‹ Œuvres complètes de M. Tronson, supérieur du Séminaire de Saint-SulpiceChapitre 99 sur 303 · I. DE L'ODEISSANCE EN GENERAL. 5i · texte numérisé non relu

I. DE L'ODEISSANCE EN GENERAL. 5i

qu'elle ne se met point en peine de savoir par quel moyen elle pourra faire ce qui lui est commandé. Elle sait que le chemin par où elle doit aller, ce sont les règles de la communauté et les commandements de ses supérieurs ; ainsi elle suit avec simplicité cette unique voie sans chicaner, sans pointitler, sans examiner s'il ne serait pas 7nieux de faire d'une telle ou telle manière. Pourvu qu'elle obéisse, tout lui est égal, parce qu'elle sait que cela suffit pour plaire à Dieu, pour l'amour de qui elle obéit.

Voilà quel est, sur ce point, le sentiment de saint François de Sales, qui a été dans ces derniers temps un 'des saints les plus éclairés dans la conduite des ftmes. Il remarque, dans ce même Entretien, que pour obéir de la sorte, il faut travailler à faire mourir le propre jugement, et lui interdire, dans cette vue, toutes sortes de réflexions, lui faisant connaître, dans les occasions où il veut se rendre le maître, qu'il n'est véritablement que le serviteur. C'est pourquoi, quand vous avez envie, dit-il, de juger si une chose est bien ou mal ordonnée, si un tel exercice qu'on vous prescrit vous est bien convenable, s'il n'était pas plus à propos de vous donner un autre emploi, ne permettez point à votre esprit toutes ces réflexions, mais arrêtez-vous tout court, sans vous amuser à discuter sur le commandement qu'on vous fait. Persuadez-vous, uu contraire, que vous ne sauriez jamais mieux faire que d'exécuter simplement ce qu'où vous dit, et de la manière qu'on vous le dit.

Cette soumission simple et cette obéissance aveugle est rare, parce qu'il y a peu de personnes qui travaillent sérieusement à mortifier leur oropre esprit ; chacun croit que son jugement est le meilleur, ce qui fait dire au saint évêque qu'il n'avait jamais rencontré que deux personnes qui ne fissent point d'état de leur jugement, et qui avouassent franchement qu'elles n'en avaient point. Pour d:s gens mortifiés, ajoute-t-il, on en voit souvent; on trouve même despersonnes assez parfaites pour morcifier leur propre volonté ; mais, pour le propre jugement, il est rare de le voir bien mortifié. C'est pourtant à quoi nous devons travailler sans relâche, st nous voulons arriver à la parfaite obéissance.

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