XI. DE L'OFFICE DIVIN
Matines, on s'occupera de sa prise ; car c'est l'heure à laquellcil parut chargé de liens entre les mains des Juifs ;à Prime, des crachats, mépris ethnmiliations qu'il y reçut ; à Tierce, de la sentence de la mort qui lut prononcée ; à Sexte, de son crucifiement; à None,! delà plaie qu'il reçut à son côté; à Vêpres, de la descente de la croix; à Compiles, de sa sépulture. Ou bien, on pourrait s'occuper à chacun des mystères de sa vie ressuscitée. A Matines, il ressuscite ; à Prime, le Saint-Esprit qu'il envoie, descend sur les disciples , et ainsi du reste. 4° Ne changeant point ainsi de pensée, selon lei heures différentes mais selon les jours; s'occupant pendant l'Office du mystère du jour, de la fêle, ou de quelque pensée que Dieu nous aura donnée dans l'oraison. 5° Suivant les attraits et les impressions de l'Esprit divin qui souttie où il veut et comme il veut. Or, po«ir ne nous point aouser dans ces différentes sortes d'attentions, voici trois avis que je crois très-importants : Le premier est que de ces trois attentions, ad verba, ad sensum, ad fiuem, orationis, la première est bonne, mais ne doit pas être seule ; la seconde est meilleure et suffit sans la troisième; celle-ci est excellente , et, dans le sentiment des saints, et particulièrement de saint Thomas, elle surpasse les deux premières. Le second, quand une personne est attirée à cette troisième altention, elle peut quitter la seconde, suivant la règle même que saint Bernard en donne : .Irf psalmodiam cor habeat, nisi fortassis ad atiquid sublimius rapiatur. Le troisième, pour ne point se tromper soi-même, il est bon de consulter son directeur, pour voir à quelle sorte d'attention nous soniines appelés ; quelle est celle que Dieu demande de chacun, et laquelle lui sera la plus utile ; car souvent on en quitte une dont on tirerait beaucoup de fruit, pour en prendre une autre où nous perdons beaucoup de temps.
Enfin il faut le réciter dévotement, dévote, c'est la troisième condition : c'est-à-dire non-seulemeul avec le respect et l'altenlion que nous vous avons marqués, mais avec amour ; considérant cet Offite non pas comme une charge pesante, ni comme ua joug fâcheux , mais comme un emploi très-avantageux, et un Office dont les anges mêmes s'estimeraient bien honorés ; avec joie, le préférant à tous les autres emplois, quittant volontiers tout le reste : étude, lecture, divertissement et promenades, pour nous en acquitter dévotement.
Il nous reste à vous dire ce^ qu'il faut faire après avoir dit le saint Office ; le voici en trois mots : 1" Remercier Dieu de l'honneur qu'il nous a fait de nous souffrir en sa présence, et des grâces qu'il nous y a accordées. 2° Demander pardon des fautes, négligences, distractions auxquelles nous nous sommes laissés aller. 3''PrierNotre-Seigneur efla sainte Vierge d'être notre supplément envers Dieu, et de le louer pour nous, afin qu'il reçoive autant delouanççA, que nous étions obligés de lui en rendre. Concluons ; cl afin de nous rendre fidèles à ces
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pratiques, el à bien faire celte importante action, je linis par un mot de saint Bonavcnture, auquel je vous prie de bien faire attention, afin que, si ses paroles s'étliappent de votre mémoire, la substance au moins en demeure dans vos cœurs. Tanlo amplhis reverentiœ et diligcntiœ studium divino debetur Officio, quanlo id Deo immediatins cxinbetur. {Ibid.,c. 16.) Cura Officii dilujens, maxima status integritas; ne- (jleclus Officii, maxima vitœ corruplio, maxima reli- (jionis deformilas ; nemo Dci se œslimct servum, si Dei polissimum negligal servitiitem, quce, appropriato vocabulo, Dei servitium nuncupatur.