‹ Œuvres complètes de Michel de MontaigneChapitre 45 sur 297 · Essais, 1. III, ch. x · texte numérisé non relu

Essais, 1. III, ch. x

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Montaigne sérieusement moraliste. Désormais rassuré sur la fermeté de ses principales opinions touchant les questions morales et philosophiques, celles par exemple qui concernent la science et la raison, et tout à fait convaincu, comme lui et par lui, de leur valeur réelle et du rôle bienfaisant et directeur que celles-ci remplissent dans l’homme et dans la société, ne puis-je pas néanmoins admirer la grâce et lhabileté avec lesquelles il y mêle son dilettantisme et son humour? Ne puis-je jouir de la souplesse avec laquelle il nous charme et nous égaie par son ironie, et nous amuse par ses paradoxes spirituels, que nous savons désormais n'être que des paradoxes et des fantaisies? Par eux, il repose notre esprit et le dispose à reprendre avec plus d’entrain et de vigueur son activité normale. Ils servent aussi de couverture et par conséquent de véhicule à ses idées hardies, et ajoutent enfin la joie à la sérénité que la lecture des Essais a fait naître en notre esprit.

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