Par le raisonnement
3. Ou elle a été, ou elle sera; il n’y a rien de présent en elle.— La mort est moins cruelleque l'attente de la mort.
Le premier de ces vers est pris d'une satire latine qu’'Étienne de La Boëtie avait adressée à Montaigne, qui
Mille bestes, mille hommes sont plustost mors que menassés. Et à Ja verité ce que [nous disons creindre] principalement en la mort, c’est la douleur, son avant-coureuse coustumiere.
[Toutesfois s’il en faut croire un sainct pere: « Malam mortem non facit, nisi quod sequitur mortem'. » Et je dirois encores plus vraisamblablemant que ny ce qui va devant, ny ce qui vient apres, n’est des apartenances de la mort. Nous nous excusons faucemant.
Et je treuve par experiance que c’est plus tost limpatiance de imagination de la mort qui nous rent impatians de la dolur, et que nous la santons doublemant griefve de ce qu’elle nous menace de mourir. Mais la raison accusant nostre lachete de creindre chose si soudeine, si inevitable, si insensible, nous prenons cet autre pretexte plus excusable.
Tous les maus qui n’ont autre dangier que
Ligne 3) a, a’, b : ce que les Sages craignent principalement
en parle au chapitre xxvur : De l’Amitié. Cette pièce de vers offre un véritable intérêt. On y voit que si, dans cette union, Montaigne semble être le juge de l'esprit, par contre, comme le remarque Sainte-Beuve, La Boëtie semble être le juge des mœurs. (A. A.) — L'autre vers est d'Ovipe, Épîlre d'Ariane à Thésée, v. 82.
1. La mort n’est un mal que par ce qui vient après elle. SAINT AUGUSTIN, Cité de Dieu, I, 11.
— on