LIVRE I, CHAP. XI
et patriarches de græce'. Cecy ai je reconu de mes yeus, qu'es confusions publiques les homes estonez de leur fortune se vont rejetant come a toute superstition, a rechercher au ciel les causes et menaces antienes de leur malhur. Et y sont si estrangemant hureus de mon temps, qu'ils m'ont persuade, qu’ainsi que c’est un amusement d’esperits aigus et oisifs, ceus qui sont duits a cette subtilite, de les replier et desnouer, seroint en tous escris capables de trouver tout ce qu’ils y demandent. Mais sur tout leur preste beau jeu le parler obscur, ambigu et fantastique du jargon profectique, auquel leurs autheurs ne donent aucun sens cler, affin que la posterite y en puisse appliquer de tels qu'il luy plairra.]
Le demon de Socrates estoit à [l’advanture] certaine impulsion de volonté, qui se presentoit à luy, sans [atandre] le conseil de son discours?. En une ame bien espuree, comme la sienne, et preparee par continuel exercice de sagesse et de vertu, il est vray semblable
Ligne 18) b : estoit à mon aduis certaine — 20) 1595 : sans le conseil — 22) b : par continuer exercice
1. CHALCONDYLAS, Hist. de la décadence de l'Empire grec, trad. Vigenere, 1577, p. 535. (P. V.) 2. De sa raison.
que ces inclinations, quoy que [temeraires et indigestes], estoyent tousjours [importantes] et dignes d’estre suyvies. Chacun [sent] en soy quelque image de telles agitations [d’une opinion prompte, vehemante et fortuite. C’est a moy de leur donner quelque authorité, qui en done si peu a nostre prudance. Et en ai eu de pareïllement foibles en raison et violentes en persuasion : ou en dissuasion, qui estoint plus ordineres en Socrates'|, ausquelles je me laissay emporter si utilement et heureusement, qu'elles pourroyent estre jugées [tenir] quelque chose d’inspiration divine.
Ligne 1) b: quoy que forluites, estoyent toujours
bonnes et dignes . — 3) b: Chacun a en soy quelque image de telles agitations. J'en ay eu, auxquelles je — 13) b : jugées avec quelque