‹ Œuvres complètes de M. Tronson, supérieur du Séminaire de Saint-SulpiceChapitre 57 sur 303 · XX. DE LA CONFESSION · texte numérisé non relu

XX. DE LA CONFESSION

mauvaises habitudes que nous avons acquises ; c'est la voie la plus sûre pour détourner les chàtiinenls et les supplices que la justice de Dieu nous préparait. Voilà les cinq avant;\ges que le concile nous en apporte. (Ibid.) Le catéchisme romain y en ajoute deux autres ; le premier, est que ces œuvres pénibles sont des marques de notre douleur, et que nous devons par cotte voie satisfaire à l'Eglise, afin de l'édifier autant par notre pénitence, que nous l'avons scandalisée par notre crime ; le second est <iue, par là, nous donnons l'exemple à tous les hommes de la voie qu'ils doivent tenir, soit pour la fuite (lu vice, soit pour la poursuite de la vertu. Voilà l'utilité des satisfactions qui doivent être telles, dit lo concile (Ibid., cap. 8), qu'elles soient salutaires ot convenables aux pécheurs; et pour cela elles doivent être médicinales, pour nous préserver des péchés futurs ; pénales, pour satisfaire aux péchés passés ; proportionnées en quelque sorte à la qualité du crime, et à la force et disposition du pénitent, selon que la prudence et le Saint-Esprit l'inspirent au confesseur.

Concluons de là que nous devons toujours embrasser la pénitence que l'on donne, quchpie grande qu' elle nous paraisse ; et bien loin de la refuser comme trop rigoureuse, nous devons reconnaître qu'elle est beaucoup inférieure à nos péchés : que nous en mériterions une mille fois plus grande , et, dans cette pensée, l'accepter avec amour, l'accomplir avec fidélité , et nous abandonner encore .\ Dieu, en Jésus-Christ l'unique pénitent de l'Eglise, pour porter en lui toute la pénitence que son l'ère voudra nous imposer, soit par les créatures, soit im»iédiatement par lui-même : recevafit en général toute la pénitence qu'il nous ordonne dans le secret de sa justice éternelle, et nous en imposant nous-mêmes de volontaires, pour tâcher, par. toutes sortes de voies, de satisfaire entièrement à sa justice en cette vie. Voilà les trois parties de la pénitence, et la manière de les bien faire ; nous ajoii tons un dernier avis pour leur donner la dernière perfection : voilà les acies principaux que le pénitent doit produire.

Pour la manière de les produire, il doit s'unir à Jésus-Chiist non-seulement en général, mais on particulier dans chacun de ces actes ; car Notre- Seigncur nous étant proposé comme le modèle dos pénitents, il a voulu les consacrer en sa personne : pœnitenliam in scmetipso dcdicavil, dit Tortullien ( De pœnil. ), et il a voulu s'y assujettir pendant sa vie, afin de nous donner exemple, et de nous mériter la grâce de les bien faire. Sa -contrition et douleur du passé a paru plus particulièrement on trois rencontres : 1° dans les larmes qu'il répandit sur Jérusalem ; 2° dans le jardin des Olives, cœpit contristari, pavcre, tœdere, mœstus esse, et de quoi? (le nos péchés, bien plus que de sa mort, disent les Pères; 5" à la croix, cum clainore valida, et lacrijmis oljerens, dit saint Paul. {Hebr. \, 7.) Noua

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trouvons la confession dans Noire-Seigneur en irois de ses mystères : dans sa circoncision, car il y jircnd la marque des pécheurs, et le publie bien hautement par son état; en sa présenl^ilion au temple, cette loi n'était que pour les pécheurs; en son baptême, car saint Jean le déclare chargé de la part du Père Eternel de tous nos péchés, et lui donne t:ii baptême dont on ne s'approchait qu'en confessant ses péchés : Baptizabantur confitentes pcccata sua {MatUi. m. G), et qui était un baptême de pénitence, baptismnm pœnitentuc in reniissionem peccatorum. {Luc. 111, 3.) Pour la satisfaction, nous la voyons dans la retraite au désert, où il alla aussitôt après son baptême pour y faire pénitence, comme le bouc émissaire chargé des péchés de tout le peuple : en sa vie laborieuse, en sa passion et en sa mort. Or, comme les mystères de Jésus-Christ sont dans l'Eglise des sources des mêmes grâces qu'ils portent en eux, le pénitent, dans chacun de ces actes, peut s'unir à Jésus-Christ dans quelqu'un de ses mystères, pour y puiser des grâces, c'esl-à-dire le considérer, l'adorer, lui demander tous ses besoins.

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