DE L'OISIVETÉ
Comme nous voyons des terres oysives, si elles sont grasses et fertilles, foisonner en cent mille sortes d’herbes sauvages et inutiles, et que pour les tenir en office, il les faut assubjectir et employer à certaines semences, pour nostre service’; et comme nous voyons, que les femmes produisent bien toutes seules, des amas et pieces de chair informes, mais que pour faire une generation bonne et naturelle, il les faut embesoigner d’une autre semence”: ainsin est-il des espris. Si on ne les occupe à certain sujet, qui les bride et contreigne, ils se jettent desreiglez, par-cy par la, dans le vague champ des imaginations,
Sicut aquæ tremulum labris ubi lumen ahenis Sole repercussum, aut radiantis imagine Lunæ
Ligne 2) a, a', b : fertiles, qw’elles ne cessent de for sonner
1. Même image dans un chapitre des Diverses leçons de PIERRE DE MESSIE, qui porte le même titre (trad. Gruget, I, 29). (P. V.)