MANUEL DU SEMINARISTE. — II. DU REGLEMENT. U
celles que . on souffre pendant ({uelque temps, mais homhies, scd hommes locum sanclificiint. ( BtHN.,
pour lesquelles enfin on prierait une personne de se Scrm. de lujno, feno et stipula, 1. m De divers.) Ce
retirer, ce sont celles où il y a de la malice , qui ne sont pas les lieux, mais les actions, et la bonne
portent la contagion et le scandale, et qui sont eau- vie qui nous font saints : Non in lacis, sed in faciis
sëes particulièrement par quelques-uns de ces six esprits dont nous avons parlé. Car si on voyait un esprit séculier, qui ne voulût parler que du monde, et faire comme le monde; si on voyait un esprit railleur, et qui tournât en raillerie les pratiques de piété et les avis que l'on vous donne ; si on trouvait un esprit écolier, qui ne s'occupât que de niaiseries ; si on trouvait un esprit singulier qui, se retirant des règles de la communauté , voudrait s'adonner à des exercices particuliers ; si on éprouvait un esprit critique , qui condamnerait tout ce qu'on fait dans la maison ; enûn si on découvrait un esprit de cabale, qui par des liaisons et amitiés particulières s'opposerait à la charité commune qui doit être entre tous les frères, il ne demeurerait pas longtemps dans la maison, et après l'avoir supporte quelque temps, on le prierait nettemenl.de se retirer.
Pour les fautes qu'on n'y souffre point du tout, ce sont celles qui sont directement opposées à la sainteté de l'état ecclésiastique , et qui sont exprimées dans les ordonnances des supérieurs.
Que si cette perfection vous effraye, si vous croyez qu'il y aura beaucoup de peine, si vous vous persuadez qu'il ne faudra donc plus dorénavant prendre aucun plaisir, vous vous trompez : Ntinquid adhœret tibi sedes iniquitalis, qui (ingis laborem in prœcepto ? Annon (ictus labor in prœcepto ? Dieu dit à Abraham [Gcn. xxii, 2 ) : Toile ftlium tuum quem diligis ; labor ficlus in prœcepto, oblatus si quidem Isaac sanctificatus est , non mactatus. (Bern., Declam. in liœc verba : Ecce 7ios reliquimus omnîa.) Isaac signifie gaudium ou rtsMs;ilvous semble, qu'en entrant dans cette maison, il faut
sancla. quœrenda sunt, dit saint Cyrille. Et comme remarque saint Jérôme écrivant h une personne qui avait dessein d'aller dans les lieux saints, et qui louait ce même saint de ce qu'il y demeurait : Non JerosoUjmis (visse, sed Jerosolymis bene vixisse laudandum est: ce qui mérite de l'estime ce n'est pas d'avoir été à Jérusalem, mais d'avoir bien vécu à Jérusalem ; c'est-à-dire, en un mot, ce n'est pas assez d'être entré au séminaire, mais il faut bien vivre dans le séminaire ; or il est impossible d'y bien vivre, si l'on ne s'assujettit à l'ordre et aux règlements que l'on y prescrit. C'est pourquoi après vous avoir fait connaître dans le premier entretien l'impor tance de travailler à notre perfection, pendant que nous sommes dans la maison, nous vous parlerojîs aujourd'hui de la principale voie que nous avons pour y arriver, et qui, selon l'avis de saint Bernard, doit être proposée d'abord à ceux qui commencent, qui est le règlement. Or j'ai deux choses particulières à vous en dire. La première, l'importance de bien observer le règlement; la seconde, la manière de le bien observer.
Pour l'importance, il y a trois raisons qui nous la font connaître : la première, c'est qu'en observant notre règlement, nous nous acquittons envers Dieu de tous les devoirs que nous sommes obligés de lui rendre. Nous lui sommes particulièrement obligés sous quatre qualités : comme créatures, comme pécheurs, comme Chrétiens, comme ecclésiastiques.
Comme créatures, qu'est-ce que nous ne lui devons point en cette qualité ? Ce seul titre nous engage à un million de reconnaissances ; car nous ayant tirés du néant, nous tenons de lui tout ce que nous sommes ; ainsi nous lui devons tout, notre
sacrifier votre Isaac, et votre joie, ne vous y trom- ^me, notre corps, nos facultés, notre vie et nosac-
pez pas : Coiislanter et fideliter obedire ne timcas ; quidquid affcctio propria judicet, securus esto ; non Isaac, sed aries morietur ; non peribit lœtitia, sed conlumacia, cujus etiam titique cornua vepribus hœrent, tentât enim te Deus, non mactabitur Isaac, ut opinaris, vivens vivet, sed elevatus est utique super lignum, ut in sublime gaudcas.