‹ Œuvres complètes de Michel de MontaigneChapitre 238 sur 297 · LIVRE I, CHAP. XVII · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAP. XVII

Ceus qui aront este bien frotez en quelque estour ‘ de guerre, tous blessez encores et ensanglantez, on les rameine bien landemein a la charge : mais ceux qui ont conceu quelque bone peur des enemis, vous ne les leur fairies pas sulement regarder en face. Ceus qui sont en pressante creinte de perdre leur bien, d’estre

la peur des voiles Egypliennes, qui commençoient à les approcher, l’estouffa, de maniere qu'on a remerqué qu'ils ne s'amuserent qu'à baster les mariniers de diligenter, et de se sauver à coups d'aviron; jusques à ce qu’arrivez à Tyr, libres de craïnte, ils eurent loy de tourner leur pensee à la perte qu'ils venoient de faire, et lascher la brideaux lamentations el aux larmes, que cette autre plus forte passion avoit suspendües.

Tum pavor sapentiam omnent\mihi ex animo! expeclorat?. Ceux qui

1. Unestour, dit Nicot, c’est un conflit ou combat. (C.) — Peut-être du latin {urbo, mêlée, d’où disturbare.

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