‹ Œuvres complètes de Michel de MontaigneChapitre 168 sur 297 · LIVRE I, CHAP. X · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAP. X

profession, le tardif seroit mieux prescheur, ce me semble, et l’autre mieux advocat : par ce que la charge de celuy-là luy donne autant qu’il luy plaist de loisir pour se preparer, et puis sa carriere se passe d’un fil et d’une suite, sans interruption, là où les commoditez de l’advocat le pressent à toute heure de se mettre en lice, et les responces improuveues de sa partie adverse le rejettent hors de son branle, où il luy faut sur le champ prendre nouveau party.

Si est-ce qu’à l’entreveue du Pape Clement et du Roy François à Marseille, il advint tout au rebours, que monsieur Poyet', homme toute sa vie nourry au barreau, en grande réputation, ayant charge de faire la harangue au Pape, et l’ayant de longue main pourpensée, voire, à ce qu'on dict, apportée de Paris toute preste, le jour mesme qu’elle devoit estre prononcée, le Pape se craignant qu’on luy tint propos, qui peut offencer les ambassadeurs des autres princes, qui estoient autour de luy, manda au Roy l'argument, qui luy sembloit estre le plus propre au temps et au

Ligne 7) a, a’: toute heurte de. (Heurte signifie très probablement ici coup, choc, rencontre.) — 8) a, a: et puis les — 9) 1595:rejettent de son branle — 22) a, a’ : ambassadeurs d’autres

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