‹ Œuvres complètes de Michel de MontaigneChapitre 169 sur 297 · Célèbre avocat, chancelier de France de 1538 à · texte numérisé non relu

Célèbre avocat, chancelier de France de 1538 à

lieu, mais de fortune tout autre que celuy sur lequel monsieur Poyet s’estoit travaillé : de façon que sa harangue demeuroit inutile, et luy en falloit promptement refaire un autre:

Mais s'en sentant incapable, il fallut que

Monsieur le Cardinal du Bellay en print la charge”.

La part de l’Advocat est plus difficile que celle [du] Prescheur, et nous trouvons pour= tant ce [n’est avis] plus de passables Advocats que Prescheurs, au moins en France.

Il semble que ce soit plus [le propre] de l'esprit, d’avoir son operation prompte et soudaine, et plus [le propre] du jugement, de lavoir lente et posée. Mais qui demeure du tout muet, s’il n’a loisir de se preparer, et celuy aussi, à qui le loisir ne donne advantage de mieux dire, ils sont en pareil degré d’estrangeté. On recite de Severus Cassius, qu’il disoit mieux sans y avoir pensé; quil devoit plus à la fortune, qu’à sa diligence; qu’il luy venoit.à profit d’estre troublé en parlant, et que ses adversaires craignoyent de le picquer, de peur que la colere ne luy fit

Ligne 0) b: celle d'un Prescheur — 10) b: pourtant ce me semble plus — 12) 4a,a b: plus le rolle de — 14) a, ab: et plus celuy du — 17) 4, a’ : donne nul advantage

1. MARTIN DU BELLAY, IV, p. 264 et suiv. Le fait est de 1533.

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