Voir l'Étude sur Montaigne dans le présent volume, p
2. Montaigne, sur son exemplaire de 1588, où il avait transcrit toutes ses additions et corrections manuscrites, en vue d'une édition ultérieure, qui n'a été publiée qu'après sa mort» ayant, par mégarde probablement, écrit sur la première page cinquième édition, au lieu de guatrième édition, on a dù supposer qu'il y avait eu auparavant quatre éditions. Or, ilest difficile d'admettre qu'une édition ait pu exister sans que, depuis 350 ans, on n'en ait rencontré un seul exemplaire. En tout cas, cette édition ne pourrait avoir aucun intérêt documentaire, car celle de 1587, qui a immédiatement précédé celle de 1588, ne diffère en rien de celle de 1582.
3. Cet exemplaire a été l'objet de deux reproductions : 1° la reproduction phototypique de la maison Hachette, qu'a
ne
AVERTISSEMENT. Ji était destinée dans les pages imprimées, les additions et les corrections manuscrites, et il envoya le tout à Paris, à Mlle de Gournay qui se chargea d’en surveiller Pimpression. Cette édition fut publiée en 1595.
Mais, par suite d’une erreur incompréhensible, c’est sur le texte fautif de 1635, dont nous parlons plus bas — alors que l'on croyait toujours fidèlement reproduire celui de 1595 — qu'ont été établies presque toutes les éditions qui ont paru depuis le xvi° siècle jusqu’à ces dernières années, notamment toutes celles qui ont été publiées au xix' siècle, à l'exception de deux d’entre ellest. Je puis dire que l’on croyait toujours reproduire fidèlement, car j'ai découvert, et j'ai fait connaître dans la séance du 2 décembre 1910 à l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, que presque toutes les éditions des Essais qui sont actuellemententre les mains des lecteurs présentent un texte altéré. J'ai prouvé, en effet : 1° que le texte de la dernière édition faite par Mlle de Gournay, en 1635, avait été quelque peu modifié et partiellement altéré par elle beaucoup plus qu'on ne l’avait cru, et qu’une partie des éditions publiées au xvri° et au xvirr° siècle, jusqu’en 1826, et particu-
dirigée M. EF, Strowski ; 2°la reproduction typographique absolument exacte exécutée par l'Imprimerie nationale, sous la direction et MM. E. Courbet, H. Monod et A. Armaingaud. Le premier volume et les trois quarts du deuxième sont terminés. Interrompue parla guerre, cette impression va être reprise. Cette reproduction typographique n'est nullement rendue inutile par la phototypie, puisque le texte des additions manuscrites y est toujours lisible, ce qui n'est pas constamment le cas dans le texte manuscrit lui-même et par consé quent dans sa reproduction photographique. Ajoutons que, lors de la reliure du manuscrit, avant la Révolution, un certain nombre de phrases ayant èté coupées, nous les avons complétées, comme tous nos prédécesseurs, d'après l'édition de 1505.
1. Ce sont : 1° L'édition Jouaust, en 7 volumes, 1886; 2° l'édition Royer-Courbet (Lemerre), 5 volumes, 1874.