‹ Œuvres complètes de Michel de MontaigneChapitre 123 sur 297 · LIVRE I, CHAP. II · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAP. II

Epicurus dispense son sage de la prevoiance et sollicitude de l’avenir‘.]

Entre les loix qui regardent les trespassez, celle icy me semble autant solide, qui oblige les actions des Princes à estre examinees apres leur mort”. Ils sont compaignons, si

non maistres des loix : ce que la Justice n’a

Ligne 2) 1505 : et souci de

renvoyer à Cicéron (souvent il ne nomme pas les auteurs dont il donne les extraits), marque néanmoins, en inscrivant ce texte latin, qu'il n’est pas de lui. L'édition de 1595, au contraire, en l’incorporant ex français au texte même de Montaigne, laisse à croire au lecteur que la pensée est de lui. J.-V. Le Clerc, persuadé que l’exemplaire corrigé et augmenté que Montaigne destinait à l'impression, n’était pas « l’exemplaire de Bordeaux », mais un autre exemplaire portant les corrections et additions définitives, tire argument en faveur de sa thèse, de ce que dans « l’exemplaire de Bordeaux » il n’y a encore, écrit en marge par l’auteur, que le texte latin. J’y vois plutôt, ajouté à bien d’autres, un argument en faveur de la thèsé contraire. Le Clerc, n'ayant jamais vu « l’exemplaire de Bordeaux», dont il affirme si souvent qu’il est inférieurà l'édition de 1595, retombe fréquemment dans le même parti pris, dans la même erreur d'appréciation, au cours de ses nombreuses annotations des Essais. (A. A.)

1. La sollicitude de l'avenir, dont parle ici Épicure, ne peut être que la préoccupation constante, inquiète, et contraire à la tranquillité de l’âme, des biens que Pon désire avec trop d’ardeur et des maux que l’on craint mais qui peuvent ne jamais arriver, et nullement la prévoyance calme pour obtenir les premiers et la prévoyance pour éviter les seconds. Autrement, elle serait contraire à la doctrine d’Épicure et de Montaigne que nous venons d'expliquer à la page 25.

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