‹ Œuvres complètes de Michel de MontaigneChapitre 194 sur 297 · LIVRE I, CHAP. XIV. LI · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAP. XIV. LI

par l’exemple d’un pourceau, qui y estoit, nullement soucieux de cet orage. Oserons nous donc dire que cet avantage de la raison, dequoy nous faisons tant de feste, et pour le respect duquel nous nous tenons maistres et empereurs du reste des creatures, ait esté mis en nous pour nostre tourment? À quoy faire la cognoissance des choses, si nous en perdons le repos et la tranquillité, où nous serions sans cela, et si elle nous rend de pire condition que le pourceau de Pyrrho? L'intelligence qui nous a este donnée pour nostre plus grand bien, l’employerons nous à nostre ruine, combatans le dessein de nature, et Puniversel ordre des choses, qui porte que chacun use de ses utils et moyens pour sa commodité ?

Bien, me dira lon, vostre regle serve à la mort, mais que direz vous de l’indigence ? Que direz vous encor de la douleur, que [Aristippus, Hieronimus et] la pluspart des sages ont estimé le [dernier] mal; et ceux qui le nioient de parole, le confessoient par effect’? Possidonius estant extremement tourmenté d’une maladie aiguë et douloureuse, Pom-

Ligne 2) 4, a’, b : nullement efrayé ny soucieux — 17) a, a, b: commodité ef advantage? Bien — 22) a, a’, b: le souverain mal — 23) a : par l’eflect

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