‹ Œuvres complètes de Michel de MontaigneChapitre 175 sur 297 · LIVRE 1, CHAP. XI · texte numérisé non relu

LIVRE 1, CHAP. XI

J'aymerois bien mieux regler mes affaires B

par le sort des dez que par ces songes.

[Et de vrai en toutes republiques on a toujours laisse bone part d’authorité au sort. Platon.en la police qu'il forge a discretion luy attribue la decision de plusieurs effaicts d’importance. Et veut entre autres choses que les mariages se facent par sort entre les bons: et done si grand pois a cette eslection fortuite que les enfans qui en naissent, il ordone qu’ils soint nourris au païs; ceus qui naissent des mauves', en soint mis hors toutesfois si quelcun de ces banis venoit par cas d’avanture a montrer en croissant quelque bone esperance de soi, qu’on le puisse rapeler et exiler aussi celuy d’entre les retenus qui montrera peu d’esperance de son adolescence*.|

Jen voy qui estudient et glosent leurs Almanachs, et nous en alleguent l’authorité aux choses qui se passent. À tant dire, il faut qu'ils dient et la verité et le mensonge « Quis est enim qui totum diem jaculans non aliquando conlineet®?» Je ne les estime de rien mieux, pour les voir tomber en quelque rencontre : ce seroit plus de certitude, s’il y avoit

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