‹ Œuvres complètes de Michel de MontaigneChapitre 145 sur 297 · LIVRE I, CHAP. V · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAP. V

[Les Achæiens, dict Polibe!, detestoint toute voie de tromperie en leurs guerres, n’estimant victoire sinon ou les corages des enemis sont abatus. « Eam vir sanctus et sapiens sciet veram esse vicioriam, quæ salua fide et integra dignitate parabitur* », dict un autre.

Vos ne welit an me regnare hera quidue ferat fors

Virtute experiamurs.

Au royaume de Ternate*, parmi ces nations que si a pleine bouche nous apelons barbares, la costume porte qu’ils n’entreprenent guerre sans lavoir premierement denoncee, y adjoutant ample declaration des moïens qu’ils ont a y emploier, quels, combien d’homes, quelles munitions, quelles armes offansives et defansives. Mais cela faict aussi, si leurs enemis ne cedent et vienent a accort, ils se donent loy au pis faire et ne pensent pouvoir estre reproches de trahison, de finesse et de tout moïen qui sert a veincre.

Ligne 16) 1595 : Mais aussi cela faict, ils se donnent loy de se servir à leur guerre, sans reproche, de tout ce qui aide à vaincre. Les

1. PoLyse, XIII, 3. Cité d’après les Politiques de JUSTE Lrpse. (P.V.)— Les éditions modernes disent &pyator, les anciens, au lieu de ’Ayatot, les Achéens. (A. A.)

2. L'homme sage et vertueux doit savoir que la victoire véritable est celle qu’on remportera en observant la bonne foi et une absolue honnêteté. FLORUS, I, 12.

3. Éprouvons par le courage si c’est à vous ou a moi que la fortune toute puissante destine l'empire. ENNIUS apud CicÉRON, De Officiis, I, 12.

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