LIVRE 1, CHAP. XIV
fache le chevelu comme le chauve, qu’on luy arrache Île poil : et depuis que vous estes accoustumé et avez planté vostre fantasie sur certain monceau, il n’est plus à vostre service, [vous n’oseries l’escorner.] C’est un bastiment qui, comme il vous semble, crollera tout, si vous y touchez. Il faut que la necessité vous prenne à la gorge pour l’entamer.
Et au paravant j’engageois mes hardes, et vendois un cheval avec bien moins de contrainte, et moinsenvys’, que lors je ne faisois bresche à cette bourçe favorie, que je tenois à part. Mais le danger estoit, que mal ayséement peut-on establir bornes certaines à ce desir [elles sont difficiles à trouver es choses qu’on croit bones] et arrester un poinct à l’espargne. On va tousjours grossissant cet amas et l’augmentant, d’un nombre à autre, jusques à se priver vilainement de la jouyssance de ses propres biens, et l’establir toute en la garde, et à n’en user point.
[Selon cette espece d'usage, ce sont les plus riches gens de monoie, ceus qui ont charge de la garde des portes et murs d’une bone ville. Tout home pecunieus est avari-tieus a mon gre.
Platon* range ainsi les biens corporels où