‹ Œuvres complètes de Michel de MontaigneChapitre 200 sur 297 · SÉNÈQUE, Lettre · texte numérisé non relu

SÉNÈQUE, Lettre

revient à un. [Si tu ne la portes, elle t’'emportera. « Memineris maximos morte finiri; parvos multa habere intervalla requietis ; mediocrium nos esse dominos : ut si tolerabiles sint feramus, sin minus, e vita, quum ea non placeat, tanquam e theatro exeamus”. »]

Ce qui nous fait souffrir avec tant d’impatience la douleur, c’est de n’estre pas accoustumez de prendre nostre [principal] contentement en l’ame, [de ne nous atandre point asses a elle : qui est sule et souvereine maistresse de nostre condition et conduite. Le corps n’a, sauf le plus et le moins, qu’un trein et qu'un pli. Elle est variable en toute sorte de formes, et renge a soi et a son estat, quel qu'il soit, les sentimans du cors et tous autres accidans. Pour tant* la faut il estudier et enquerir, et esveiller en elle ses ressors tout puissans. Il n’y a raison, ny præscription, ny force, qui puisse contre son inclination et son chois. De tant de milliers de biaiz qu’ell

Ligne 10) a, a’, b : l'âme, c'est d’avoir eu trop de comtmerce avec le corps. Tout ainsi(p. 120, 1-6)

1. Souviens-toi que les grandes douleurs se terminent par la mort; que les petites laissent de nombreux moments de répit, et que nous sommes maîtres des médiocres : ainsi, tant qu’elles sont supportablés, nous les endurons, sinon nous sortons comme d’un théâtre de cette vie qui a cessé de nous plaire. — Ce sont les paroles que CicÉroN (De Finibus, 1, 15) met dans la bouche de l’épicurien Torquatus.

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