‹ Œuvres complètes de M. Tronson, supérieur du Séminaire de Saint-SulpiceChapitre 49 sur 303 · MANUEL DU SEMINARISTE. — XVI · texte numérisé non relu

MANUEL DU SEMINARISTE. — XVI

agrénioni ; on sorte (|iie quand on s'est bien diverti et bien récréé , on a de grands seniimcnts de joie, on se plaît à y penser, et on dit avee un épanouissement tout extraordinaire : La récréation a été bonne ; que nous nous sommes aujourd'hui bien divertis! Volupté, seconde intention mauvaise qu'il faut écarter. Curiosité; lorsque nous conversons pour apprendre des nouvelles, ce (pie l'on fait dans le monde, ce que l'on fait à la cour, ce qui se passe à l'armée , et une infinité d'autres choses de cette nature, qui n'étant point convenables à notre profession, ou même y étant opposées, ne doivent point nous occuper par de vaines recherches. Ideo régula Saticti Pacomii jubet : Si quis ambulaveril in via,aut navigaverit , aut operatus fuerit foris, non loqtiatnr quœ ibi geri videril ; nec enim loqnnidnm est, nisi quœ œdificent. Voilà la première chose qu'il faut éviter dans la conversation; les intentions mauvaises.

2" Il faut prendre garde particulièrement aux discours que l'on y tient. Je ne parle point de ces conversations impies, où on ne parle que d'ordures, de péchés, d'abominations, de sacrilèges, mais seulement de celles où il y a encore au moins ([uelque apparence de christianisme ; et je dis qu'on y parle ordinairement de trois choses : de soi , ce qui nourrit la vanité ; du prochain , ce qui donne occasion à la médisance ; du monde, ce qui nous gâte et nous corrompt. Or, afin d'éviter ces désordres, voici les pratiques que l'on doit observer. Pour parler de soi, voici deux règles inviolables : 1° N'en parler jamais, s'il se peut ; car il faut s'oublier soi-même, 2° Si on est obligé de parler de soi, n'en parler jamais avec avantage ; car si nous pensons à nous, ce ne doit être qu'avec horreur : or, on ne parle pas avantageusement des choses qui font horreur. C'est le moyen d'éviter la superbe. Pour parler du prochain , voici encore deux règles que nous y devons suivre : 1° n'en parler jamais en mal; 2° être ravi d'avoir occasion d'en dire tout le bien que nous en savons : c'est le moyen d'éviter la médisance. Voici ce que rapporte saint Jérôme des moines d'Egypte : Consurgunt (dit-il) post prandium, et pariter hymno

dicto unns aliis loquitur, et dicit : Vidistis iltum

et illum? quanta in ipso sit gratia , quantum silentium, quarr vioderatus incessus! Si infirmum viderint, consolantur ; si in Dei amore ferventem, coliortantur ad studium. 3° Pour parler du monde, deux règles pareillement à observer. La première de Ji'en parler jamais s'il se peut, surtout pour en apprendre les nouvelles. Car comme c'est une marque que l'on est de la terre, lorsqu'on aime à parler de la terre, comme Notre-Seigneur dit lui-même dans l'Evangile {Joan. m, 51) • Qui de terra est, de terra loquitur ; aussi est-ce une marque que l'on est du monde, lorsqu'on aime à parler du monde : Recédant vetera de ore vestro. Vetera enim loquitur, dit saint Grégoire, qui, poslliabilis sauctœ Scripturœ elouuiii, sœeularibus vcrbis occupatur. La seconde , eu

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