X\VI. DANGER DES VISITES
lieu que si vous avez pour lui quelque retenue, comme il est aisé de le découvrir, voyant que vous n'avez pas en lui une entière confiance, il est impossible qu'il n'ait pour vous quelque réserve , e* que son cœur ne soit serré à votre égard.
Enfin, ce n'est pas assez d'avoir cette ouverture de cœur parfaite ; il faut encore une obéissance entière ; c'est, disent les saints , la voie sûre pour arriver à la perfection et au salut : Via regia quœ homines inaffcnso pede ducit ad summitatcm scalœ (S. YnCENT Ferr., De vita spirilali) ; et c'est aussi ce que le démon tâche encore de nous ravir. Il faut craindre, nous dil-îl, que le directeur ne soit trompé, et ne nous trompe, A cela je réponds que hors ce qui nous paraît évidemment péché , nous ne saurions jamais être trompés en lui obéissant. Car quand le directeur même s'égarerait, cependant nous ne nous égarons pas en le suivant, parce que nous sommes toujours dans la voie de salut, c'est-àdire dans l'obéissance. C'est ce qu'a remarqué acmirablemcnl saint Vincent Ferrier dans son petit traité de la vie spirituelle : Homo qui sub obedientia sancta consistit, et continue régula directionis dirigitur et instruitnr, a deceptionibus tutus est, etiamti pater spiritalis aliquando aliqualiter erraret, Deus enim, propter liumilitatem obedientiœ, totum sibi digponit ad bonum, sicul probari possel muUis atictoritatibus et exemplis. {Ibid.)