; et qu'est-ce que leur dit cette voix? Ne redirent ad Herodem , per aliam viam reversi sunt. Voilà ce que la voix de Dieu ne manquera jamais de nous dire, si nous y sonunes attentifs. Après lui avoir ainsi rendu nos devoirs, ne pensons pas retourner pendant ce jour à nos égarements, nos dissipations, conduite ordinaire de l'amour-propre, et reliqiia cogilatiouis diem (estumadcul libi. Exceplorium bonitatis et or- (janum clarificalionis ejus Itomo grains et qui eum fecit. Exceplorium jusli judicii ejus, liomo ingratus. (Ikkn., lib. IV, cap. 24.)

Qitid relribuam Domino pro omnibus quœ retribuit miki? calicem salutaris accipiam ; liœc est sola retribulio, cum sangnis sanguine compensatur, et redempli cruore Clirisli, pro liedemptorc libenler occumbimns. (S. IIii-noN., Ad Eustocli., De virgmilate servanda.)

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